Dossier: Qui sont les Peuls ?

Vendredi 19 Août 2011 - 12:57

Dossier: Qui sont les Peuls ?
Les Peuls constituent un peuple présente dans une vingtaine de pays, en Afrique de l’Ouest, mais également au Tchad, en République centrafricaine et au Soudan – une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus et de chevaux, que la plupart élevaient à l’origine. D’abord nomades, beaucoup se sont sédentarisés. Ils sont majoritairement musulmans. Leur dispersion et mobilité ont favorisé les échanges et les métissages avec d’autres populations. Leur origine et celle de leur identité, pas uniquement liée à la langue peule (pulaar), continuent de faire débat.

Origine du nom


Les natifs se nomment eux-mêmes « Pullo » (sing.) prononcez [poullo], pluriel ’« Fulbhe » [Foulbé]. Nom propre : un Peul, une Peule, des Peuls. Le mot « Pullo » viendrait du verbe « fullade » (éparpiller, disperser au souffle). Les termes fula, fulbé, foulbé, fulani, foute sont des termes attribués par d’autres ethnies d’après les Peuls eux-mêmes.Fulla « errants » (’Pullo au singulier). On rencontre aussi d’autres graphies en français, telles que poular ou peulh- L’ethnonyme apparaît parfois sous la forme de Foulhs, Phouls, Poules, Pouli, Fouli, foullah, Poullôri - en angl. germ. arab. ful, fula, fulani. « Peul » est le terme le plus utilisé dans les textes contemporains en français. Dans le passé, on l’orthographiait plutôt « Peulh » mais cette forme subsiste parfois et l’on rencontre également « Peuhl ». En allemand, Ful ou Fulen ; en anglais, Fulani ; en arabe, Fulani ; en wolof, pë’l 4. « Peul » est la transcription française du mot wolof pë’l qui désigne ce peuple. Les Fellans , Fellani, Fellahs, Fellatahs sont les Peuls du Soudan et de l’Égypte.5.

Population

Les Peuls, ainsi que les Wodaabes (Bororos), sont une ethnie de nomades et semi-nomades vivant en Afrique régions sud sahel : Mauritanie, Sénégal, Guinée, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Cameroun, Tchad, Togo, Soudan.

Au Mali, les Peuls, principalement implantés dans la région de Mopti, constituent la deuxième ethnie après les Bambaras. La Mauritanie, le Mali, le Sénégal et la Guinée sont des pays à forte population peule.

Les Peuls sont traditionnellement des nomades, essentiellement des éleveurs transhumants de vaches zébus et de chevaux (boucle du Niger/Basse-Égypte). Les ethnies assimilées qui parlent le peul sont appelées Haal Pulaaren. Ceci concerne, entre autres, les Haoussa, les Soninkés, Mandingues, Wolofs.

Certains Peuls ( branches séparées suite à des conflits et Parentés à plaisanterie ) se sont mélangés à d’autres populations donnant ainsi naissance à de nombreuses ethnies : les Kourteï ( Peuls-Sonrhaïs ), Les khassonkés( Peuls-Malinkés ), les ouassoulounkés ( Peuls-bambaras ). Les Toucouleurs ( Tékrouri ), à l’origine une ethnie distinct, ayant par la suite fusionné avec les Serères et les Peuls.

Antiquité

Selon Henri Lhote13, les Peuls seraient originaires de la haute vallée du Nil : Haute-Égypte, Nubie et Éthiopie. Les peintures rupestres de bovins permettraient de suivre l’avancée de ce peuple, puisque à travers des représentations stylisées dans le Sahara. Arrivé en Mauritanie et au Sénégal, les traces deviennent plus difficiles à suivre : les grottes et rochers permettant la reproduction sont plus rares. Les Peuls auraient introduit l’élevage équin, le Bos Indicus ( zébu ), une race de bœuf à longues cornes en forme de « lyre » ( H. Lhote ) et l’Indigo en Afrique.

L’Égypte pharaonique

Les Peuls peuple pasteur, apparaissent dans l’histoire de l’Égypte d’après Lilias Homberger à travers une lettre qui leur appartient, ( -ng ) comme un peuple « entrant » en Égypte dans des écrits, rédigés par des Egyptiens signalant le passage de pasteurs conduisant des bovins à longues cornes dits -ng ’ ou -ng.w ( = -ngr ), dit nagor ( en langue Brahoui ) dans le nord-ouest de l’ Inde ( Balouchistan ) et dans les provinces de l’Est de l’ Iran d’aujourd’hui. Cependant les légendes orales peules, signalent qu’ils y auraient eu plusieurs vagues d’arrivées, chacune avec leur contexte historique, étalées de manière discontinue de 2500 av. J.-C à l’ère des Ptolémée en 380 av. J. -C où leur ethnonyme, apparaît pour la première fois dans les textes17 et période d’un important brassage ethnique, opéré à partir de la Basse époque égyptienne avec l’Orient et la méditerranée.

D’abord fixés à l’Est de l’Afrique en particulier en Égypte et au nord du Soudan, ils vont entreprendre une migration est-ouest, en traversant la région du Sahara, jusqu’à atteindre la vallée du fleuve Sénégal.Le peuplement Peul s’est effectué par vagues successives, dans différentes régions, à différentes époques.

À l’Ouest région du Sahel...

ixe siècle de notre ère - Le royaume des Dia Ogo 20 ou Namandirou, serait le premier royaume que les Peuls ont contribué a bâtir parmi d’autre populations notamment Tekrouri, Soninkés, Sereres, tous forgerons, mentionné par les historiens. Ces Peuls venus du Hodh ( Sahel ) après la traversé du Tagant, commandaient alors le royaume du Tekrour sur les rives du Bas Sénégal.

De l’autre côté du Fleuve Niger...

xiie siècle - des Peuls refusant l’islamisation de l’empire du Ghana, suite a la pression des Almoravides, fuient vers la région du Fouta-Djalon, puis vers le Macina et enfin au nord du pays Haoussa. xiiie siècle - Dans le Tekrour ( le futur Fouta-Toro ), d’autres Peuls, se mêlent surtout aux Sérères et aux Tekrouri. À partir du xiiie siècle, les Peuls commencent avec le nomadisme leur migration ouest-est, en atteignant les régions du Macina au Mali, du Foutah Djallon en Guinée, jusqu’à atteindre les régions du lac Tchad et le nord du Cameroun. C’est ainsi qu’ils se sont étendus sur une bonne partie de la bande sahélienne, du Sénégal au Soudan. xiiie siècle - xive siècle - L’Empire du Mandé, intègre dans la paix, des ethnies aussi diverses que sont les Touaregs, Wolofs, Bambara, Songhaï, Peuls, Tekrours, Dialonké, Malinké, Dogons, etc. Toutes ses populations ayant adhéré a la Charte du Manden.

xve siècle - Sonni Ali Ber empereur de l’Empire Songhaï de Gao, grand maître du Soudan Occidental , rattache le Macina, territoire a majorité Peulh, à l’empire de Gao. xvie siècle - Koli Tenguella dit Pulli, à la fois Peulh et Malinké, soumet l’État du Fouta-Toro après plusieurs tentatives. Il traversa avec son armée, le Badiar, les royaumes Sérères du Sine-Saloum, et la zone du Ferlo. Koly Tenguella dut combattre l’empire Wolof du Djolof qui avait soumis le Fouta-Toro et qui y avait installé des gouverneur, les Farba, pour le compte du Buurba Jolof empereur du Djolof. Koly remporte la lutte et soumet la partie oriental du Djolof. Koly Tenguella une fois roi (Silatigui) du Fouta-Toro, installe sa dynastie, les Deniankobé.

