Hôpital de Sain-Louis: Un grand corps malade

Y a-t-il encore une once de sérénité pour s’occuper des patients au Centre Hospitalier universitaire (Chu) de Saint-Louis ? La question est loin d’être anodine. La structure sanitaire régionale qui porte le nom de feu le lieutenant-colonel Mamadou Diouf, croule sous le poids de l’endémique dette hospitalière. Dire que le centre hospitalier connaît des tensions de trésorerie, relève de la litote. Des fournisseurs courent depuis 2002, derrière des millions.

Dimanche 19 Août 2012 - 07:22

Hôpital de Sain-Louis: Un grand corps malade
Le ras-le-bol est perceptible, comme chez cette dame qui fournit du poisson à l’établissement depuis des années. Lasse de ne pouvoir rentrer dans ses fonds, elle s’est résolue à arborer du rouge pour venir réclamer avec un grand tintamarre, le silence légendaire de l’hôpital. La question de la dette gène au plus haut niveau. M. Babacar Thiandoum, le directeur de centre hospitalier interrogé, se garde bien de dévoiler un montant.

Mais les chiffres sont bavards. Le futur Centre hospitalier universitaire doit à l’Etat plus de 350 millions de francs en dette fiscale, cotisations sociales des travailleurs, etc. A contrario, l’Etat lui doit beaucoup de millions dans le cadre du «plan Sésame», des imputations budgétaires des fonctionnaires ou de la prise en charge des accouchements par césarienne. Les subventions annuelles respectives du gouvernement et du Conseil régional font figure de miettes, eu égard à l’immensité des besoins

Le déficit est tellement abyssal que les travailleurs qui partent à la retraite, après de bons et loyaux services, ne parviennent pas à faire valoir leurs droits à une pension. Pis, les veuves des décédés peinent à jouir des cotisations de leurs défunts époux, faute de reversement des cotisations sociales à l’Ipress et à la Caisse de Sécurité sociale.
Berlusconi à l’hôpital

Quelques fois de banales questions d’intendance peinent à être réglée comme le jour de notre passage où un membre du personnel, l’air dépité, nous montre des glacières disposés aux portes d’un service : «elles appartiennent à la banque de sang de Sor, mais elles sont là depuis la veille faute de carburant.»

Pendant ce temps, les pressions syndicales se multiplient pour le paiement des primes de motivation. Leur adversité aussi. «Il suffit que tu sois un militant du syndicat concurrent pour être considéré comme l’ennemi», se désole une infirmière.
Madame le chef du Service, contrôle de gestion de l’hôpital Lt Mamadou Diouf l’a appris à ses dépends. Pour avoir eu «l’outrecuidance de critiquer les pratiques du Sutsas, elle s’est attirée les foudres du syndicat auquel il a naguère appartenu. Dans une lettre au vitriol que lui a adressée personnellement Abdou Dione et ses camarades, les syndicalistes du Sutsas ne se sont pas contentés de démonter les arguments qu’elle a défendus publiquement au cours d’une assemblée générale du Sas, le syndicat concurrent. Les attaques ont franchi allègrement le seuil de l’indécence.

Dans cette lettre, à laquelle a été adjointe une convocation d’assemblée générale du Sutsas, à la date du 05 juillet dernier, la vie privée de la dame a tenu de fil conducteur à ses détracteurs : mariage, divorce, moralité, vie familiale. Silvio Berlusconi, ancien président du Conseil italien a été même convoqué. Non pas parce que El Caveliero a franchi les tropiques pour gagner Saint-Louis du Sénégal, mais plutôt par l’évocation, dans le courrier du Sutsas des soirées bunga-bunga, marque berlusconienne, où se côtoient argent, sexe et alcool.

Suffisant pour que Mme Guéye que certains de ses collègues qualifient de femme de caractère, porte l’affaire devant le procureur. Les responsables du Sutsas ont commencé à défiler

Mais depuis quelques temps, à l’atmosphère déjà délétère d’adversité syndicale, est venue se greffer un règlement de compte entre la section locale du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) et l’Agence comptable particulier de l’hôpital.

Le tract est l’outil favori des syndicats pour informer, dénoncer, ou défendre les intérêts des travailleurs. Cette fois-ci, c’est le genre épistolaire qui a été privilégié par un syndicat.

Lequotidien

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1.Posté par sangoule ndiaye le 19/08/2012 13:51 (depuis mobile) | Alerter
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