Enjeux qualitatifs et quantitatifs des réformes de l’enseignement supérieur

Vendredi 29 Novembre 2013 - 00:19

Conscient que l’enseignement supérieur joue un rôle clé dans le développement économique et social de toute nation , Le Président de la République a confié au Professeur Mary Teuw NIANE ,un homme de pensée émérite la tache lourde, mais noble et exaltante de transformer l’architecture administrative , organisationnelle et budgétaire du Ministère de l’Enseignement supérieur et d’améliorer la qualité de l’Enseignement supérieur . Ses qualités personnelles renforcées par une expertise indéniable permettent un optimisme certain pour la réussite de la mission qui lui est confiée.
Ainsi la récente organisation d’une concertation nationale sur l’Enseignement supérieur marque une rupture indélébile dans la démarche et constitue un acte fort dans la résolution des solutions de l’enseignement supérieur et nul doute que les fruits seront à la hauteur des espoirs, si l’on parvient à s’accorder sur les droits d’inscription. L’œuvre de développement requiert la participation de tous et sur tous les plans : Etat , enseignants , Personnels techniques et administratifs , les étudiants etc

Après plusieurs années d’existence les universités et œuvres sociales ont connu de profondes mutations touchant ses structures ainsi que ses infrastructures. De nombreux acquis ont été engrangés au prix d’immenses sacrifices consentis par l’Etat (amélioration significative des rémunérations, généralisations des bourses et aides, bancarisation des bourses, introduction du système LMD pour une plus grande articulation entre les besoins du marché et les curricula de formation, réalisation d’infrastructures pour augmenter les capacités d’accueil des universités etc
Cependant du fait de la faiblesse des capacités d’accueil , de l’afflux massif de nouveaux étudiants , de la faiblesse du taux d’encadrement, de l’insuffisance des budgets , de la non maîtrise des charges salariales , de la faiblesse des ressources internes , des dysfonctionnements organisationnels, de la recrudescence de la violence en milieu académique, de la mauvaise compréhension des franchises universitaires etc , les universités et œuvres sociales sont confrontées à un certain nombre de problèmes touchant tous les secteurs de la pédagogie à la gouvernance en passant par l’hébergement, la restauration des étudiants, la gestion médicale . Des problèmes qui sont préjudiciables à l’efficacité et l’efficience de la qualité des enseignements


reçus mais aussi des services sociaux offerts aux étudiants. Pourtant force est de reconnaître que les normes internationales sont loin d’être respectées . En effet, au regard des normes internationales (2% de la population) , le Sénégal qui compte à ce jour moins de 100.000 étudiants dans les cinq universités aurait dû avoir au moins 250 000 étudiants.

Le taux d’encadrement très faible un enseignant pour 45 voire même plus est aussi très éloigné des normes internationales ( 1 pour 25 ) . Tout ceci est pour montrer que la décision prise par l’Etat d’augmenter les droits d’inscription doit être encouragée et soutenue par les différents acteurs. .
Il est évident que l’Etat à lui seul ne peut pas tout régler. L’amélioration de la qualité des ressources humaines qui conditionne le développement de tout pays n’a pas de prix.
la réalisation d’infrastructures pour augmenter les capacités d’accueil des universités et l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur en dépendent incontestablement .

Ces décisions fortes, aube d’une nouvelle gouvernance de l’Enseignement supérieur présagent des lendemains sereins dans une quiétude propice à un enseignement de qualité attendu par le pays tout entier.

Au plan de L’hébergement
Les capacités d’accueil des centres des œuvres universitaires sont très limitées au regard de la forte demande. Ainsi sont souvent décriés :
 L’insuffisance chronique des lits.
Avec l’évolution des effectifs et la montée en puissance de l’Université il est urgent entre autres
• de construire de nouveaux villages universitaires pour renforcer les capacités d’accueil.

• de réviser le règlement intérieur permettant une rupture dans la gestion des œuvres sociales




• de favoriser l’implantation de promoteurs immobiliers privés pour la construction de logements d’étudiants. Ceci nécessite forcément l’implication des collectivités locales pour la mise à disposition de ressources foncières.
• de définir de nouveaux critères pour l’accès au bénéfice des œuvres sociales (mode d’attribution des chambres, prise en charge médicale, accès au restaurant)
• d’améliorer la gouvernance par la modernisation des textes régissant le fonctionnement des Œuvres universitaires pour plus d’ efficacité dans la gestion .

Au plan de la restauration

La privatisation des restaurants universitaires n’a pas produit le bond qualitatif escompté en raison de l’insuffisance de la subvention de l’Etat et des retards de paiement des bourses entraînant des journées de restauration gratuite décrétées par les étudiants et liées tantôt à des facteurs internes tantôt à des facteurs externes. Aujourd’hui les principales difficultés rencontrées par les œuvres universitaires sont recensées au niveau du secteur de la restauration.

Du fait de l’insuffisance de la subvention de l’Etat, il est quasi impossible de pratiquer une correcte budgétisation, sinon une bonne partie de la dotation serait affectée au comptes Personnels administratifs et enseignants mais aussi au compte paiement des repreneurs . Ce qui n’est pas possible du fait de la prise en compte dans le cadre de la programmation budgétaire d’autres charges de fonctionnement et d’équipement tout aussi prioritaires et sensibles.

Au plan organisationnel et Managérial

Les incohérences structurelles de l’architecture organisationnelle apparaissent aisément au premier coup d’œil. Le Coud souffre du portage des autres centres des oeuvres universitaires La question actuelle est d’ aller vers la mise en place d’une architecture organisationnelle des œuvres universitaires à l’image de celles en France, au Maroc etc. La concertation nationale a apporté une réponse pertinente .

Au risque de rater le train en marche, Il semble plus que nécessaire au regard des dysfonctionnements structurels, d’aller vers l’application des recommandations issues du conseil présidentiel condition sine qua non pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur, de la croissance et du développement durable . Souci du Président Macky SAll et de son gouvernement . N’est ce pas disait Jefferson que si l’enseignement coûte cher alors essayons l’ignorance.



M Ibrahima DIAO Auditeur International Diplômé
Cadre APR Communauté Rurale de Fass NGOM
Faradiao1@yahoo.fr


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