Les Peuls vont résister durant trois siècles à l’avancée islamique. L’Islamisation des Peuls fut lente, inégale et progressive.Les Peuls du Macina, du Fouta-Toro et du Sahel ( Hodh ) soudés par leur foi musulmane commune nouvellement embrassée, et par les rites de la Qadiriya22 s’implantent solidement en Guinée, sous les ordres de chefs tels qu’ Ibrahima Sambego, dit Sori et Karamoko Alfa, dit Alfa Bâ.

xviiie siècle - Les Diallubé ( pluriel de Diallo ) gouvernent les Peuls du Macina. Amadu Bari reçoit la bannière de la djihad, la guerre Sainte islamique, des mains du toucouleur Ousman Dan Fodio, et le titre de « cheikou ».

xixe siècle - L’empire peule du Macina avec Amadu Bari à sa tête conquiert Tombouctou, contrôle Jelgooji, Liptaako, ainsi que le confluent du Sourou et de la Volta Noire au Sud-Ouest de l’actuel Burkina-Faso.Le xixe siècle verra les conversions de Sékou Amadou et cette islamisation leur permettra d’avoir une certaine unité politique. Seuls les Peuls Bororos,Wodaabe « les bannis », en réchapperont. Les « convertis » fonderont alors un empire, l’Empire peul du Macina au Mali, le royaume Peul et Mandingue du Fouladou, en Guinée le Fouta-Djalon et au Nigéria l’Empire de Sokoto. Tous les États à part les deux Fouta, nés au xixe siècle, ont été très éphémères, malgré cela c’est ce qui leur a permis durant ce siècle, d’établir une certaine unité des fulbé, ce qui n’avait jamais été le cas avant. 1811 - Les Peuls remportent une grande victoire sur les Gourmantché, à Dori. Dix ans plus tard, Ilorin sur la côte du Bénin devient un émirat peul, après la lutte menée par Mallam Alimi. En revanche battus à Kissi par les Touaregs en 1827, les Peuls doivent abandonner l’Oudalan, région située au Nord-Est du Burkina-Faso.

Période contemporaine...

xxe siècle - L’arrivée des Européens, dans la région de la Guinée stoppa les grands mouvements cavaliers à la lisière des forêts du sud de l’Afrique occidentale et centrale. L’établissement des Européens stoppa également les échanges commerciaux et radicalisa dans l’ouest africain, la pratique déjà ancienne de l’esclavage. Les Peuls constituèrent un mystère pour les Européens incapables de distinguer les alliances et échanges interethniques instaurés par leur économie et une interrogation.24 Durant tout le xx e siècle ceux-ci les considéreront pour certains, comme des Mahométans armés ( élites, nobles ) et par conséquent non soumis à l’esclavage ( comme les Maures ou les Touaregs ), pour d’autres comme des barbares soumis au travail forcé.

Religion

Les Peuls de nos jours sont presque tous musulmans, on trouve cependant des Peuls chrétiens inclus dans des familles musulmanes.

Une partie des Peuls d’Afrique de l’Ouest, ont été parmi les propagateurs de l’islam sunnite, notamment avec des personnages de l’ethnie Tekrour (TorooBé), comme Ousmane Dan Fodio, fondateur de l’empire du Sokoto (Dèm du Sokoto), Sékou Amadou, fondateur de l’empire Peulh du Macina, et Amadou Lobbo Bari « Emir du Macina », Muhammad Bello « sultan du Haoussa », Modibo Adama, fondateur du royaume Peulh de l’Adamaoua.

Sur le plan socio-géographique, les Peuls conquérants pratiquant le djihad sont souvent des familles Peules sédentaires (en particulier en Afrique de l’Ouest) et métissées avec les populations avec lesquelles ils cohabitent. Création d’écoles coraniques, propagateurs de confréries soufies, soufisme Mais l’Islam ne fait que recouvrir d’autres symboles. On relève un certain syncrétisme, qui rappelle d’autres religions, celles d’Orient où de nombreux peuples de confessions différentes, servant au polythéisme devaient cohabiter dans un même lieu.Le Panthéon hindou et iranien (sans leurs iconographies respectives), n’est pas inconnu chez les Peuls. Ainsi Go n’est-il pas sans rappeler le Go-Loka indien, le « Taureau-Univers », l’Unique, Indivisible.

La vache est toujours sacrée et multiforme. Mitra et Varuna, le « couple de justice », apparenté ou non au grec Ouranos, Ôranos48, reste obscur et pourtant sous-tend un certain nombre de concepts, ne serait-ce qu’à travers la notion de « nœuds » sacrés (sens ancien de fibnde )49. Si dans le Rig Veda, Arjuna est un danseur, chez les Peuls, c’est Sita l’iranienne, qui est la « danseuse », la « porteuse d’anneaux rutilants », c’est elle qui virevolte...

Les couleurs sacrés, sont toujours les mêmes ; jaune ( comme l’Or et le Soleil ), rouge ( comme la force ), blanc (comme la sagesse), noir ( comme le soma, et noir comme l’indigo de guerre ). Couleurs que l’on retrouve sur la robe des vaches... La « Sagesse », Bâgha et Siddhi la « Réalisation » sont toujours connues des Peuls, etc.

Les panthéons védiques et iranien, sont présents presque dans leur totalité dans la cosmogonie peule.Cachés, insoupçonnés sous d’autres noms ou apparaissant plus clairement, mais relevant des mêmes besoins, des mêmes concepts.50 Mais s’il faut parler de survivance et de mémoire, alors c’est le corps (corpus) peul qu’il faut prendre dans sa totalité comme « corps physique » et comme « corps intuitif ».

Issus de la fusion de peuples d’Orient, de la méditerranée, d’autochtones d’Égypte-Libye, et de Nubie ( actuel Soudan ), on retrouve dans le corpus peul ces diverses influences accumulées aux cours des siècles...Notamment avec le symbolisme de l’Égypte antique par rapport aux bovidés, liés a de nombreuses hypostases du divin : Apis, Hathor, Isis.

Tout comme ses hypostases du démiurge Amon, sont représentés portant un disque solaire entre leurs cornes, Guéno ( rite civique Grec relié aux Mystères d’Éleusis ) qui est le nom traditionnel donné a Dieu par les Peulhs, crée en premier la vache sacrée qui porte l’univers entre ses cornes. On retrouve également la clé Ankh, Ankh qui signifie : Vie en Égyptien ancien, que l’on retrouve dans le vocabulaire Pulaar, sous le nom de Wonki, Onki en Copte, Yonki dans les langues Mandées. Le mot Wonki, Onki, Yonki, gardant le même sens.

