LE NAIN BOITEUX (7)

Samedi 23 Mars 2013 - 19:27


Quant à Coumba Sira, elle était « la plus belle des perles de Pikine, une reine de beauté inégalable, descendante de la plus noble des lignées du pays des Bambaras ». Il est vrai que la jeune fille, avec son teint naturellement clair, habillée de pied en cap par le plus grand tailleur de la ville et coiffée par la plus habile tresseuse de la corporation, n’avait rien à envier à une princesse du royaume Chérifien. Sagement assis à ses côtés, tout petit, rabougri, noyé dans un grand boubou en basin chatoyant aux manches et au col garnis de broderies sophistiquées, se tenait le héros du jour, Ndiaga Niaaw, le nain dont la fortune avait eu raison de l’amour ! « Thièye ! » soupira un vieil homme invité aux festivités, « qui disait que l’argent ne fait pas le bonheur ?...Voilà bien la preuve du contraire !... »

Les tams-tams résonnèrent toute la journée dans les rues et ruelles avoisinant la maison de Ndiaga Niaaw ; les femmes, jeunes ou vieilles et même quelques travestis téméraires dansèrent et se trémoussèrent à qui mieux mieux au rythme endiablé des sabars et des djembés. Des repas gargantuesques furent plusieurs fois servis aux innombrables convives qui affluaient de tous les coins et recoins de Pikine. Pour tous ces pauvres bougres habitués au jeûne en toutes saisons, ce mariage hors du commun était une aubaine qui leur permettait de manger à leur faim et même de faire des réserves pour les jours à venir.

La journée se déroula donc dans la plus festive des ambiances et les réjouissances ne commencèrent à décroître qu’aux abords du crépuscule, à l’heure où les nombreuses mosquées du quartier lancent à la cantonade leurs tonitruants appels à la prière. Beaucoup d’invités se levèrent alors et enfilèrent prestement leurs babouches pour se diriger en toute hâte vers la mosquée de leur choix. La fête tirait à sa fin. Après les derniers repas qui devaient être servis un peu plus tard dans la nuit, les gens rentreraient chez eux, la panse rebondie, remerciant Ndiaga Niaaw de les avoir si bien régalés et se demandant, perplexes, comment allait se passer cette singulière nuit nuptiale et surtout, comment le nain allait-il s’y prendre !...

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Dans la grande chambre conjugale tapissée d’une douce odeur d’encens, Coumba Sira tremblait de tous ses membres et son cœur battait à tout rompre. Dans sa main droite, elle tenait un petit sachet contenant une fine poudre de couleur jaunâtre et s’efforçait de garder son sang-froid afin de pouvoir mettre à exécution avec toutes les chances de succès le plan concocté par son petit ami.

En fait la mystérieuse poudre jaune n’était rien d’autre qu’un puissant somnifère que Coumba devait s’arranger à faire boire au nain qui serait, dès la première gorgée, plongé dans un sommeil de plomb. Alors, lui, Fadel, viendrait à pas de loup toquer à la porte de la chambre du nain d’où il ressortirait avec sa bien-aimée à pas tout aussi feutrés, non sans avoir auparavant pris le soin de vider le coffre-fort bourré de liasses de billets de banque et laissant là Ndiaga Niaaw endormi, rêvant sûrement d’être dans les bras de sa jeune « femme ». Un rêve qui se transformerait à coup sûr en cauchemar lorsqu’il se réveillerait et ferait face à la brutale réalité ! (à suivre…)

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