Cahier du Magal 2014 : La Ville Sainte de Touba sous le rythme du Magal de Bamba

Mercredi 10 Décembre 2014 - 07:37

Ils sont déjà des milliers de pèlerins à rallier la capitale du Mouridisme pour célébrer le départ en exil du vénéré guide Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké au Gabon. Dans les gares routières, c’est déjà l’effervescence. Retrouvée à la gare routière de Darou Khoudoss, communément appelée «Garage Darou», Abibatou Ndiaye vient de débarquer. Interpellée, cette originaire de Pikine dans la banlieue de Dakar, s’explique à nos confrères de Libération : «C’est pour éviter le grand rush des dernières heures que j’ai choisi de venir aujourd’hui. A chaque édition du Magal, je viens trois jours avant», a-t-elle lancé en souriant.Côté animation, la ville sainte vibre déjà au rythme des chants religieux. Dans tous les quartiers de la commune et au niveau des différentes mosquées, les Dahiras chantent les ‘’xassidas’’ (poèmes) de Serigne Touba. Touba est fin prête à accueillir cet événement important pour la communauté Mouride, et au-delà, même toute la communauté musulmane.

A rappeler que ce rendez-vous religieux, le 120e du genre, est un moment pour les talibés de prier mais aussi, de rendre hommage au fondateur du mouridisme dans le recueillement et la plus grande ferveur religieuse. Le Magal marque le début d’un calvaire, d’une sommation d’épreuves, de preuves et de douleurs, consciemment désirées et patiemment supportées. C’est ainsi, rapporte-t-on, le signal d’une trentaine d’années d’exil, d’emprisonnement, de surveillance, de privation, de solitude, de persécutions.
Le «18 Safar» est aussi et surtout un moment de gratitude et de reconnaissance au Seigneur des univers qui, par sa grâce, a accompli l’œuvre du serviteur du Prophète (Psl). La particularité du Magal est, contrairement à ce que connaissait l’opinion, qu’il célèbre non pas la fin des épreuves et le triomphe du Cheikh, mais le début des fatalités et des atrocités face à un adversaire (les blancs) avide de sentiments et de compassions.

Cheikh Ahmadou Bamba a justement choisi ce jour pour rendre grâce à Dieu avec cette conviction éclairée. «Quant au bienfait que Dieu m’a accordé, ma seule et souveraine gratitude ne le couvre plus. Par conséquent, j’invite toute personne que mon bonheur personnel réjouirait de s’unir à moi dans la reconnaissance à Dieu, chaque fois que l’anniversaire de mon départ en exil le trouve sur terre», avait lancé le fondateur du mouridisme dans ses écrits pour résumer le sens qu’il accordait à ce rassemblement religieux de grande envergure.

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