La notion ontologique du Ka qui signifie en égyptien ancien, le souffle divin, kin en Pulaar, pour le rapport avec le nez, par lequel l’homme respire donc vie, Ka en pulaar, qui veut dire : être, exister. Car pour le Peulhs on ne vit que lorsque le souffle divin anime le corps physique. Sur un plan moins symbolique, il convient de ne pas oublier la lente pénétration des bergers vivants en marge des grands centres urbains, s’enfonçant toujours plus avant dans les brousses du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigéria, du Tchad, du Centre-Afrique...

Mais c’est chez eux que persistent des traditions pré-islamiques - ( persistance d’un shamanisme d’élevage ) : génie du cheptel Kumen ; génie de la chasse Kondoron ( nomades ) - ( résidus de religion shivaïte shivaïsme et védique védisme ) : Trinité et triades des contes initiatiques ; rite du feu ; croyances aux génies tutélaires ( de type lunaires ) ; traces d’une religion solaire ( Œil solaire de Géno dieu Créateur ) ; esprits des eaux (ondines) ; esprits aériens (sylphes) ; Ketiol dieu des arbres ; génies-nains (gnomes) ; habitants minuscules et invisibles des forêts ; génie de l’eau Tyanaba ; génie du feu ; génie du vent ; Dieu-initiateur émanation de Géno, Kaïdara ; Lâred’i ou génies gardiens honorés sur un autel domestique (kaggu) - sont toujours présentes au quotidien

Organisation politique et intégration spatiale

On décrit parfois les Peuls comme « foncièrement individualistes ». « Être Peul », ce serait être libre. Se réaliser en effet, ne peut se faire ni sous le joug de, ni sous la séduction de, ni même sous les conseils de…

La « pulanité » est autonome. Il n’y a pas de communautarisme chez les Peuls, mais il y a des revendications culturelles et identitaires, des clans, des individualités, des groupes épars. Le chef ou une autorité quelconque, est élu à la participation active.

On observe ainsi une alternance politique ( Fouta-Djallon ) au xviie siècle - xixe siècle et des audits sont réalisés dès le xvie siècle pour certains groupes. Le Moyen Âge verra l’avènement des chefferies aux petits chefs autoproclamés : impérialismes, servitudes, multiplicité des contacts de populations ont favorisé des contextes d’acculturation, exclusion et / ou marginalisation chez certains groupes. Les actes délictueux sont sanctionnés par une radiation pure et simple de la sphère identitaire. Infiltrations et tactiques de replis : les Peuls se soumettent généralement aux lois des pays qu’ils traversent.

Une nourriture pastorale


Souvent, ils pratiquent presque un lacto-végétarisme naturel sans prétentions idéologiques ou religieuses. La consommation de la viande de bœuf en particulier est prohibée sauf en de rares occasions, mariage, naissance, visites importantes. Pour pallier le manque de protéines animales les Peuls nomades pratiquent une « saignée » régulière aux vaches de leurs troupeaux. Consommation de miel sauvage et consommation presque exclusive de lait de vache, jument, chamelle ( rare ) sous toutes ses formes hormis le fromage non acclimaté kétugol : crème de lait ; kosam : lait caillé ; tiakuré : petit lait ; néba : beurre en motte ou clarifié ; komboïri : la soupe au lait est un plat peul.

Dans les villes, la nourriture est plus diversifiée : fruits secs, dattes, miel, riz, mil, couscous viennent agrémenter des plats en sauces.Le petit gibier autrefois chassé à l’arc, petites perdrix sauvages « gerlal » et pintades sauvages « jongal », sont les viandes préférées des Peuls largement devant le mouton consommé lors des fêtes musulmanes ou plus couramment le poulet. Néanmoins, la consommation de viande est toujours rare et vue comme exceptionnelle - Pas de consommation de porc. Les repas sont espacés d’un jour sur deux en moyenne et la journée elle-même peut ne comporter qu’un plat unique ( même dans une société d’abondance). Le lait et le thé à la menthe sont les boissons les plus courantes et consommées tout au long de la journée

Habitat

Chez les sédentaires

Le hameau (Gure) organise l’unité spatiale de chaque ferme. Un hameau regroupe un ensemble de fermes toutes identiques sauf par la taille. Il regroupe en général quinze fermes alignées les unes après les autres, soit agencés en groupes informels. Longtemps les hameaux ont été placés sous la protection de guerriers pour éviter les razzias sur le bétail.

• La ferme ou Wuro : disposée en sphères masculines et féminines. Un grenier (lummuure) se trouve en zone féminine ( près de l’arbre à Karité porte-bonheur pour les Peuls du Bénin ), d’une cour intérieure situé à l’est de cet arbre où le troupeau passe la nuit, ainsi qu’une case d’accueil de l’aîné de la ferme ( dottijo ). C’est la zone masculine où les hommes peuvent se réunir et discuter, là aussi que séjourne tout visiteur et tous les étrangers appelés haabe ou jananbe. Les fermes ont essentiellement un rôle de gestion des troupeaux.

• La maison ronde appelée Suudu, ( pl. Cuudi ) disposant d’une cuisine ( bawra ) à plan circulaire et dans la plupart des cas en paille tressée, est disposée au nord et au sud à partir de la case d’accueil, en formant un demi-cercle qui se ferme près de l’arbre à Karité. Alors que les hommes contrôlent toutes les activités, élevage et agriculture, les habitations restent le domaine des femmes. Comme celui de la ferme, le plan intérieur de la construction est très régulier et sexué. Cependant elle ne se réfère pas à des points cardinaux mais à un axe gauche-droite et avant-arrière. Le point pivot en est la petite porte d’entrée ( dammugal ). Le lit de bambou et de tiges de mil ( dow leeso ), sur lequel dort le couple, se trouve toujours à gauche de l’entrée. On dort la tête orientée vers le milieu de la pièce, où se trouve l’emplacement du feu ( hubbinirde ), de sorte que l’entrée se trouve toujours à gauche. Immédiatement à gauche de l’entrée et devant le lit dont il est séparé par une natte de paille, un petit espace ( ga kosonni ) sert à déposer les outils agricoles et des ustensiles ménagers. Plusieurs calebasses ( ciurga ) où la femme conserve le lait ( kosam ) sont posées sur une étagère ( hoore danki ) au mur du fond de la case. Juste à droite de l’entrée une jatte en terre ( faande boyri ) sert à stocker la bouillie de mil préparé à l’avance pour plusieurs jours. Le lait doit toujours se trouver sur l’étagère du fond. Il est ainsi soustrait à la convoitise des hommes. La bouillie par contre doit rester près de l’entrée. La présence de calebasses de lait et de la jarre de bouillie indique infailliblement que la case est celle d’une femme.

Les habitations rondes peuvent être de différentes tailles, avec un toit fait de nattes recouvertes de seccos, de couleurs naturelles et noire. Il existe une hutte de forme concave à l’armature plus complexe dont le toit est fait de larges nattes de couleur naturelle. La spatialisation ( le positionnement ) s’organise ainsi - Case du Nord Suudu Yeesaaru -Grande case Suudu maundu - Petite case Suudu Famardu.

