BRÛLOT SUR LA GENDARMERIE: l'Etat convoqué le colonel Ndaw

Lundi 21 Juillet 2014 - 13:56

L’heure de la confrontation a sonné pour le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw. L’Etat semble avoir pris sa décision quant à la marche à suivre concernant les révélations contenues dans son livre “Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise”. Il a été prié de rentrer au bercail, selon des sources proches de l’ambassade du Sénégal à Rome où il est attaché militaire.

A propos des révélations du colonel Abdoulaye Aziz Ndaw, il est clair que chaque Sénégalais va se forger ses propres convictions.

Mais aux yeux de l’Etat, l’ancien numéro deux de la gendarmerie n’aurait jamais dû faire ces révélations.

Ainsi, des sources biens informées assurent qu’une lettre officielle a été adressée au colonel Ndaw en poste à l’ambassade du Sénégal à Rome. La missive lui enjoint de rentrer au bercail.

Autant donc dire que l’étau se resserre autour de ce héraut des temps modernes. Mais des sources cette fois proches de l’officier de gendarmerie ne semblaient pas au courant d’une telle missive.

Dans tous les cas, la lettre existe, a pu s’assurer EnQuête de sources dignes de foi. L’officier était déjà dans les dispositions de rentrer au bercail avant la fin du mois, selon ses proches.

Cette tournure des évènements, depuis plus d’une semaine que cette affaire a éclaté dans les médias, était prévisible.

D’ailleurs les sorties combinées du ministre des Forces armées et du ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du Territoire, par ailleurs porte-parole du gouvernement, laissaient présager cette tournure des événements.

Jeudi, à travers une menace à peine voilée, le ministre des Forces Armées Augustin Tine déclarait à propos du colonel Ndaw et de la portée de ses révélations :

“Il sait très bien ce qu’il a écrit et il a dû en soupeser les conséquences. C’est un colonel et donc c’est en toute connaissance de cause qu’il s’est exprimé. Parce que ce qu’il a écrit aura forcément des suites et s’il plaît à Dieu, nous ferons tout ce qui doit être fait”.

Ce n’est pas la sortie du Porte-parole du gouvernement, quelques heures plus tard, qui avait démenti cette impression.

Affirmant que le colonel n’aurait jamais dû écrire les deux tomes de son ouvrage sur la gendarmerie, Me Oumar Youm considérait que le gendarme en poste à Rome avait “violé” “son serment de respecter les éléments de déontologie de la Gendarmerie”, après avoir “reçu tous les honneurs de l’Etat du Sénégal”.

La question aujourd’hui est de savoir si le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw compte déférer à cette convocation, lui qui vit dans la capitale romaine avec sa famille.

En effet, les réactions des autorités étatiques laissent présager pour lui des sanctions, voire des poursuites judiciaires.

Mais, si l’on en croit ses propres déclarations faites à travers les colonnes d’EnQuête, dans son édition n°927 du mercredi 16 juillet dernier, il est tout disposé à venir s’expliquer.

Interpellé sur d’éventuelles sanctions, il répondait avec calme :

“c’est normal, j’ai outrepassé mes droits. Je m’y attends. C’est normal qu’il y ait des poursuites lorsque vous accusez les gens. Je viendrai répondre de mes écrits. Mais dénoncer des crimes est autrement plus important. Ces crimes avaient déjà été dénoncés à l’Etat, mais sans réaction (...). On a aussi essayé de salir mon honneur, après 40 ans de service, sur la base d’informations fausses, comme je le démontre bien dans le livre”.

Même s’il est prêt à se mettre à la disposition des autorités, le colonel est loin d’être un agneau du sacrifice, ce qu’il a clairement laissé entendre :

“Autant j’ai risqué ma vie pour la défense des intérêts nationaux, autant je défendrai avec toute l’énergie requise mon honneur et mon nom”, disait-il avec force.

D’ailleurs, d’agneau, il pourrait se révéler un redoutable loup, puisqu’il assure qu’il n’a pas tout dit et qu’il détient des preuves de ce qu’il avance.

Donc si le colonel Aziz Ndaw détient encore plusieurs atouts sous sa manche, sa mise en accusation probable augure de révélations plus sensationnelles et plus renversantes. Car sa mise en garde résonne encore : “Je suis prêt à tout.”

