El Hadji Ousseynou Diouf: « Je ne serai jamais avec des tocards »

Il garde toujours ce franc - parler et fait toujours mouche. Interview vérité et exclusive du bad boy du football sénégalais au site Gawlo.net du groupe Icone Mag

Vendredi 15 Novembre 2013 - 14:18


El Hadji Comment voyez-vous la situation actuelle du football sénégalais ?

La situation, tout le monde le connait. Le football ne marche pas dans notre pays. C’est la vérité ! On a joué notre match contre la Côte d’Ivoire et c’est la semaine prochaine ( Samedi 16 novembre) , dans le rituel du football, qu’on jouera la deuxième mi-temps. Si on ne gagne pas par deux ou trois buts à zéro, on n’ira pas à la coupe du monde. Il faut dire que depuis 2002, on n’était pas si près de la qualification d’une coupe du monde et c’est vraiment dommage. Tout cela, à cause de qui? De gens qui gèrent mal le football au Sénégal, ils ne sont pas à la hauteur, et c’est dommage pour nous.

Justement, où se trouvent les difficultés ?

Le football ne marche pas parce que le président de la Fédération n’est pas à la hauteur. Depuis qu’il est là, il n’a fait aucun résultat positif. C’est grave que l’on se fasse éliminer par la Mauritanie. L’équipe du Sénégal n’a jamais eu d’embrouilles avant, et récemment, on a été suspendu. Bref, les plus mauvais résultats du football sénégalais ont été faits par eux. Maintenant, ce qui pourrait nous sauver, c’est que ces gens - là déposent les armes et qu’ils acceptent de dire qu’ils ne sont pas les hommes de la situation pour enfin donner à quelqu’un d’autre sa chance.


« Je suis né pour gagner »



Et quelles seraient les solutions ?

On a tout fait pour qu’ils prennent conscience du vrai problème mais rien ! Ils ne veulent pas s’en aller, et la solution serait de les dégager définitivement par la force. Je pense même que le gouvernement a une certaine part de responsabilité. Rendez le football sénégalais aux sénégalais, car ces derniers sont nostalgiques de leur équipe de 2002. Lorsque je suis arrivé avant-hier à l’aéroport, quelqu’un m’a interpelé et m’a demandé: « dites-moi, quand est -ce que l’équipe du Sénégal a gagné trois matchs de suite ? » Mais c’est déjà arrivé de notre temps. De nos jours, ce n’est malheureusement plus le cas. Avant, nous avions de grands dirigeants, ils savaient comment nous parler, comment nous booster, on avait également un grand entraineur. Nous étions des joueurs à part entière, et c’est Bruno Metsu qui a fait de nous des joueurs de caractère. Il était compétitif.

Donc pour qu’une équipe gagne, il ne suffit pas juste d’avoir de bons joueurs mais aussi des dirigeants assidus ?

Effectivement ! Le monde du football, c’est tout une chaine et chaque pièce est autant importante que l’autre.

Mais avec cette équipe que l’on a actuellement, est -ce qu’on peut dire qu’on a de bons joueurs ?

Bon, il faut l’admettre aussi, nous n’avons pas de très grands joueurs. Mais si on n’a pas de très bons joueurs, et qu’on nous impose des tocards comme dirigeants, la situation devient pire.
Bruno Metsu, lui, il savait comment nous motiver, il nous mettait dans de bonnes conditions. Il y avait aussi des gens comme Mbaye Ndoye qui sont vraiment de grosses pointures du football sénégalais. Et pour vous prouver combien ils sont des tocards, lors des funérailles de Bruno Metsu, l’entraineur national ne s’est même pas donné la peine de venir lui rendre un dernier hommage. Est-ce normal ? Alors que, quelque jours après, il était à l’inauguration des l’Institut Diambar. C’est choquant ! Et on veut nous faire croire qu’une personne qui n’a pas de cœur peut diriger une équipe? C’est impossible.

Avez-vous des projets pour cette équipe afin de faire bouger un peu les choses ?

Tant qu’ils seront là, non ! Moi je ne serai jamais avec des tocards, de toute ma vie. Ils veulent même que j’aille à Casablanca pour parler aux joueurs, mais je ne le ferai jamais parce que El Hadj Diouf ne sera jamais avec des gens qui tombent. J’ai accompli de grandes choses pour le football. Je suis le seul et l’unique et mon titre je l’ai mérité avec deux ballons d’or à l’appui. Donc je suis un gagnant, je suis né pour gagner. L’équipe a donc besoin de gagneurs, venant de partout, et il n y a pas que moi. Quelqu’un comme Tony Sylva peut être entraineur des gardiens. Et d’autres aussi, plus compétents, pourraient se rendre utiles. Pourquoi ne pas prendre la génération de 2000 pour qu’elle gère le football ? Il faut aussi que les sénégalais comprennent qu’on ne récolte que ce que l’on sème.

Récemment, il y a eu deux marabouts qui déclaraient que les sénégalais devraient vous demander pardon pour que l’équipe puisse enfin décoller. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Mais quand j’entends ce genre de discours, cela me fait chaud au cœur. Franchement, cela m’a vraiment touché. Pour vous dire que j’ai beaucoup donné pour le football sénégalais. Mais ce qui est déplorable dans ce pays, c’est qu’on attend toujours que les gens meurent pour dire du bien d’eux. Et moi, je n’ai pas besoin de ça. C’est ce qui s’est passé avec Jules François Bocandé et Metsu.
C’est vraiment dommage que le football sénégalais soit ainsi sacrifié par des dirigeants qui ne sont en fait, qu’une bande de tocards !



Gina Goudiaby

Gawlo.net

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