En résumé, l’espace de la ferme, y compris l’intérieur des habitations, est structuré socialement selon des critères géométriques rigoureux. Le principe ordonnateur en est la distinction entre hommes et femmes projetée selon un axe est-ouest ou gauche-droite.

Chez les nomades

Les groupes nomades vivent sous des huttes rondes de branchages recouverts de couvertures en laine, jamais sous une tente. Parfois il n’y a même pas de constructions, seulement une rangée de branchage rapidement liés, et plantés dans le sable du désert pour constituer une haie de fortune. Néanmoins cette haie sera elle-même spatialisée pour tous les actes de la vie quotidienne, tout comme la vie, la naissance, et la mort. Le mobilier est seulement constitué d’une natte et d’un reposoir pour la tête. Pour la femme, une batterie de cuisine, marmites, théière et calebasses ; Certains nomades du Niger, du Tchad et du Soudan disposent de huttes transportables, constituées de deux arceaux souples, qu’ils croisent et recouvrent de couvertures, le tout monté sur un dromadaire à l’image de leurs voisins arabes transhumants.

En résumé, l’habitat Peul toute économie confondue, se caractérise ainsi : importance spirituelle de l’établissement ou campement ; importance du feu ( le premier geste de l’installation ), de la hauteur ( colline ; montagne ) ; la spatialisation intérieure et extérieure ; l’organisation de la parenté ( indépendance des aînés qui ont rapidement leur propre habitation ) ; esthétisme et fonctionnalité ( décorations vives ; huttes transportables).

L’habitat comme bien des choses dans le corpus peul ne relève pas d’un archétype mais d’une succession d’états passagers avec retour au modèle initial ( sédentarité pour les nomades ; nomadisme pour les sédentaires ) - Les Peuls ont aussi connu au cours de leur histoire d’autres types d’habitats, notamment l’habitat mauresque avec sa poétique du jardin, des moucharabiehs, des lourdes portes sculptées - ( que l’on retrouve dans les riches demeures à étages et terrasses, faites en argiles avec moucharabiehs sculptés dans la masse, parfois avec herses de défenses, hauts murs d’enceintes appelés tata ( forteresses ), créneaux, dédales ombragés et cour intérieure à l’image de ce que l’on trouve au Maroc, chez les Peuls de Tombouctou, du Mali et du Sénégal ) - de l’ombre, des palmeraies et des fontaines, ainsi que des villes de type mégalopoles, faites d’argile, avec cuisine, dépendances, terrasses, greniers attenants, rues étroites et rectilignes, rigoles d’évacuations, bassins d’ornementations et de rituels ( villes mythiques d’Iléri et Yoyo).

La terre leydi est généralement considérée comme le bien de l’agriculteur, même si les Peuls peuvent y résider, y cultiver et y faire paître leur bétail

Élevage

La plupart des Peuls en milieu rural sont essentiellement éleveurs et leur mode de vie est rythmé par les besoins saisonniers de l’élevage. La vache tient une grande place, non seulement dans l’alimentation et l’économie des ménages, mais aussi dans les relations sociales et dans la mythologie. La colonisation a entraîné une sorte de confusion sur l’économie pastorale. La vache fut considérée comme un animal de prestige par les occidentaux puisque chaque famille tentait d’en avoir le plus possible et refusaient de s’en séparer comme bêtes à viande, c’est-à-dire d’entrée dans une « économie rationnelle », de marché.

L’élevage de bovins zébu ( bos indicus ) est principalement pratiqué pour le lait. Il est extensif c’est-à-dire pratiqué avec un minimum d’investissement monétaire (avec dépenses limitées aux vaccins et aux médicaments) et par l’utilisation de pâturages librement accessibles. Dans un troupeau moyen l’effectif est de cinquante têtes environ, dont les trois quarts sont des femelles. Ces femelles permettent de reconstituer le troupeau rapidement en cas d’épidémie. C’est un type d’élevage « rationnel », mais multimillénaire de survie. Les taureaux mâles sont consommés lors de rites précis et constituent la dote traditionnelle. Les animaux d’une même ferme sont en général conduits ensemble aux pâturages. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient la propriété collective des habitants de cette ferme - ni d’ailleurs la propriété privée d’une seule personne. Tous, femmes et enfants peuvent détenir des animaux dans un même troupeau. La descendance de la vache offerte comme don de naissance au mari par le grand-père maternel de l’épousée sera héritée par les enfants de celle-ci L’animal de prestige est le cheval. Ceci concerne les Peuls sédentaires des bassins des fleuves Niger et Sénégal et autour du lac Tchad. Par son entretien délicat, le cheval demande du pâturage ou une coopération avec des céréaliers sédentaires. Il trouve son emploi dans les parades de cour et la cavalerie

Sociétés

Il n’existe pas une société peule, mais des sociétés peules ; « Planète Peule ». Le corpus peul est dit « souple » et adaptable. Il est en évolution perpétuelle, tout en conservant ses traits caractéristiques initiaux. Les Peuls sont endogames semi agnatiques. La femme n’est pas voilée et il n’y a pas de lévirat.

Il existe quatre mariages traditionnels peuls avec quatre divorces correspondants : • – le premier mariage est décidé par les parents ; ce mariage (dewgal) a lieu vers 21 ans ; • – le deuxième après un divorce ou un veuvage ; • – le troisième, le « mariage-don » (politique) ; • – enfin, le culnol, concubinage d’un noble avec une kordo, femme de condition servile.

Un cinquième mariage islamique a été rajouté aux alentours du xvie siècle. Il est rendu par le cadi, juge musulman, et possède deux divorces associés. Tous les types de mariages existent chez les Peuls. Les « Peuls rouges » sont monogames. Les Peuls sont monogames dans l’ensemble. Ils peuvent divorcer plusieurs fois et ils contractent souvent plusieurs mariages au cours de leur vie 2 ou 3 ; la polygamie se rencontre surtout dans les villes chez les Peuls islamisés.

Règles du cousinage (cousins de lait endam et cousins de noms, cousins de clans). Chez les Peuls Wodaabe, les enfants sont mariés très jeunes car il existe un mythe fondateur du garçon et de la petite fille. Mais la jeune fille a le droit de vivre sa vie de célibataire jusqu’à ses dix-huit ans. Chez les Bororos, lors du worso « fêtes du Printemps », les hommes dansent le guerewol (photo) où elles peuvent choisir un fiancé. Les Wodaabe sont des monogames « successifs » avec nombreux divorces ou séparations. Le concubinage est interdit et rapidement scellé par un teegal « épousailles ». On note une survivance d’une ancienne gynécocratie, l’héritage est utérin (matrilinéaire).

Les pasteurs

La diversité peule tient à un éclatement des cadres géographiques. Autrefois disposé en archipels dans la zone sahélo-saharienne, le peuplement tend à se diffuser et à s’atomiser. Contesté par des cultivateurs et des agroéleveurs, le pastoralisme l’est également par d’autres pasteurs du Sahel : Touaregs, Toubous). Dernièrement, les Arabes du Tchad, descendus de façon massive dans les savanes de ce pays, ont poussé les pasteurs Peuls à descendre en Centre-Afrique, Côte d’Ivoire, Cameroun, Nigeria) où la réussite de ce pastoralisme sur de nouvelles bases écologiques en savanes humides est le plus grand défi actuel des pasteurs Peuls.

