Journée internationale des femmes : Nder célébre ses héros

En ce lundi 8 mars où partout au Sénégal et dans le monde on célèbre la femme, Nder, le village mythique du Walo (nord) où il y a 191 ans de cela des femmes se sacrifièrent pour ne pas tomber entre les mains de négriers d’origine maure est plongé dans le plus grand anonymat, loin des flonflons et des grands discours magnifiant la gent féminine.

Mardi 8 Mars 2011 - 18:26

Journée internationale des femmes : Nder célébre ses héros
En ce lundi 8 mars où partout au Sénégal et dans le monde on célèbre la femme, Nder, le village mythique du Walo (nord) où il y a 191 ans de cela des femmes se sacrifièrent pour ne pas tomber entre les mains de négriers d’origine maure est plongé dans le plus grand anonymat, loin des flonflons et des grands discours magnifiant la gent féminine.
En effet, le temps semble s’arrêter à Nder et aucune manifestation officielle n’y est prévue pour rappeler qu’un jour de 5 mars 1820 la Linguère Mbarka Dia conduisit ses sœurs à la résistance à l’envahisseur venue du Trarza jusqu’à une fin tragique sous la forme d’un suicide collectif.
Brandissant ce grand acte de bravoure resté malgré tout vivace dans la mémoire collective des Sénégalais, l’association des jeunes de Nder a rendu hommage aux ancêtres du village, en organisant une manifestation dite ‘’Talataye Nder’’ (mardi de Nder).
L’occasion a été saisie pour entre autres cérémonies rappeler que tout est parti d’un mardi 1920, quand les voisins du Trarza qui entretenaient des relations conflictuelles avec le Walo, allié du colonisateur firent une escale dans le village déserté par les hommes.
Ces derniers étant absents pour une raison ou une autre, les envahisseurs s’en prirent aux femmes lesquelles déguisées en hommes avec les habits de leurs époux leur opposèrent une résistance farouche. Les Maures qu avaient pour alliés des Toucouleurs furent si contrariés qu’ils finiront par rebrousser chemin.
Mais, durant leur retraite, ils se rendront compte que leurs adversaires étaient plutôt des femmes. En effet, du fait du vent soufflant ce jour-là, le bonnet porté par l’une d’elles avait laissé entrevoir sa chevelure et les maures piqués par leur orgueil décidèrent de revenir à la charge pour capture les femmes et en faire des esclaves.
Epuisées par l’effort fourni et décidées à ne pas se laisser faire, les femmes de Nder menées par la Linguère Mbarka Dia se réunissent dans une case et y mirent le feu. Elles avaient convenu d’épargner une d’entre elles, Saydani Mafatim, afin qu’elle raconta aux hommes ce qui s’était passé.
’’Aujourd’hui, ce grand baobab reste le seul témoin vivant de ces faits’’, confie un habitant de Nder insistant sur le mythe de cet arbre qui se trouve à l’emplacement de l’ancienne cour royale. Une croyance bien ancrée dans ce village veut que les habitants de Nder y fassent certains sacrifices pour le repos des âmes de leurs ancêtres.
La cérémonie de commémoration entreprise par l’Association des jeunes de Nder a pour objectif, selon Pape Birame Niang, le coordonnateur du Comité d’organisation, de ‘’travailler à ne pas laisser mourir ce pan de l’histoire du pays’’.
’’Nous pensons que l’Etat doit mener une campagne de sauvegarde des sites historiques comme Nder, Diakhao, Yang Yang etc.’’, souligne Pape Niang déplorant le fait qu’’’aucun monument, aucune stèle ne permette d’immortaliser cet événement qui marque la fierté de la femme sénégalaise’’.
Ce village malgré son nom n’est même électrifié et les femmes continuent à y piler le mil à l’aide de pilons, a-t-il ajouté.
’’Les femmes de Nder sont habitées toujours par la même fierté et la même bravoure que leurs aïeules et nous demandons à l’Etat de penser à nous dans la dotation en moulins et autres facilités pour l’allégement des travaux domestiques’’, souligne, pour sa part, Fatou Thiore Diaw, une des responsables des femmes.
Le chef de village, Ndiaye Sarr Diaw souhaite, lui, un traitement à la hauteur de la renommée du village qui devrait pouvoir vivre de son passé par sa prise en compte par les autorités étatiques. Une Case des tout-petits reste jusqu’ici la seule infrastructure visible dans ce village dont les aïeuls ont marqué l’histoire de la femme sénégalaise.




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