Classement mondial de la liberté de la presse 2016 : la paranoïa des dirigeants contre les journalistes

Reporters sans frontières (RSF) dévoile l’édition 2016 du Classement mondial de la liberté de la presse. L’évolution générale témoigne d’un climat de peur généralisée et de tensions qui s’ajoute à une emprise des Etats et des intérêts privés de plus en plus grande sur les rédactions.

Mardi 3 Mai 2016 - 10:41

Ce palmarès - qui fait référence dans l’ensemble du monde - révèle les positions relatives de 180 pays au regard de la latitude d’action de leurs journalistes. Au vu des indices régionaux, il apparaît que l’Europe (19,8 points d’indice) demeure la zone où les médias sont les plus libres, suivie (de loin) par l’Afrique (36,9), qui, fait inédit, passe devant les Amériques (37,1), l’Amérique latine étant plombée par les violences accrues contre les journalistes. Suivent l’Asie (43,8) et l’Europe de l’Est et Asie Centrale (48,4). L’Afrique du Nord/Moyen Orient (50,8) reste la région du monde où les journalistes sont les plus soumis à des contraintes de toutes sortes. A noter que plus l'indice monte, pire est la situation. Publié chaque année depuis 2002 à l’initiative de RSF, le Classement mondial de la liberté de la presse est un outil de plaidoyer essentiel fondé sur le principe de l’émulation entre Etats. Sa notoriété lui confère une influence croissante auprès des médias, des autorités publiques nationales et des organisations internationales.
"Les raisons du recul de la liberté de la presse sont nombreuses : dérive liberticide des gouvernements, comme en Turquie ou en Egypte, prise de contrôle des médias publics, y compris en Europe, en Pologne par exemple, situations sécuritaires de plus en plus tendues, en Libye et au Burundi, ou carrément catastrophiques, comme au Yémen."
Le Classement repose sur une mesure de la situation de la liberté de la presse, fondée sur une appréciation du pluralisme, de l’indépendance des médias, de la qualité du cadre légal et de la sécurité des journalistes dans 180 pays. Il est établi grâce à un questionnaire proposé en vingt langues à des experts du monde entier. A cette analyse qualitative s’ajoute un relevé quantitatif des violences commises contre les journalistes sur la période prise en compte.

Le Classement n’est pas un indicateur de la qualité de la production journalistique ni un palmarès des politiques publiques, même si les gouvernements ont une responsabilité importante.
 

Les journalistes d’Afrique harcelés, entre terrorisme, conflits armés et crises électorales


Sur le continent africain, les journalistes semblent souffrir de plus en plus des violations de la liberté de la presse. C’est au Soudan du Sud (140ème) que l’on observe l’évolution la pire, avec une perte de 15 places au Classement. Dans ce pays miné par une guerre civile depuis 2013, les journalistes sont victimes des violences du conflit et de la campagne d’intimidation mise en place par les autorités.
Les pays en proie à des crises politiques chutent dans le Classement. Au Congo (115ème), en Ouganda (102ème) ou à Djibouti (172ème), la volonté de chefs d’Etat de se maintenir au pouvoir conduit, en période préélectorale, à des agressions envers les journalistes et une censure féroce des médias orchestrées par les autorités. Au Burundi (156ème), l’obstination présidentielle a entraîné la destruction des principaux médias indépendants du pays et l’exil de plus d’une centaine de journalistes. Le pays chute de 11 places de 2015 à 2016.
 
L’absence d’état de droit et la recrudescence de l’insécurité dans certaines régions expliquent le recul de pays comme le Nigeria (116ème), où les journalistes sont menacés par des membres de Boko Haram et des agents de l’Etat. La présence de groupes djihadistes nuit directement à la liberté de l’information : au Mali (122ème) par exemple, le groupe terroriste “Gardiens de l’Enfer” a menacé en 2015 d’égorger tous les journalistes étrangers et maliens travaillant pour des médias étrangers.
 
L’Erythrée (180ème) pointe une nouvelle fois à la dernière place du Classement. Ce pays où la liberté d’expression n’est pas seulement bafouée mais littéralement abolie s’illustre par sa stagnation. Les autorités, qui entrouvrent leurs portes aux journalistes étrangers, sous un contrôle très étroit, laissent en revanche les portes des prisons fermées à double tour sur les journalistes locaux.
 
Diamétralement opposée, la Namibie est, avec sa 17ème place, le pays d’Afrique le mieux classé. La Constitution y garantit de la liberté de la presse. Les journalistes vivent plutôt en sécurité et dans un paysage médiatique pluraliste. Internet y est notamment un réel espace de liberté.


Reporters sans frontières

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