Année blanche ? Non ! Utilisons plutôt une autre couleur .

La paralysie du système éducatif dans les cycles moyen et secondaire est telle que les responsabilités doivent être situées. La situation se complique après la radicalisation des élèves. Toutefois, l'école publique sénégalaise devra et sera sauvée de justesse. Une année blanche ne se justifie pas.

Samedi 21 Avril 2012 - 13:14

Autorités étatiques indexées ... Mauvais procès faits aux syndicalistes ...Des élèves radicaux ... Aspects non négligeables : les écoles privées et les établissements publics stables :

Année blanche ? Non !   Utilisons plutôt une autre couleur .

Les craintes d’une année blanche se propagent. Le bruit circule de façon insistante ces derniers jours. L'heure est grave, certes, pour parler à l'image des dirigeants de grève, mais delà à décréter une année blanche il y a un fossé. Notre système éducatif est malade, très malade. Cependant les responsabilités doivent être situées pour apporter des remèdes aux maux. Si d'aucuns imputent la cause d’une telle impasse à l'état, partant au ministère de tutelle ; d’autres font porter la responsabilité aux professeurs grévistes ; pour ne rien arranger les élèves entrent en scène en faisant monter les enchères parlant de manière unilatérale d’année blanche. Alors que celle- ci doit être peinte avec une autre couleur.

Autorités étatiques indexées :

Sur la table du gouvernement sortant et actuel était en pole position sur la liste des revendications des syndicats un point relatif au respect des accords signés depuis plusieurs années. Paradoxal non ? Des autorités étatiques qui prennent des engagements qu’elles ne respectent pas. Le ministère de tutelle aura suffisamment compliqué la situation. Qui ne souvient pas de ces salaires perçus tardivement par les professeurs des corps émergents (vacataires et contractuels)? Qui ne se rappelle pas les ponctions effectuées sur les salaires des enseignants grévistes ? Avec Kalidou Diallo, bizarrement ancien syndicaliste, la sanction prenait le dessus sur la concertation. Il se comportait en véritable chef, pour plaire au prince Rimka dit-on souvent.
Depuis quelques semaines sa page est tournée. Monsieur Ibrahima Sall hérite d’un cadeau empoisonné avec une année plus que menacée. La hantise d’une année blanche perturbe le sommeil des parents d’élèves, qui plus est, ceux dont les enfants ont eu droit, pour raison ou pour une autre, à une année scolaire normale. Prenant le contre-pied de son prédécesseur, Monsieur Sall a pris langue avec les acteurs de l'éducation afin de sauver ce qui l'être. Les rencontres se multiplient, elles sont tantôt officieuses, tantôt officielles. D' ailleurs tout porte à croire que l’on échappera aux risques d’une année blanche en procédant à un redécoupage du calendrier scolaire.

De fait, les mois perdus seraient compensés en procédant à un prolongement de l’année scolaire jusqu’au mois de septembre ou à la limite jusqu’en octobre 2012. La question étant technique, les professionnels de l’éducation s’y pencheront pour trouver, au sortir d’une large concertation, la formule salvatrice.

Mauvais procès faits aux syndicalistes :

Par ces temps qui courent les professeurs syndicalistes en grève sont diabolisés par des membres, non avertis, de la société. En effet, nombreux sont ceux qui leur imputent la responsabilité de cette situation fort regrettable que traverse l’école publique sénégalaise. Si d’aucuns doutent de l’opportunité de la grève en pleine année électorale; d’autres les accusent de ne s’intéresser qu’aux questions pécuniaires ; à côté de ceux qui parlent d’éthique dans le comportement des grévistes, qui, malgré leur mouvement d’humeur, perçoivent leur salaire à la fin de chaque mois. Oubliant que le salaire est un dû, au moment où on essaie d’améliorer la situation enseignante, il y en a qui voudraient faire d’eux des journaliers, des moins que rien brandissant pour seul argument : le préjudice du nombre élevé d’enseignants que le budget de l’état ne pourrait supporter.

Ces analystes vont vite en besogne oubliant qu’il est plutôt question de grève perlée avec une alternance de journées de grève totale et de débrayage. Ceux-ci se résolvent, après éclairages, à reconnaître la légitimité de la plateforme revendicative des enseignants. En effet, l’école publique sénégalaise a perdu son lustre d’antan. Le métier de professeur ne fait plus rêver une bonne partie de la population. D’où cette lutte que mènent des professeurs, conscients des conditions difficiles dans lesquelles ils exercent leur travail, pour une revalorisation du métier, somme toute, noble d’enseignant.

