En aparté avec Oumou Sy : « Je ne suis pas la griotte de Marième Faye mais je la respecte parce quelle me respecte»

La septième édition de la Semaine de la Mode (SIMOD) aura lieu au mois en mai prochain. Ainsi du 9 au 18 mai Oumou Sy occupera le devant de la scène avant d’initier la caravane de l’espoir du 19 au 25 mai. La grande styliste marque ainsi son retour après une absence de cinq ans car, depuis 2009, elle n’avait pas organisé de salon de la mode. Pour cette septième édition, elle va encore étonner son mode en décidant d’investir le Grand Théâtre. En prélude à cette grande première, elle a organisé un point de presse lundi dernier et nous en avons profité pour nous entretenir avec elle. Toujours égale à elle même, la créatrice de mode a asséné ses vérités sans prendre de gants…

Lundi 31 Mars 2014 - 00:23

Le Témoin - Que nous réservez vous pour cette septième édition de la Semaine de la Mode ?

Oumou SY -Je prépare la collection qui va s’intituler « L’eau et la lumière ». Il y aura aussi l’exposition vivante de la rétrospective. Il y aura aussi l’installation consacrée à Delo. Delo était un fou du marché de Podor et il nous a tous inspirés, à l’instar de Baba Maal et de tous les habitants de cette vieille ville. Il est resté dans les esprits à cause de sa générosité, de son sourire, de son volume et de sa bonté de tous les instants. Au sein du village de la SIMOD, il y aura des stands qui ne seront pas exclusivement occupés par des Sénégalais parce qu’il y aura des invités en provenance d’autres pays. Il est prévu une programmation riche et variée chaque soir. Il sera organisé des défilés, des expositions, des projections de tous les films dans lesquels j’ai eu à travailler. Il ya même des invités qui vont affréter des avions pour venir à Dakar. Je veux parler de France Gall et ses amis qui vont soutenir la Simod. Il y aura aussi des invités en provenance des USA et de partout avec des maquilleurs et des professionnels de la mode. Toutes les régions et les différentes composantes ethniques du pays vont venir montrer une panoplie de leurs richesses culturelles. C’est aussi la première fois que le fanal va quitter Saint Louis pour Dakar. Les enfants seront mis à contribution avec le concept de « L’Afrique qui accueille le Bal de Cendrillon » qui verra la participation de 54 enfants. Chaque enfant va représenter un pays africain et ils vont exprimer la vison qu’ils ont du développement. A mon avis, la vérité va sortir de la bouche des enfants. On doit leur donner la parole pour recueillir leurs impressions car ce continent leur appartient.

Parlez-nous de l’implication de régions avec cette fameuse Caravane de l’espoir…

On va sillonner les régions avec la Caravane de l’espoir. Tambacounda, Ziguinchor, Podor,Ourossogui, Kolda, Fatick et Saint-Louis seront visités. Comme il s’agit d’un Caravane de l’espoir, certaines régions vont certainement nous demander de passer faire un tour chez elles. Et tant qu’elles seront prêtes à nous accueillir, nous sommes prêtes à aller vers elles. Les femmes vont venir de partout même des zones les plus enclavées du pays. Que ce soit au niveau du Bois Sacré de la Casamance ou bien du Ferlo ou des Iles du Saloum. Elles vont toutes se retrouver au Grand Théâtre et elles vont être avec nous pendant dix jours.

Comment justifiez-vous cette longue absence de cinq ans sans organiser la Simod ?

Ce n’est pas une absence mais, en un moment donné, il faut hiberner. Vous oubliez que moi je suis née au bord du fleuve et j’hiberne. C’est ce que je faisais et maintenant je ressors pour présenter cette nouvelle trouvaille. J’ai entendu un jour Jo Ouakam dire que, quand un pays est en mouvement, les savants s’enferment pour travailler et ils hibernent. C’est ce que j’ai fait durant tout ce temps.

Pourquoi avez-vous choisi le Grand Théâtre pour implanter le village du festival ?

