L’Université Gaston Berger a abrité un débat public sur les poursuites contre Hissène HABRE sur le thème : « Pourquoi au Sénégal et quels apports éventuels pour l’Afrique ? ».

Jeudi 19 Février 2015 - 18:53

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis et le Consortium de sensibilisation sur les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) ont organisé le jeudi 19 février 2015 un débat public sur les poursuites contre l’ancien Président tchadien Monsieur Hissène HABRE sur le thème : « Pourquoi au Sénégal et quels apports éventuels pour l’Afrique ? ». Ce moment d’échange a été présidé par le Professeur Mbissane NGOM, Directeur de l’UFR des Sciences Juridiques et Politiques (UFR SJP), représentant le Recteur de l’UGB et Monsieur Mbacké FALL, Procureur Général des CAE.

Le Professeur Mbissane NGOM, dans son propos introducteur, a remercié le consortium de sensibilisation sur les CAE d’avoir choisi l’UGB pour abriter ce débat public. Pour la première fois, un ancien chef d’Etat africain doit être jugé de « crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de tortures » en terre africaine, a-t-il rappelé. Il a enfin magnifié la hauteur du débat qui regroupe des personnalités hautement impliquées dans ce procès.

Pour sa part, Monsieur Hugo JOMBWE, Expert en droit pénal international, a passé en revue l’obligation pour le Sénégal d’organiser le procès de Hissène HABRE. Ainsi, il a évoqué les trois principales raisons suivantes : la question des compétences avec la présence du prévenu au Sénégal ; les obligations du Sénégal de respecter les traités qu’il a signés en matière de droit international ainsi que la question d’ordre diplomatico-judiciaire avec la mise en place par l’Union Africaine et le Sénégal des CAE.

Quant à Monsieur Abdou Khadre LÖ, spécialiste en sciences politiques, il a axé son propos sur la perception du procès de HABRE par les Sénégalais. C’est ainsi que tout d’abord, il a reconnu le rôle important de la société civile nationale dans la vulgarisation des poursuites contre l’ancien Président de la Républiques tchadienne. Par rapport à cette perception, Monsieur LÖ a déclaré que des universitaires, des autorités coutumières et des hommes de médias sénégalais continuent de soutenir Hissène HABRE en évoquant des questions de panafricanisme, mais aussi de relations sociales qui les lient au prévenu. D’’autres acteurs, pour leur part défendent l’idée selon laquelle « il faut mettre fin à l’impunité en Afrique ». Ces derniers y voient une question de fierté pour la justice africaine de devoir juger ses propres présidents responsables de crimes.

Enfin, Monsieur Mbacké FALL, le Procureur Général des Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) a fait le bilan des procédures et a dégagé quelques perspectives pour le procès. Il a brièvement évoqué le passage de HABRE à la présidence de la République jusqu’à son exil au Sénégal, avec la plainte déposée par des citoyens tchadiens en 1991. A la suite de cela, Monsieur FALL a passé en revue l’ensemble des péripéties ayant conduit à la mise en place des CAE à travers l’accord du 22 août 2012 entre le Sénégal et l’Union Africaine et dont l’objectif premier, selon lui, est de « poursuivre et juger les principaux responsables de crimes contre le droit international ».

Par ailleurs, en ce qui concerne l’emprisonnement du prévenu, le Procureur Général a déclaré qu’il est motivé par les risques de « troubles à l’ordre public » avec les multiples convocations de HABRE. Il a également informé que tout un ensemble d’expertises ont été consultées et qui ont fait des enquêtes approfondies avec des rapports qui devront être étudiées au cours du procès qui devra commencer dans trois mois. A cet effet, a-t-il ajouté, près de 2500 personnes ont été auditionnées. Le procureur a aussi soutenu que la décision du prévenu de se taire n’empêche pas les juges de continuer leur travail d’instruction. C’est ainsi que selon lui, des mandats d’arrêt sont lancés contre cinq principaux collaborateurs du Président HABRE. Enfin, il a rassuré que toutes les procédures sont en train d’être suivies afin d’aboutir à un procès équitable.

A la fin des interventions, une place a été accordée aux débats avec le public qui a répondu massivement à ce débat.

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