Castes

Les règles des castes ne semblent pas être remises en cause par le développement économique. Chacun reste dans son domaine de compétences traditionnelles. Dans les villes, il existe trois classes sociales : Les nobles : • DurooBe nobles ( transhumants ). • Jaawambe, jaawanndo au sing, conseillers et auxiliaires armés des rimbe. Les artisans castés : Regroupés sous le nom de nyeenybe, nyenyo au sing : • Maabuube, maabo, tisserands, potières. • Wailybe, baylo, bijoutiers, forgerons. • Lawbe, labbo, boisseliers. • Sakkebe, sakke, cordonniers. • Bammbaado, wammbaabe, griots musiciens.

Les nyeenybe, sont réputés pour leur endogamie. Les serviles : • maccube, maccudo, ou kordo. Les serviles sont d’origines ethniques diverses, souvent prisonniers de guerres, anciens serviteurs pour le bétail, l’agriculture, la forge. Ils sont devenus autonomes et développent des entreprises L’ensemble comporte de nombreux homonymes suivant les parlers locaux ainsi que des articulations intercastes, mais relèvent toujours des mêmes distinctions sociales. Les Peuls, hormis les castes, sont regroupés en de nombreux clans ou tribus appelés leyyi : • Les fulbe ururbe ou worworbe présents partout, au Sénégal, Fouta-Djallon, Mali, Niger, Mauretanie, Burkina-Faso, ce sont les Peuls de l’ouest, à l’est ils prennent le nom de burure ou bororo’en. Ils sont parmi les premiers Peuls qui ce sont sédentarisés. • Les fulbe laace, ce sont des Peuls qu’ont trouve spécialement au Sénégal, dans la région du djolof. Ils sont liés aux Wolofs avec qui ils cohabitent, (interpénétration linguistique), ils gardent les troupeaux des Wolofs, on les trouvait aussi dans le Sine-Saloum, et le Ferlo où ils nomadisaient, ont les appellent aussi fulbe jeeri nom qu’on donne en général à tous les fulbe de cette partie du Sénégal, la plupart sont de patronyme ka. • Les fulbe jaawBe, la plus grande des leyyi peule, ils sont particulièrement présent au Sénégal, Mali, ils pratiquent l’élevage surtout ovin, mais aussi la pêche, pour les jaawBe dalli, ils se fixent parfois prés des fleuves, il y a de nombreux sous-groupes jaawbe. Ils sont à l’origine de la caste peule des jaawamBe, réputés pour être de fins stratèges dans l’ancien Fouta-toro. • Les fulbe cuutinkoobe, Peuls originaires de l’ancienne région du Diara entre l’est Sénégalais, et l’ouest malien, ils sont un sous-groupe de la grande famille peule des raneebe, la plupart d’entre eux sont de patronymes Diallo, les cuutinkoobe, étaient à l’origine des jaawBe, ils sont présent au sud du Sénégal, Guinée-Bissau, Guinée. • Les fulbe yirlaabe, ils sont les Peuls les plus à l’est, Tchad, nord-est Nigeria, Adamaoua dans le Nord du Cameroun. Les yirlaabe ou ngiril, sont très présents à l’Ouest également. Ils sont tous originaires du Fouta-Toro. • Les Fulbe wodaabe, surtout présents au Niger aujourd’hui et originaires du Diafunu, certains ce nomme diafunu’en, ancienne région englobant le Sahel mauritanien, le Macina au Mali, le Nord-Est du Sénégal. Ce sont les Peuls ayant le plus conservé leurs traditions nomades et leur culture, ce sont également les plus rustiques, ils sont restés très proches de la nature, ils sont de grands bouviers, et même s’ils sont majoritairement musulmans, ils pratiquent un islam très sommaire. Ils sont présent au Sénégal ou ils sont disséminés un peu partout et ou l’on trouve de nombreux sous-groupe, au Fouta-Djalon, où beaucoup se sont sédentarisés. Dans cette leyyi les sédentaires islamisés sont appelés wolarBe. Ces clans sont parfois divisés en plusieurs fractions et sous-fractions appelées kinde, selon leurs patronymes, les régions qu’ils habitent, les animaux qu’ils élèvent bovin, ovin, l’ancêtre (chef clanique) dont ils se réclament, il existe encore d’autres clans, dont les kolyaabe de koli Tenguella, les yaalalbe. Les castes sont les mêmes, pour toutes les leyyi. Certains clans peuls, sont liés part le jongu, un lien de parenté, qui les oblige à l’entraide, au respect mutuel. • Il existe 31 groupes nomades, 48 groupes semi-nomades et 29 groupes sédentarisés

Patronymes


Les Peuls originaires d’Orient arrivés sur place, auraient cherché à recréer leur idéal de société, à savoir la « trifonctionnalité » propre aux sociétés iraniennes Védisme que les Portugais après les avoir découvertes en Inde appelleront casto, « distinction, séparation ». Sa conservation et son influence trouve son actualisation dans la permanence des compétences traditionnelles qui s’héritent en mode patrilinéaire pour ce qui est des professions.Tournés vers l’ extérieur, les bhari souvent cités ou auquels se réfèrent les sociétés peules pour tout type de conseils et d’enseignements sont en majorité des hommes.

On trouve ainsi par position sociale


1.Bari Rhaldiyanké : détenteurs du pouvoir temporel, veillent au bon fonctionnement du groupe. Bari Sériyanké : détenteurs du pouvoir spirituel, responsables de l’enseignement. Bari Soriyanké : détenteur du pouvoir judiciaire. 2.Bâ construction à partir de la racine initiale bh(r) sont les « guerriers », les « porteurs de tambours » et « vont au combat avec le sourire », d’où une confusion étymologique avec Diallow ( jaal ) « taquiner, plaisanter » ( Peul + Mandingue ) mais [ ba’ ] en racine Peule veut dire « tourner en dérision ». Les Bâ vont au combat avec le sourire, mais « ils ne peuvent pas expliquer les choses », ce sont les Bari qui en ont la charge. Ils s’occupent de la transmission, de l’éducation, de la mémoire et de l’« élévation spirituelle ». 3.Saw / Sow [sau] en pular ; « doubler, séparer, distinguer », « métis » par euphé.Dans la société Peule ils sont les artisans, les commerçants. 3° fonction. Pul. / [so’]« suivre », « se mêler de » ; « apporter du bois » ; « impurs » - D’après Cheik Anta Diop il pourrait s’agir d’un rameau du peuple Sao, ayant « suivi » les Peuls depuis le Soudan Les patronymes peuls les plus courants de nos jours sont : Ba, Barry, Bari & Bahri ( Tchad , sud Libye ), Akbari ( Soudan, Mali ), Barani ( centrafrique ), Bar ( Burkina-Faso ) , Egge, Ka, Diallo, Sall, Sow, Dia, Baldé, Bal, Baandé, Nouba, Dioum, Diagayété, Seydi, Seydou, Diaw, Thiam, Mbow, Niane, Bocoum, Déme, Diack, ( intégration dans le groupe Wolofs du Sénégal, Mali, Mauritanie. Kara, Kan, Khan, Han, Hanne, Kaka, Kandé ( Niger et Burkina-Faso ). Les Diamanka, Mballo, Boiro, Sabaly, Diao, Baldé, Seydi, Kandé, habitent historiquement la région de Kolda au Sénégal où était situé historiquement l’État du Fouladou, entre le Sud du Sénégal et le Nord de la Guinée-Bissau ) ; Dicko ( Peuls Ardo, Guerrier ) et Bello ( Niger, Nigeria ) ; Baal ( Sénégal ) ; Sow deviennent Sidibé au ( Mali, Guinée, Burkina-Faso ) ; les Sangaré du Mali, deviennent Sankara au Burkina-Faso, qui devient Shagari au Nigeria…