Il fallait le faire et il faut savoir que c’est la septième édition et on invite des artistes en provenance des cinq continents. Mais la SIMOD n’a pas fait que six éditions car, à chaque biennale des arts, j’offre deux jours de spectacles, deux jours de mode à cette institution car nous sommes des partenaires. Ce qui est nouveau cette année, c’est la mobilisation des femmes et l’attention que la population a envers ma modeste personne et la mode. C’est aussi valable pour les invités qui viennent de l’extérieur. L’autre nouveauté est que l’on dispose actuellement du Grand Théâtre qui est un grand espace qu’il faut faire vivre. Je veux dire par là qu‘il faut impulser du mouvement au Grand Théâtre. Il est ouvert à tous les artistes. En ce qui me concerne,Keyssi(Ndlr, Bousso le directeur du Grand théâtre) m’a ouvert les bras et je suis là bien présente. Il a eu à ouvrir ses bras à d’autres avant moi. Le lieu est là et il faut l’occuper en y organisant des manifestations d’envergure. Il est ouvert à tout le monde et c’est ce qui m’a donné l’idée de développer un peu plus le concept originel, de sortir et d’initier la Caravane de l’espoir, d’aller voir les gens et de recueillir les besoins des populations. C’est à nous d’aller vers elles car elles sont enclavées. Il faut que tout le monde se lève et qu’on se tienne la main pour travailler en synergie et qu’on arrête cette mauvaise habitude sénégalaise à savoir être toujours relax et pépère.

Qu’est ce que la SIMOD représente pour vous ?

Pour moi, cela représente énormément de choses mais il s’agit surtout d’insister sur le développement et de faire quelque chose et montrer le savoir-faire tapi dans un art. Parce que l’art est ouvert et l’Afrique est un terrain vierge qu’on ne finira jamais de défricher. Je veux dire par là qu’il faut forcément qu’on aille vers les villages et qu’ils viennent aussi vers nous. Ainsi le monde occidental saura que maintenant l’Afrique s’est vraiment mobilisée pour travailler et que les enfants de l’Afrique sont ensemble pour contribuer au développement de leur continent. Actuellement, beaucoup de personnes qui étaient en Europe reviennent vivre et travailler ici en Afrique. Il faut savoir qu’elles ressentent un peu plus les effets de la crise que nous autres. C’est parce qu’ils calculent tout dès leur naissance. Contrairement à eux, en Afrique, nous ne calculons pas et nous avons l’unité, la solidarité et l’entraide.

Quelles sont vos relations avec la Première Dame, Marième Faye, une des marraines de cette édition ?

Il faut retenir que je ne l’ai pas choisie parce qu’elle est la Première Dame ou encore qu’elle est l’épouse du Président Macky Sall. C’est elle qui est venue vers moi. Elle ma trouvé un jour dans une cérémonie et elle s’est déplacée pour venir me trouver sur place pour me saluer chaleureusement. Et c’est en ce moment que quelqu’un m’a dit que c’est la Première Dame qui est venue te serrer la main et t’embrasser. Je lui ai alors posé la question de savoir si elle me connaissait et elle m’a répondu par l’affirmative en me disant « Bien sûr, tu es Oumou Sy ! ». La seconde fois qu’elle m’a encore montré du respect, c’était au cours du fanal organisé par son frère à Saint-Louis. J’étais en bas parce que j’avais habillé toutes les participantes comme je le fais toujours pour les cérémonies de fanal. Elle s’est déplacée de la tribune officielle pour me retrouver en bas et me saluer. Voila pourquoi je la respecte car elle me témoigne du respect aussi. Ce n’est pas parce que c’est la femme du Président. A ce propos, il faut savoir qu’il ya tellement de femmes de présidentes qui ont défilé ici et je ne suis jamais allée vers elle car cela ne m’intéresse pas. Je ne suis la griotte de personne sinon de la personne qui me respecte. Elle ne sait pas qui je suis par la naissance, mais elle sait bien qui je suis dans mon travail et c’est cela l’essentiel.

Propos recueillis par : Fadel Lo
Article paru dans « Le Témoin » N° 1158 –Hebdomadaire Sénégalais (Mars 2014)

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