Dans cette affaire, il faut également souligner la position tranchée de la société civile qui, d’une voix unanime, appelle de tous ses vœux que la lumière soit faite sur les révélations du l’ex-numéro deux de la gendarmerie. La balle est donc dans le camp de l’Etat.







AUTORISATION DE VENTE DU BRÛLOT DU COLONEL NDAW

L’État hésite

La vente du livre du colonel Abdoulaye Aziz Ndaw “Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise” va-t-elle être autorisée au Sénégal ?

L’Etat semble maintenir le flou sur la question. A entendre ce week-end son porte-parole s’exprimer sur la question, l’on décèle une certaine hésitation.

“Seul le président de la République Macky Sall a la possibilité de prendre la décision de sa commercialisation ou pas au Sénégal”, a d’emblée répondu le ministre Oumar Youm interrogé sur la question, en marge de l’installation du conseil municipal de Thiadiaye.

“Je suis le ministre et Porte-parole du gouvernement. Je ne suis pas le président de la République qui est le seul habilité à prendre la décision. Je ne suis pas non plus le ministre de la Justice ni le ministre des Forces force armées”, précise le ministre des Collectivités locales.

Qui regrette l’existence du livre en ces termes : “Un tel ouvrage ne devait jamais exister si les règles de l’art avaient été respectés”.

Auteur du brûlot “Pour l’honneur de la gendarmerie sénégalaise”, Aziz Ndaw est “un haut fonctionnaire de la gendarmerie qui a été le second du haut commandant de la gendarmerie, une institution prestigieuse de la république du Sénégal.

Il devait avoir le souci constant et le respect des valeurs républicaines mais aussi l’attachement à son code de déontologie en termes de loyauté vis-à-vis des institutions de la république, en termes de secret professionnel et en termes d’obligation de réserve”, croit savoir le nouveau maire de Thiadiaye.

Néanmoins, il promet que l’Etat du Sénégal va vérifier toutes les informations contenues dans le livre en question avant de prendre une quelconque décision.

“L’Etat prend acte de cette publication, aussi bien du point de vue des révélations, que du point de vue des affirmations qui sont souvent personnelles et qui ne sont pas étayées. Dans la bonne marche des institutions, sans panique, mais avec beaucoup de sérénité, l’Etat fera les recoupements nécessaires avant de prendre des mesures”, soutient-il.







RÉVÉLATIONS SUR LA GENDARMERIE

Jean Marie François Biagui rend hommage au colonel Ndaw

“Je veux rendre hommage, ici, au courage du colonel Abdoulaye Aziz Ndaw, à l’homme de parole et au soldat d’honneur qu’il est”. Tels sont les mots d’introduction du leader du MFDC dans un communiqué parvenu à EnQuête.

Selon Jean Marie François Biagui, l’acte que le colonel Ndaw vient de poser, à travers sa publication, va non seulement laver son honneur de soldat et rehausser sa dignité d’homme, mais également contribuer grandement au processus de réhabilitation d’une institution militaire mal en point.

Il estime par ailleurs qu’il s’agit d’un acte héroïque, résolument héroïque, qui va certainement redonner ses lettres de noblesse au processus de paix en Casamance, en vue d’une solution définitive, sinon durable, au “problème casamançais”.

En tout état de cause, dit-il, les accusations portées par le colonel Abdoulaye Aziz Ndaw, dans sa publication, à l’encontre du général Abdoulaye Fall, notamment quant à sa gestion du “dossier casamançais” et à ses accointances au sein du MFDC, et en particulier du maquis casamançais, sont gravissimes.

“Mieux, ou pis, les faits évoqués, de par leur nature, leur dimension judiciaire et leur portée politique, en font une affaire ou un ensemble d’affaires d’Etat”, soutient-il, avant de poursuivre que les plus hautes autorités de l’Etat se doivent par conséquent de prendre date, et d’agir en conséquence.

Autrement dit, les plus hautes autorités de l’Etat doivent sévir, quoi qu’il en soit, à la mesure de l’enjeu et/ou des préjudices subis.

“Au fait, de quoi a-t-on peur ? De la nudité du roi ? Non ! On devrait plutôt en avoir honte, et surtout s’interroger sur les raisons profondes du dévoilement de la nudité du roi, pour devoir agir en conséquence, d’abord pour que nul n’en ignore, ensuite pour que cela ne se reproduise à tout jamais”, a-t-il conclu.

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