Les Toucouleurs


Les Toucouleurs ou Haalpulaaren ou foutankobé (foutanké au sing.), constituent un peuple d’Afrique de l’Ouest vivant principalement dans le nord du Sénégal où ils représentent 13% de la population, dans la vallée du fleuve Sénégal, en Mauritanie et au Mali. Même s’ils sont souvent présentés comme un groupe ethnique, il ne s’agirait pas, selon l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, d’une ethnie, mais plutôt « d’un ensemble culturel assez homogène (islamisé et foulaphone, c’est-à-dire parlant peul) »

Origine du nom

Le nom originel du peuple Toucouleur, est Tekrouri. Les Tekrouri, a l’origine un ethnie distincte, ont par la suite fusionner avec les Sereres et les Peuls, etc.

L’origine de ce nom « Toucouleur » est française ; c’est en effet des ethnologues français qui ont décidé à la fin du XIXe siècle de nommer ces populations du haut fleuve Sénégal « Toucouleur » à cause de leurs origines ethniques multiples. Toucouleurs veut dire littéralement « de toutes les couleurs ». Cette population ont trouvé dans le nom « Toucouleur » un statut juridique territorial donnée par l’administration coloniales française de la fin du XIX siècle, une identité stable.

Ayant conscience de leurs origines multiples, ils se définissent par Halpulaar’en (Ceux qui parle le Pulaar) et Foutankobé (Ceux qui habitent le Fouta). Adherant tous a l’islam, la religion et d’autant plus un facteur d’unité de ce peuple à l’identité diverses.

Population

Proches des Peuls, ils s’en différencient surtout par leur sédentarité. Les Toucouleurs sont très majoritairement musulmans. Ils sont à l’origine de l’islamisation du Sénégal, avec les Sarakolés. La langue parlée est le peul du Fouta-Toro. Ils se nomment eux-mêmes Haalpulaaren, ce qui signifie « Ceux qui parle le pulaar », la langue peul. Leur langue présente toutefois de légères différences avec d’autres dialectes de la langue peul. Mêmes si les méthodologies ont été différentes, plusieurs enquêtes permettent de tenter une évaluation du nombre de Toucouleurs au Sénégal. En 1921, un recensement en dénombre 146 6572, soit 14,22% de la population totale. Pour 1948, un annuaire de l’AOF estime leur nombre à 194 500, soit 9,9 0%3. Des statistiques de 1960 portent leur nombre à 422 0004, soit 13,6 %. Au recensement de 1976, les Toucouleurs sont 523 9905, soit 10,6 %. Lors de celui de 1988 ils ne sont pas décomptés séparément, mais réunis aux Peuls et aux Laobés (Haalpulaaren) pour former un groupe de 1 572 510 personnes6, soit 23,2 %.

Histoire

Les recherches du scientifique Cheikh Anta Diop et d’autres, ont prouvé qu’à l’origine les Toucouleurs, dont le réel ethnonyme est celui de Tekrouri, sont originaire de la vallée du Nil Les Toucouleurs sont à l’origine de l’ancien royaume de Tekrour. Leur nom français est une déformation du nom de ce royaume. Les Toucouleurs se sont par la suite métissés avec les Peuls et Sérères, mais ils se sont aussi mélangés à d’autres ethnies : Wolofs, Bambaras, Maures, etc. Malgré les brassages très poussés, il y a bien une souche purement Toucouleurs (Tekrouri). Les Toucouleurs ont créé l’État du Fouta-Toro avec les Peuls, ainsi que le royaume du Boundou au Sénégal. On trouve également quelques familles Toucouleurs au Fouta-Djalon. les Toucouleurs étaient présents au Cayor, royaume Wolof, dans la province du Ndiambour, au Baol, et au Saloum où ils sont arrivés par vagues successives en partant du Fouta-toro, au milieu du XVe siècle, sous la conduite de Ali Elibana Sall, puis à la fin du XVIIIe siècle. El Hadj Oumar Tall a fondé un empire toucouleur au xixe siècle sur une partie de l’actuel Mali. De religion traditionnel à l’origine, les Toucouleurs ont été convertis à l’islam par les Dyula d’origine mandingue, eux-mêmes convertis pacifiquement par les commerçants musulmans arabo-berbères, venus commercer avec l’empire du Wagadou, au xie siècle, et les Maures. Les Dyula tenaient le rôle d’intermédiaire entre les commerçants arabo-berbères, et les ethnies africaines. Les Toucouleurs ont plus tard participé à la guerre sainte que les Almoravides menaient contre l’empire du Ghana. Les toucouleurs avec leur prosélytisme religieux, allaient par la suite devenir parmi les plus grands propagateurs de l’islam en Afrique de l’ouest, par le biais du djihad. Au fouta-toro, les toucouleurs commencèrent leur prise de pouvoir à partir de l’année 1776, qui marque le début de la révolution torodo, avec les marabouts Souleymane Baal et Abdoul Kader Kane, tous deux formés au cayor. Abdoul Kader, connut une grande défaite militaire, à Bankhoye en allant combattre les troupes wolofs Tiédos dirigés par Damel Cayor, Amari Ngoné Sobel Fall, allié au Brack du Waalo Fara Peinda Tégue Rella Mbodj il fut retenu captif à sa cour pendant de nombreux mois avant d’être relaché. Abdul Kader, considéré comme le premier Almamy du Fouta-Toro, délivrera cet état du joug incessant des Maures[non neutre], qui razziaient les villages du Fouta, à la recherche d’esclaves. Au milieu du XIXe siècle, Maba Diakhou Bâ, de père Toucouleur et de mère wolof, originaire du Royaume du Saloum, sous les recommandations de El Hadji Oumar Tall, mena une guerre sainte au Saloum, et réussit à en annexer quelques provinces. Il prit par la suite le titre de Almamy du Rip, sa province d’origine, où il renomma la capital du Rip en Nioro du Rip. Il meurt en allant combattre les Sereres du Royaume du Sine, dirigés par le Bour Sine, Coumba Ndoffene Diouf.

