Le procès de Karim s’ouvre demain : Un destin pour Wade

Mercredi 30 Juillet 2014 - 17:48

L’histoire ne manquera pas de retenir le procès de Karim Wade qui s’ouvre demain matin à Dakar. Toute l’affaire va porter sur le caractère licite ou pas de son patrimoine supposé mal acquis. Le verdict de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) est très attendu tout comme les preuves que brandira le prévenu.

Enfin, les juges de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) se dévoilent. Ils auront ce jeudi un prévenu et pas des moindres. Il s’agit de Karim Wade, inculpé et placé sous mandat de dépôt depuis le 15 avril 2013 pour «enrichissement illicite». L’épreu­ve servie à l’inculpé consiste à apporter les preuves de son patrimoine identifié et supposé mal acquis. Le Procureur spécial ne manquera pas d’en sortir, au regard des longues enquêtes qu’il a menées sur les biens supposés appartenir à l’ancien ministre d’Etat avant sa mise en détention provisoire, avant de transmettre le dossier à la Commission d’instruction.
Karim Wade devra écrire son histoire, marquer un tournant dans sa trajectoire d’homme politique en convainquant les juges et en balayant, preuves à l’appui, les conclusions du Parquet spécial et la Commission d’instruction de la Crei. Le dossier fut costaud lors de son inculpation. L’ancien président du Conseil de surveillance de l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (Anoci) pesait à l’époque, aux yeux du Parquet spécial, 694 milliards de francs Cfa (voir Le Quotidien du 17 avril 2013). Ce montant a été vivement contesté par ses avocats et ses proches. Par la suite, il a été revu à la baisse, depuis qu’il est établi que la société Dubaï port world, placée sous administration provisoire, a été enlevée de son patrimoine. Les choses semblaient aller dans un sens dégressifs lorsque surgissent les comptes de Monaco.

La bataille de Paris, un «patrimoine» revu en baisse
La mission envoyée par la Commission d’instruction de la Crei dans la Principauté est rentrée à Dakar avec une découverte de 99 milliards de francs Cfa. Il fallait pousser les enquêtes plus loin, au bord de la Seine. L’idée de la mise en place d’une Commission rogatoire internationale a été agitée. Parallèlement, une plainte avait été déposée auprès du parquet de Paris. Ces deux initiatives de la Commission d’instruction et du gouvernement du Sénégal n’ont pas donné de résultats. D’ailleurs, les partisans de Wade-fils se sont réjouis d’avoir gagné en quelque sorte la bataille de Paris. Toutefois, la Commission d’instruction ne s’en est pas arrêtée là. Elle a envoyé une commission rogatoire internationale à Singapour où des transactions portant sur les dizaines de milliards de francs Cfa supposées appartenir à Karim Wade auraient été retracées. Mais cette fois, le mis en cause a lancé une contre-offensive en attrayant en justice Alboury Ndao, administrateur provisoire de Dubaï port world. Il l’a accusé d’avoir fourni des informations erronées à la Crei. L’affaire attend d’être vidée par la cour. Qu’à cela ne tienne, les biens supposés mal acquis et appartenant à l’ancien ministre d’Etat ont été dévalués. Aux derniers décomptes de la Commission d’instruction, un montant de 117 milliards de francs Cfa a été avancé, puis celui de 71 milliards.

Un avenir politique en jeu
Le procès sera donc l’occasion pour la Crei et pour le prévenu d’apporter la lumière sur le caractère illicite ou licite des biens de Karim Wade, voire sur leur existence ou pas. Ce dernier aura à ses côtés ses supposés complices que sont Bibo Bourgi, Mamadou Pouye et autres. A coup sûr, ce procès aura une exploitation tout comme l’a été toute la procédure qui a duré plus de deux ans. Certains Libéraux ont toujours assimilé les poursuites lancées contre Karim Wade à une volonté d’anéantir un potentiel adversaire de Macky Sall à la prochaine élection présidentielle. Avec l’emprisonnement, d’autres pensent que Macky Sall est en train de construire un redoutable adversaire pour 2017. C’est dire que le jeu politique en cours au Sénégal pourrait évoluer à partir du jour où le juge donnera son verdict. De tels arguments n’ont pas empêché le Parti démocratique sénégalais (Pds) et ses conseillers juridiques de dénoncer le caractère illégal de la Crei.
Toutefois, la bataille menée à la Cour de justice de la Cedeao basée à Abuja (Nigeria) a été cependant perdue. Plus récemment, la Cour suprême du Sénégal a obtenu une réponse du Conseil constitutionnel sur la constitutionalité avérée de la juridiction spéciale incriminée par les avocats de Karim Wade. Ayant sur leurs épaules la défense de Wade-fils, la balle est aujourd’hui dans leur camp.

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