24e édition de Saint-Louis Jazz : Un festival sous haute surveillance.

L’OBS – Le préfet du département de Saint-Louis a rapporté l’arrêté préfectoral portant interdiction des activités liées à la 24e édition du festival de jazz de Saint-Louis dont le thème porte sur le Patrimoine. L’édition 2016 sera entourée d’une sécurité pointue.

Vendredi 6 Mai 2016 - 20:19

La pierre d’achoppement a été finalement dégagée. La sécurité était le nœud gordien de cette 24e édition du festival international de Jazz de Saint-Louis. Après moult discussions entre le gouverneur de la région, Alioune Aïdara Niang, le préfet du département, Mariama Traoré, les membres de l’Association Saint-Louis Jazz et les hôteliers de Saint-Louis, cette question a connu un dénouement heureux. L’arrêté interdisant la tenue de l’édition 2016 du festival international de jazz de Saint-Louis aura duré moins de 48 heures, avant que l’autorité revienne sur sa décision. L’arrêté est rapporté. Il y aura bel et bien du jazz sur la place Faidherbe. Mais que du jazz. Pas plus. Puisque certaines activités connexes qui se tenaient habituellement devant chez le chef de l’exécutif régional n’auront pas lieu.

Pas de foire devant l’hôtel du gouverneur 

La foire artisanale sera délocalisée. Et sur cette question, le gouverneur Niang s’est voulu formel : «Cette foire n’aura pas lieu devant la Gouvernance. On ne peut pas bloquer la circulation et la Gouvernance pour une activité qui n’est pas proprement jazz. On ne peut l’accepter, surtout dans ce contexte sécuritaire.» Pour Alioune Aïdara Niang, les éléments qui avaient conduit à la prise de l’arrêté annulant l’édition du festival sont toujours présents, mais peuvent être circonscrits. Et ce n’est pas la seule activité dont la tenue est incertaine. Le concert, prévu à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Saint-Louis, une des activités du programme humanitaire de Saint-Louis Jazz, n’aura probablement pas lieu. Même si le gouverneur n’a pas encore pris une décision définitive. «La prison loge des détenus qui ont été appréhendés et transférés à Saint-Louis pour des questions liées au terrorisme, nous allons discuter avec le directeur de l’administration pénitentiaire pour voir la mesure qui sied …»


Si l’autorité en est arrivée à cette nouvelle décision, c’est bien parce qu’il y a eu des pourparlers, des tractations, à la suite de cette mesure qui avait jeté l’émoi à Saint-Louis et ailleurs. Sur instruction du ministre de l’Intérieur, qui avait alors appuyé la mesure, le gouverneur de région a réexaminé la sentence. «Si le festival devait se tenir, nous avions estimé que tous ceux qui feraient le déplacement devraient venir et partir dans les meilleures conditions de sécurité, d’intégrité physique», a expliqué M. Niang.

Le comité d’organisation de Saint-Louis Jazz qui rechignait  à faire plus et mieux pour la sécurité consent ainsi à fournir des efforts. Quoique le gap reste énorme. Un manquement qui sera supporté par l’Etat. Sur un budget estimé à environ 15 millions, Saint-Louis Jazz qui sera appuyé par les hôteliers, à hauteurs de 2 millions, va dégager une enveloppe de 2 millions qui sera affectée à la sécurité.

Plus de 700 éléments de sécurité attendus 


La Police, la Gendarmerie et même l’Armée, seront mobilisées, pour assurer une sécurité pointue aux festivaliers. «La sécurité sera très bien au rendez-vous», rassure le gouverneur. Alioune Aïdara Niang estime qu’en matière de sécurité, l’amateurisme ne peut être toléré. «Nous ne pouvons pas accepter d’être des amateurs sur ces questions bien précises.» Ainsi, le festival de Jazz qui se tient cette année, dans un contexte marqué par des menaces de tous ordres, se déroulera sous une sécurité singulière. «Plus de 700 éléments des forces de sécurité sont attendus à Saint-Louis», dit le vice-président de Saint-Louis Jazz, Fara Tall. Les rares hôtels qui ont un début d’embryon de sécurité seront renforcés. Idem pour les réceptifs dépourvus de dispositif sécuritaire. De la sécurité, il y en aura en terre ferme, comme dans les eaux. A côté d’éléments du Gmi, la Brigade fluviale de la Gendarmerie et d’autres unités spécialisées se chargeront de bunkériser Saint-Louis, le temps d’un festival.

LE FESTIVAL DES HÔTELIERS : L’arrêté d’interdiction, la tache d’huile

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Certains festivaliers n’ont pas perdu de temps pour annuler leur participation à Saint-Louis jazz 2016. Puisque toutes les activités liées au festival de jazz avaient été interdites. Durant les 48 heures, entre la prise de l’arrêté préfectoral et son abrogation, certains hôteliers ont perdu des clients. Même si, pour d’autres, l’annulation n’a eu aucune conséquence, dans la mesure où l’essentiel de leurs clients sont des nationaux. «On a eu quatre annulations», lance, peu prolixe, le gérant d’un hôtel situé sur l’Ile de Saint-Louis. Dior Diagne, la propriétaire de l’hôtel Dior, confirme avoir perdu cinq clients en deux jours. «Entre mardi et mercredi, on a eu des annulations. J’avais neuf chambres réservées par des Européens, j’ai eu cinq annulations», souligne-t-elle. Toutefois, depuis l’annonce de la reprise des festivités de Saint-Louis jazz, des clients se manifestent.

Tous des sénégalais. «Depuis ce matin (hier) que les gens ont entendu qu’il y a eu changement, j’ai de nouvelles demandes de nationaux, mais pas d’étrangers». Pour elle, le mal est déjà fait. Il faut juste sauver les meubles. «La mesure a déjà porté un coup. La saison touristique est fermée, le festival était une occasion de faire bouger le tourisme. Si maintenant, cette tache vient s’y greffer, cela fait quand même désordre», ajoute-t-elle. Le festival de jazz, fait remarquer l’hôtelière, n’est plus ce qu’il était, arguant la fréquence de la fréquentation qui chute progressivement. «Avant, on faisait le plein dès le premier jour, maintenant, il faut attendre les dernières nuits pour voir des clients. On pense avoir du monde vendredi et samedi. Les autres jours, c’est presque vide», a laissé entendre Dior Diagne.


AIDA COUMBA DIOP
igfm.sn

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