Les castes


De type patriarcal, la société toucouleure est très fortement hiérarchisée en douze castes réparties en trois classes. Les Sebbe (Ceddo au sing.), qui sont des guerriers d’origines diverses, pour certains descendants des soldats Koli Tenguella, les Deniankobé. Ils sont chargés de l’administration et de la défense. Il y a plusieurs catégories de sebbes, mais il n’y a pas de hiérarchie entre elles. Ils étaient aussi chasseurs, et agriculteurs en temps de paix. Ils étaient à l’origine au plus haut dans la hiérarchie, c’est après la prise du pouvoir par les torodo en 1776, qu’ils ont régressé. Malgré cela, ils étaient très indépendants et redoutés des torodo qui n’ont jamais pu leur imposer une véritable domination. Les Sebbes étaient connus pour leur fierté et leur intrépidités, ils n’avaient nul peur de la mort, belliqueux ils intervenaient dans la plupart des conflits. À l’époque de l’Empire du Djolof, le Buurba Jolof Tyukuli Ndiklam dirigeant de l’empire, installa des gouverneurs farba, pour son compte, tous d’origine Sebbe, au fouta-toro passé sous domination du Djolof. Koly Tenguella et son groupe Denianke, délivra le Fouta-Toro de l’emprise du Djolof, et les Sebbe gardèrent leur rôle. De religion traditionnelle à l’origine, ils ont selon les uns, été convertis à l’islam de façon pacifique, à une époque où cette religion gagnait de plus en plus d’adeptes. Mais il semblerait qu’ils se soient tournés vers l’islam, pour des raisons politique, à une époque où le Fouta-Toro était sous le joug des Maures, afin de se concilier ceux-ci. Ils pratiquaient toutefois un islam très superficiel. Ils sont parmi les plus anciens habitants du Tékrour. Voir Tiedos. Les Toorobbe (Torodo au singulier) représentent le pouvoir religieux. Dans le Fouta-toro ancien, l’almamy qui représentait le chef religieux était choisi parmi les torodos les plus savants dans le domaine de l’islam, qui portaient le titre de thierno. Les torodo sont d’origines variées, et en dehors de leur profession islamique, ils sont agriculteurs, ils ne sont arrivés au sommet de la sociétés qu’à partir de la fin du xviiie siècle, en reversant les Sebbe, lors de la révolution Torodo en 1776, orchestrée par Souleymane Baal. À partir de ce moment ils furent à l’origine de nombreux états islamiques en Afrique de l’ouest. Toujours dans la classe des nobles, on note les Subalbes, Cuballo au singulier, qui sont des guerriers et des pêcheurs, ils sont souvent d’origines wolofs et sereres. Le chef des subalbe porte le titre de diagodin, teen. Au fouta-toro, ce sont eux qui contrôlaient le trafic du fleuve. En temps de guerre, ils constituaient aussi de puissantes flottes guerrières. Ils portent souvent les patronymes, Sarr, Diaw, Faye, Diouf, Dieng, Diop. Ils nouent des alliances avec les sebbe, avec qui ils ont beaucoup en commun. Les Jaawanbe (Jaawando au singulier), font partie de la classe des nobles ; ce sont les courtisans et les conseillers de la cour, ils portent pour la majorité les patronymes Diaw, Ndjim, Daf, Niane et Bocoum et sont d’origine peulh. Ils étaient réputés pour leurs talents en ce qui concerne les stratégies guerrières, et pour gouverner. Ce sont également de grands commerçants. Après la classe des nobles vient la classe des NyenyBe, équivalent des Nyenyo des pays wolofs. Ils se distinguent des nobles de par leurs métiers, soit artisans ou laudateurs, ils sont d’origine variée, et de nombreux interdits les touchent, pratiquant l’endogamie stricte ; il n’y a pas de véritable hiérarchie entre eux, chaque catégorie a ses croyances et ses rites, liées au métier. Ils sont divisés selon leur métier : il existe à l’intérieur des ces castes des sous-castes : Les Wayilbe (Baylo au singulier), les artisans du fer, les forgerons et les bijoutiers. D’origines diverses, mandingues, peulhs ou wolofs. Dans cette caste, les patronymes Mbow, Thiam et Kanté sont fréquents. Les forgerons bénéficiaient à l’époque du Tekrour de grands privilèges. La première dynastie du Tekrour, les Dia-ogo, étaient de grands forgerons. Leur prestige diminua au fil des siècles, jusqu’à être marginalisés, craints et frappés de nombreux interdits. Parmi les wayilbe, certains devinrent de grands marabouts. Les Laobés, artisans du bois, sont également d’origines diverses, mais les véritables Laobés sont d’origine peulh et portent souvent les patronymes Sow et Dioum, ceux de la légende peulh des trois frères Dicko expliquant l’origine des Laobés. Ils sont très indépendants, à tel point qu’on les considère souvent comme une ethnie distincte. Ils sont aussi nomades en ce qui concerne les Laobes worworbe qui pour certains voyagent avec les Peulhs dans leur transhumance pour leur fournir des matériaux. Ce sont ces Laobés que l’on retrouve chez les Wolofs et les Sérères où ils constituent également dans leur société la caste des artisans du bois. • Les Maabube, Maabo au singulier : la classe des tisserands, ici les noms Guissé, Sangott et Tall sont les plus fréquents. Tous tisserands à l’origine, certains d’entre eux sont devenus des Maabube jaawambe, spécialistes de la généalogie de Jaawambe ou Maabube saadu paate, spécialistes de celle des Subalbe. Les clans ancestraux Malinkés (Guissé et Sanghott) sont à l’origine de cette caste. • Les Sakeebee (Sakke au singulier) : la classe des travailleurs du cuir est considérée comme authentique sakeebe les Beye et Gakou. Ceux détenant les secrets liés à cette caste dont on considère qu’ils en sont les initiateurs. • Les Buurnabe (Burnaajo au singulier) : la classe des potiers et des céramistes, le nom Wade est très présent ici. • Les Waambaabe (Bambado au singulier) : qui représentent les guitaristes, les musiciens, spécialistes des chants épiques et guerriers. À la guerre, ce sont les porte-étendards. Ils sont d’origines diverses, mais les véritables Bambado descendent comme les Laobés des Peulhs. On les retrouve également dans la légende des trois frères Dicko. Ils portent souvent le patronyme Bah. Quelques Laobes, Wayilbe, et Maabube sont devenus Bambado, ce qui explique la présence de nom Guissé chez eux, entre autres. • Enfin, les Awlube (Gawlo au singulier) : les griots, qui clôturent la classe des Nyenybe. La plupart des Gawlo halpulaar sont d’origine wolof. Ils portent les noms Mboum, Lam, Mbaye, Samb, Seck, Dieng, Gadio. Les Maccube, Jyaabe ou Kordo représentent la caste des captifs. Ils se situent au plus bas dans la hiérarchie. Ils proviennent de toutes origines. On distingue les Jyaabe sottiibe représentant les captifs affranchis, et les Jyaabe haalfabe qui eux sont demeurés captifs. La servitude qu’ils ont connue n’existe plus. Malgré leurs origines diverses, ils parlent tous le pulaar, et d’ailleurs seuls leurs patronymes indiquent leur origine ethnique. Cependant ils se reconnaissent tous comme Toucouleurs, toutes castes confondues

