Des diplomés sénégalais en France envisagent le retour au pays

Lundi 22 Octobre 2012 - 22:00

Photo d'archives de jeunes diplômés lors de la cérémonie de graduation de l'ISM Saint-Louis.
Photo d'archives de jeunes diplômés lors de la cérémonie de graduation de l'ISM Saint-Louis.
Les jeunes diplômés de la diaspora pensent de plus en plus à rentrer en Afrique pour participer au développement de leur pays d’origine. C’est ce qui résulte du 13ème forum de recrutement « Afric Talents » tenu le vendredi 19 octobre 2012 à Paris.

Un retour ? s’interroge ouvertement Aïssatou Diagne, qui vient d’avoir un Master en conseil et stratégie de banques. Mais c’est logique qu’on reparte travailler en Afrique, dans nos pays qui nous ont formés, même si la France y a participé grandement. A mon niveau, je préfère apporter des amélioration au Sénégal ». La jeune sénégalaise se donne « un délai » pour voir si son expérience en France se poursuivra ou pas. « D’ici janvier 2013, si je ne trouve rien de concret et de significatif, je vais retourner au Sénégal ou dans un autre pays africain qui me proposera un projet alléchant ».

La même démarche de deadline est adoptée par Badara Mbaye, diplômé en finances et qui travaille, depuis 8 ans, à la Défense (quartier d’Affaires de la capitale française). Il regrette qu’« il n’y ait dans son domaine, les finances et la banque, que deux établissements présents au forum : la Bnp Paris (Bicis au Sénégal) et Attijariwafa Bank ». M. Mbaye trouve aussi que « le salon est un baromètre pour penser à un retour. Mais on n’a pas de visibilité en termes de salaire et de carrière. De même, les sites Web des sociétés sénégalaises ne sont pas mis à jour régulièrement. C’est assez opaque.



Crise européenne


Certains Rh manquent de réactivité quand on envoie un Cv à travers des sites Web ». Pour Latyr Mbodji, la question du retour ne se pose même pas. « On n’est en France par obligation familiale, vu l’investissement mis sur nos études. Personnellement, après 10 ans d’expérience, il est temps de repenser à rendre ce que mon pays m’a apporté du primaire à l’université ».

Ce soudain intérêt à un retour définitif au pays a-t-il un lien avec la situation de crise dont l’économie européenne à du mal à sortir depuis 2008 ? « L’Europe est bloquée économiquement. La croissance et les perspectives sont davantage en Afrique », analyse Latyr Mbodji, également diplômé en finances. Il est conscient de la particularité du marché de l’emploi et qu’un retour non préparé peut être catastrophique pour un début de carrière. « C’est un risque calculé. Il faut y croire et être tenace parce que la confiance aveugle aux promesses de certains chefs d’entreprises peut déboucher sur des lendemains qui déchantent. Plusieurs fois, lors de mes séjours à Dakar, on m’a promis monts et merveilles. A mon retour à Paris, mes interlocuteurs ne répondaient plus à mes mails, encore moins aux appels téléphoniques », dit-il.

C’est pour éviter des cas similaires qu’un réseau social professionnel « a identifiée les diplômés de la diaspora », annonce Cécile Thiam, Business développement executive à Viadeo Africa, basée à Dakar. « A travers notre plate-forme, les recruteurs peuvent les « chasser ». Nous leur conseillons d’avoir une certaine cohérence de profil sur tous les réseaux sociaux professionnels, même chez nos concurrents Linkdin », poursuit-elle. La Société des eaux du Sénégal (Sde) adopte une démarche différente. elle « a un intérêt particulier pour les diplômés Sénégalais de la diaspora », constate Awo Sy, chef de service développement des ressources humaines de la Sde, surtout en matière de sécurité environnementale et développement durable. « Il nous manque un certain vivier pour ces branches au Sénégal. Elles sont considérées comme de nouveaux métiers », explique-t-elle. Ce qui constitue une opportunité pour K. Dieng, diplômée d’une école de commerce à Dakar avant une spécialisation de deux ans en France. La jeune fille est en activité dans la métropole mais « préfère participer à l’évolution du Sénégal ». C’est une vision de plus en plus partagée par les jeunes diplômés sénégalais de la diaspora.