La détermination des principaux concernés n’est plus à démontrer, conscients de la formule de Sankara Thomas, seule la lutte libère. Le Cadre Unitaire Syndical des Enseignants du Moyen et du Secondaire (CUSEMS) a choisi comme crédo : notre mobilisation, notre victoire, unis nous vaincrons. Les mauvaises langues parlent de « syndic xaliss » à la place de syndicalistes, en ignorant que pour cette fois-ci, sur prés de six points soulevés un seul a trait à l’argent. A l’état de donner des gages afin que le mot d’ordre soit levé incessamment.

Des élèves radicaux :

Pour compliquer la situation des élèves se permettent de nous faire part de leur choix lié à une année blanche alors qu’il y a trois semaines, ils faisaient des pieds et des mains pour sauver ce qui aurait pu toujours l’être. Qu’on ne se trompe pas, les élèves sont dans leur droit en réclamant une éducation de qualité. Cependant ils ne devraient pas se tromper d’objectif encore moins de cible. On ne cesse de le répéter ce n’est pas aux élèves de décréter de façon unilatérale une année blanche, encore faudrait-il que celle-ci s’imposât d’abord? Ces élèves s’érigent en donneurs de leçon, soutenant à tout-va : « ne pas avoir le niveau», le comble ils disent en toute fatalité « nous acceptons d’être sacrifiés » reprenant une expression tant clamée par l’un des membres fondateurs du mouvement Y EN A MARRE, en période de troubles électorales. Quelle insouciance ? Soit dit en passant : tout élève qui attend tout du professeur n’aura jamais le niveau.

Et puis la situation est plus que dangereuse. Alors la recette à proposer devrait être mûrement réfléchie. Voici des élèves qui, entre le mal pour ne pas dire le pire que constituerait une année blanche et le moindre mal qui renverrait au redécoupage de l’année scolaire et autres mesures exceptionnelles, choisissent la première hypothèse. Cette dernière n’est qu’une forme de démission teintée d’une fougue de jeunesse.

Ces élèves devraient commencer par dépassionner le débat en se disant qu’il n’est pas question de sacrifice à l’école. Aux élèves d’utiliser leur esprit critique afin de comprendre qu’on ne pourrait les évaluer sur ce qu’ils n’auraient pas vu en classe auparavant. Aux foules d’élèves d’éviter l’endoctrinement et la violence en s’en prenant aux intérêts des particuliers et autres établissements privés. Pour cela les propos de Guy de Maupassant refont surface car , à juste titre,i la foule ne raisonne pas elle ressent. On cesse d’être un homme pour faire partie d’une foule.

Aspects non négligeables : les écoles privées et les établissements publics stables :

Pas besoin de rappeler que nous sommes dans un État de droit, autant le droit à la grève est reconnu à certains, autant le devoir de s’acquitter de ses engagements est permis à d’autres. Convenons-en, dés à présent : la réalité n’est pas la même, il n’y a pas de grève dans les écoles privées du pays de même que dans quelques établissements publics où il n’y a pas une certaine représentativité des syndicats en mouvement. Au nom de quelle logique devrait-on perturber la bonne marche de ces institutions ? Des mesures énergiques doivent être prises pour éviter le diktat des élèves radicaux. L’État ne manquera pas de trouver une solution pour ne pas léser les pensionnaires de ces écoles. A chacun son choix dit-on souvent.

Le problème est complexe, cependant rien est perdu d’avance, étant donné que dans l’enseignement supérieur le spectre d’une année invalide constitue un mauvais souvenir là où les cours n’avaient même pas débuté ; à fortiori dans le moyen-secondaire où les élèves étaient en classe d’octobre à Décembre 2011. Tout est question de volonté. Si le dialogue est bien restauré, à coup sûr les cours reprendront dés la semaine prochaine. Une année blanche équivaut à une perte de plus de trois cents milliards que l’État et ses partenaires ne pourraient se permettre dans un pays sous-développé. Vivement la normalité alors!

M. DIALLO IBNOU
Doctorant ès Lettres Modernes, Option Grammaire Moderne
Professeur de Lettres Modernes ( ibndiallo@gmail.com)
Blog : ibnoze.seneweb.com




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1.Posté par abdoul deme le 22/04/2012 12:35 | Alerter
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Les étudiants et élèves doivent porter plainte contre Kalidou Diallo

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