Cour d’Assises de Saint-Louis A cause d’un téléphone portable : Famara prend dix ans de travaux forcés

Accusé d’assassinat, Famara Ndiaye, né en 1990 et élève au moment des faits, craignait sûrement pire que 10 ans de travaux forcés. Seulement, au lieu de l’assassinat, chef d’accusation initial et pour lequel Famara est en séjour carcéral depuis décembre 2008, la cour a, au finish, retenu le crime de meurtre. Famara en a encore pour huit années.

Mardi 22 Février 2011 - 21:32

Cour d’Assises de Saint-Louis A cause d’un téléphone portable : Famara prend dix ans de travaux forcés
Pour un téléphone portable, une altercation a vu naissance. L’un des antagonistes voulait le récupérer, l’autre désirait le garder. Une décision préjudiciable au dernier. Moustapha Diop a perdu la vie suite à cette bagarre. Entre les mains de la justice depuis le 31 décembre 2008, Famara Ndiaye, accusé d’avoir ôté la vie à Moustapha Diop au quartier Sud de Saint-Louis, était devant la cour d’assises, hier, pour répondre du chef d’assassinat.

Les faits remontent au 29 décembre 2008. A quatorze heures, les limiers du commissariat de police de l’Ile se sont rendus au lieu du drame, suite à une alerte téléphonique. Sur place, ils ont mis la main sur Famara Ndiaye, désigné auteur des faits ; alors que sa victime, touchée au cœur par un couteau, avait été acheminée au centre hospitalier régional de la ville où il succombera à ses blessures. Le certificat médical, délivré par le chirurgien de l’hôpital régional de Saint-Louis, a conclu que le décès de Moustapha Diop est survenu des suites d’une plaie du cœur provoquée par une arme blanche. Une plaie large d’un centimètre et profonde de deux centimètres.

A la barre, Famara est revenu sur les faits. Il a reconnu avoir asséné ‘involontairement’ un coup de couteau à Moustapha Diop. A l’en croire, il s’est rendu chez Diop pour se faire restituer son téléphone portable, et c’est suite au refus de ce dernier de lui remettre son bien que la bagarre a éclaté. ‘Moustapha Diop m’avait proposé d’échanger mon téléphone, dont l’écran n’affichait plus, contre le sien’, avoue-t-il. ‘Quelques jours après, je me suis rendu compte qu’il m’avait remis un téléphone non fonctionnel, c’est ainsi que j’ai pris la décision de le lui rendre’. D’après lui, Moustapha ne voulut rien entendre et refusa de lui rendre son bien. Une forte altercation s’en suivit. L’intervention du témoin Saliou Diagne finit par leur calmer les nerfs. ‘J’ai demandé à Moustapha de lui remettre son téléphone, ce qu’il a fait’, lâche Saliou Diagne devant la cour. ‘Par la suite, j’ai conseillé à Famara de renter chez lui’, ajoute-t-il. Seulement, entre cet instant et le moment du cri annonçant la mort de M. Diop, le témoin ne peut se prononcer sur ce qui s’est passé. Il avoue n’avoir vu que Moustapha Diop, sur le carreau et sa mère qui se tenait à ses côtés.

N’ayant certes pas nié le coup de couteau fatal, l’accusé a toutefois valsé légèrement dans ses déclarations, aussi bien à l’enquête préliminaire, devant le juge d’instruction, que devant la cour d’assises. Il n’a cessé de faire des retouches dans sa version des faits et dans toutes les étapes de la procédure. A l’enquête préliminaire, il avoue avoir acheté l’arme de la victime chez un boutiquier du coin. Devant le juge d’instruction, il dit l’avoir emprunté à celui-ci. Alors qu’hier, il a soutenu mordicus ne s’être procuré d’un couteau chez personne et que par contre, c’est à sa victime qu’il a arraché l’arme fatale. ‘Il est venu avec son couteau, c’est pendant qu’on se le disputait que je l’ai blessé sans le vouloir’, soutient-il. ‘C’est avec son frère, qui me rejetait de force de la maison, que je me battais. Sa mère me menaçait avec un pilon alors que Moustapha était armé d’un couteau’, poursuit l’accusé. Quant à Saliou Diagne, F. Ndiaye soutient dur comme fer ne l’avoir jamais vu intervenir dans cette affaire encore moins lui remettre un téléphone mobile au nom de M. Diop.

Selon l’avocat général, l’assassinat est bel et bien établi, car l’accusé avait l’intention de donner la mort. D’après Saliou Mbaye, son acte est assimilable à une vengeance. On ne saurait donc parler de légitime défense encore moins d’une excuse de provocation dans la mesure où c’est Famara même qui est allé provoquer. Aussi, malgré son état d’épileptique, sa réaction permet de voir qu’il a agi avec beaucoup de lucidité. C’est sur cette base que l’avocat général a requis la reconnaissance de culpabilité de Famara Ndiaye tout en lui accordant des circonstances atténuantes du fait de son état et de son âge ; une peine de 20 ans de travaux forcés est prononcée à son encontre.

Dans sa plaidoirie, la défense a demandé l’application de circonstances atténuantes. D’après Me Mouhamed Moustapha Diop, qui soutient l’absence de lien de causalité entre la situation épileptique de son client et l’acte commis, ‘personne ne peut dire que Famara a agi avec discernement au moment des faits’. ‘Il n’y a pas eu l’intention de donner la mort’, constatent Me Mouhamadou Moustapha Diop et Cheikh Ahmed Tidiane Diouf, réfutant alors le chef d’assassinat. Une analyse bien suivie par la cour qui a disqualifié le crime d’assassinat pour meurtre et a ainsi retenu une peine de dix ans de travaux forcés.

EN PLEINE AUDIENCE : Famara pique une crise

On ne peut dire que son état épileptique n’est que de simples mots pour se tirer d’affaire. D’emblée, les signes se sont manifestés au tout début de l’interrogatoire du juge sur la personne de l’accusé. Quelques mots placés, et Famara tombe dans les pommes, séance tenante. A terre, l’accusé est resté allongé sur demande de ses proches, arguant une nécessité pour lui de se reposer afin de pouvoir récupérer. D’un coup, il reprend service après une heure de répit.

En fait, selon l’expert psychiatrique, l’accusé est atteint d’épilepsie à grand mal pouvant entraîner des troubles psychiques permanents. Il n’est, cependant, pas le seul atteint par cette maladie dans sa famille. Son frère aîné a perdu la vie suite à ces crises épileptiques. Vivant avec sa grand-mère depuis l’âge d’un an et demi, à Khor, Famara a toujours été sous traitement. Mais en vain, confie sa tante. D’après qui, il a eu à séjourner à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. ‘Pendant son séjour en prison, il a été en pavillon spécial pour suivre un traitement’.

OUVERTURE DE LA PREMIERE SESSION DE 2011 : Trois absences notées

La première session de la cour d’assises de Saint-Louis a démarré, hier, à la cour d’appel. Seize affaires sont inscrites au rôle. Devant juger 21 dossiers, l’appel des accusés effectués avant le début de l’audience en a relevé 18. Trois absences sont donc notées. Daouda Sow et Hamédine Sow, respectivement poursuivi pour incendie volontaire et détention et trafic de chanvre indien sont décédés. La troisième absence va à l’encontre de Bintou Fédhior, accusée d’infanticide et mise en liberté provisoire depuis 1997.

Aïda Coumba DIOP

Walf Fadjri

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