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1.Posté par dd le 23/10/2012 08:15 (depuis mobile) | Alerter
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Dites la vérité, l'immense majorité des sénégalais en France ne souhaitent absolument pas rentre au pays et ceux qui le font ont intérêt a avoir un compte en banque bien garni.

2.Posté par bb le 23/10/2012 09:17 | Alerter
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Faire quoi, au Sénégal ? Ou ce sont les moyennageries des confréries locales, très très locales, ou c'est paresse, incompétence, cherté de la vie, communications déficientes, absence de vie culturelle, anémie de la vie économique, corruption générale, administration obscurantiste, analphabétisme, illétrisme et autres conséquences de 60 ans d'apathie et d'onirisme échevelé. Sans oublier les sujets majeurs du genre "A bas la France !" "une année pour décrypter un discours de Sarko puis de Hollande" ! Une obsession cérébrale (et pas que cérébrale) et quasi pathologique autour du sexe ! " Les niaks et les toubabs", "la lutte et le football" ! Etc... Et on en passe et des plus savoureuses... C'est bon, la planète tourne, elle, et n'a pas le temps de se préoccuper des préoccupations si sénégalaises... Autres choses à foutre !

3.Posté par Citoyen le 24/10/2012 01:10 | Alerter
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Sauvons nos universités publiques du naufrage.

Malgré les moyens substantiels mis à la disposition de l’enseignement supérieur de notre pays, les résultats sont qualitativement et quantitativement loin des normes de l’UNESCO. Nos instituions d’enseignement supérieur ont surtout un problème de management (mal gouvernance, corruption, népotisme, dépenses de prestige, gestion solitaire en lieu et place de la gestion démocratique et légale, non respect des lois et des règlements, etc.) avec la complicité active ou passive de la communauté universitaire (avantages indus, intimidations, etc.), des autorités étatiques qui, jusqu’à présent, feignent de ne rien savoir (n’ont-ils pas les moyens de savoir ce qui se passe?) pour éviter la confrontation avec ceux (les amis politiques!) qui sont nommés à la tête de ses structures et qui agissent parfois comme des monarques en gérant la chose publique à leur guise.

Face à la démission de l’État, nos universités croulent sous le poids de dettes dues aux créanciers (banques, hôpitaux, Sonatel, Senelec, SDE, fournisseurs divers) et chaque corporation s’évertue à demander toujours plus pour « améliorer ses conditions d’existence » et parfois au détriment des intérêts de la communauté. Ainsi donc, la crise est donc une conséquence logique de l’inaction de l’État.

En effet quand les dirigeants (nommés par les autorités) gèrent la chose publique en dehors des normes établies sans être inquiétés le moindre du monde (pour ne pas dire promus à des stations plus juteuses), les syndicats demanderont des chosent hors normes et c’est le début du CHAOS.

A l’État de faire l’état de la gestion de ceux qu’il a nommé, punir ceux qui se sont montrés indélicats et récompenser les autres, ensuite il serait facile de demander aux syndicalistes de faire preuve de mesure et enfin sévir dans le respect de la loi si de besoin. Il est temps de restaurer l’État de droit (et donc des devoirs) ; il est indispensable, avant toute promotion, d’étudier sérieusement la gestion présente et passée du pressenti.

L’État ne peut continuer à protéger et promouvoir ceux qui mettent à genoux nos institutions d’enseignement supérieur et jeter en pâture les syndicats. Je pense que les responsabilités sont partagées.

Des assises de l’Éducation avec ceux qui bloquent le système pour des raisons personnelles ou émotives ne serviraient à rien, je propose des assises des anciens (Recteurs, Professeurs ou hauts cadres à la retraites) du système pour faire des propositions objectives. Il est souvent difficile d’être juge et parti.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire un devoir citoyen.

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