Culture

Entre les Toucouleurs et les Sérères, il existe un lien de cousinage, qu’on appelle la parenté à plaisanterie. Ce lien qui existe entre ces deux ethnies leur permet de se critiquer, mais aussi les oblige à l’entraide, au respect mutuel. Les Haalpulaaren appellent ce cousinage le dendiraagal ou jongu, ce lien existe aussi entre les noms claniques ou patronymes. Les classes d’âge concernaient surtout les enfants et les adolescents. Les Toucouleurs sont reconnaissables grâce à leur chapeau conique, que les Sérères, Diolas et Peulhs portent aussi. Traditionnellement, les hommes se rasaient le crâne et laissaient pousser leur barbe qu’ils taillaient en pointe. Certains se tressaient les cheveux et il y avait une multitudes de coiffures. Les femmes se coiffaient à la manière des femmes wolofs, des coiffures très complexes, et portaient toujours un léger voile par dessus la tête. Les Toucouleurs pratiquent encore de nos jours la scarification. Souvent ils se font deux incisions sur les tempes, autant les hommes que les femmes. Ils y avait aussi le tatouage des lèvres pour les femmes, que les femmes de sakeebe, caste des travailleurs du cuir, pratiquaient. L’excision des femmes est une pratique que les Toucouleurs partagent avec les Mandingues, au Sénégal, Mali et Mauritanie, mais avec les dispositifs de lutte contre cette pratique, elle se fait de moins en moins. Le yela est un chant d’origine haalpulaar.

Patronymes

Les toucouleurs étant un peuple regroupant des groupes ethniques variés, dans cette ethnie la plupart des patronymes sénégalais sont présents : Les études des chercheurs tels que Cheikh Anta Diop, le professeur Saïdou Kane, démontrent que les patronymes Hane, Kane, Ly, Sy, appartiennent à la souche Tékrouri (Toucouleur), Cependant bon nombre de clans Maure, se sont alliés à ces familles, raison pour laquelle des familles Kane, Hane, ly, Sy, revendiquent des origines maure. Les Aw, Tall, Baal, Thiello, Bousso, Yock, Maal, Lô, Wane, Wone, sont purement toucouleurs (Tekrouri). Il existent encore plusieurs dizaines de noms. Le nom Thiam porté par des familles peules et toucouleurs au Sénégal et au Mali, il est aussi porté par de nombreuses familles Wolofs castées. Cela est dû aux migrations toucouleurs en pays wolof, très accentuées pendant que la dynastie des Denianke de Koli Tenguella était au pouvoir au Fouta-Toro du milieu du xvie siècle à la fin du xviiie siècle. Les noms Dia, Diallo, Lam, Dioum, Ka, Sow, NDongo, Ba, Niane, Dicko, Diaw, Sall, Wele, Déme, Ngaido, Thiongane, sont d’origine peulh, Fulbe, portés par des Toucouleurs. Ces familles Peules « Toucouleurisés », étaient regroupées en une multitudes groupes et sous groupes, appelés « Leeyi » ou « KinDe ». Tel les UrurBe, WodaaBe, WalwaalBe, Jaawbe, ect. Chacun de ses groupes, marquaient leurs particularités, de par leurs provenance géographiques (Fouta-Toro, Diara, Macina, Diafunu, Tagant, Ferlo, etc.), leurs Ardo Chef du groupe ou du lignage, ceux étant demeurés de religion traditionnelle et ceux ayant adhérer à l’islam, ceux étant restés nomades ou bien sédentarisés. Les Peuls, quelques soient leurs groupes ou lignages, étaient régis par une éthique nommée Pulaaku, que tout Peul se devait de respecter. Le socle de base du Pulaaku, était avant tout le mode de vie nomade et l’activité pastorale. Dans la société toucouleur, les individus considérés comme étant des Peuls, sont avant toute choses, ceux dont l’élevage est le métier. Un éleveur, quelque soit son origine, sera toujours qualifié de Pullo (Peulh). Les toucouleurs portant les noms : Ndiaye, Diop, Gueye, Niang, Dieng, Gaye, Diouf, Mbodji, Mbaye, Seck, sont d’origine Wolofs ou Sereres, et très souvent du groupe Sebbe/Ceddo, Subalbé, ou Gawlo. Beaucoup descendent des Farba Wolofs, ayant dominé le Fouta-Toro, durant l’empire Djolof. Les Sereres sont parmi les plus anciens habitants du Fouta-Toro. Les toucouleurs portant des noms Soninkés/Mandingues : Camara, Touré, Cissé, et Maure : Aïdara, sont souvent de familles maraboutiques musulmanes. Les ToroBe, sont issus de les groupes ethniques qui composent la société toucouleurs ou Halpulaar’en. Mis à part la souche Tekrouri, les autres Toucouleurs sont un ensembles de maures, sérères, peuls, wolofs, mandingues etc. Ils parlent pulaar et sont tous musulmans. Egalement au fil des siècles, de nombreuses familles peules se sont intégrées à cet ensemble culturel, et se définissent aujourd’hui comme toucouleurs.

Copyright 2009 by Association Pencium Saloum

Source : Tabitalpulaaku-International.org

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1.Posté par fabienne faucheux le 21/10/2015 08:53 | Alerter
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Bonjour Afriue
Le texte que je viens de lire sur les Peuls les Haapularen et les Toucouleurs est très bien écrit.......interessant aussi, mais il y a des Peuls ou)et des Toucouleurs qui se disent descendants du peuple juifs , originaires du Sinai..............ce n'est peut-etre qu'une inclusion
En atendant,si Vous, les Africains, vous connaissiez ou faisiez l'effort de nous connaitre Nous les blancs chez nous comme on peut faire celui de vous connaitre en profondeur vous comprendriez que Nous aussi à l'instar des Toucouleurs , nous avions jadis adoptés un certain mélange ethnique entre l'Oural et le Caucase. sans parler des invasions mongols par les Huns etc..........
Actuellement , si nous rejetons le multi-ethique ou multi-culturel chez nous c'est parce que la limite a été atteinte et que nous ne voulons pas disparaitre en tant que race biologique....
Tandis que l'on soupconne certains peuples avertis de Vouloir nous effacer de la terre ........à ceux là je leur dit ....si vous etes sur la bonne voie. celle de la vraie Justice, vous ne manquerez rien de ce vous devez faire, ....c'est le plus Haut qui reconnait......
Les Toucouleurs, sont Multi.ethniques mais Noirs
Nous sommes également mélangés et blancs
Quant àu métissage de toutes les races chez nous et pas chez vous ca reste à voir
nous ne sommes pas prèt à réaliser ce mélange qui tue la Vie......diverse
tandis que mon ami Africain Toucouleur, Moustaha TOURE ,lui, a préféré retourner chez lui au Sénegal pour se marier Avec une africaine................
A Charge de Revanche les blancs ne sont pas plus racistes que les Noirs
Merci de m' avoir lu
fabienne_faucheux@yahoo.com

2.Posté par Xam sa bop le 21/10/2015 10:55 | Alerter
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Commentaire hors propos et nauséabond de la Grande Faucheuse...

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