Le programme de la visite du président Macky SALL à Saint-Louis.

Vendredi 24 Octobre 2014 - 13:47

L’agropole de Fass Ngom sera la première étape de la visite du président de la République à Saint-Louis prévue ce 26 octobre 2014. Macky Sall se rendra ensuite à la Société nationale d'aménagement et d'exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal (Saed) où les différents travaux et programmes de relance de l’agriculture y seront exposés. Le Chef de l’État se rendra ensuite au stade de Médine avant d’aller au port polonais qui bénéficie d’un important financement pour sa réhabilitation. Après une journée bien remplie, Macky Sall se rendra à Richard Toll et Ndioum pour visiter des travaux routiers et Hydro agricoles du Millénium Challenge Account.


Tournée économique du Chef de l’Etat au Nord : Agriculture, élevage, pêche et tourisme au menu


Les autorités administratives, politiques, coutumières, religieuses et les populations des départements de Saint-Louis, Dagana, Podor, Matam, Kanel, Ranérou et Bakel, sont mobilisées depuis plusieurs semaines pour préparer la visite du chef de l’Etat.

Le président Macky Sall est attendu dans le delta et la vallée du fleuve Sénégal où il devra, pendant 5 jours et dans une grande tournée économique, visiter l’agropole de Fass-Ngom, les périmètres irrigués des régions de Saint-Louis, Matam et d’une partie de la région de Tambacounda, s’entretenir avec les responsables des organisations paysannes du delta et de la vallée du fleuve Sénégal, sur les enjeux et les perspectives du Plan Sénégal émergent (Pse), de la réforme administrative relative à l’Acte 3 de la décentralisation, de la réhabilitation du barrage de Diama, de la politique du gouvernement en sécurité alimentaire, autosuffisance en riz, développement local, etc.

En réalité, tous les problèmes de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, du tourisme et autres secteurs de l’économie nationale, seront au cœur des échanges prévus entre le chef de l’Etat et les populations des régions de l’axe nord de notre pays. Mais aussi et surtout, les problèmes de la brèche, du renouvellement des licences de pêche, de l’assainissement de la vieille cité, de la lutte contre les inondations... Selon l’adjoint au gouverneur chargé des affaires administratives, Babacar Bâ, toutes les dispositions sécuritaires ont été prises par le gouverneur, Ibrahima Sakho, pour que cette tournée économique du chef de l’Etat se déroule dans de très bonnes conditions.

De Saint-Louis à kassack nord en passant par Ross-Béthio, Mboundom, Diawar, Ronkh et autres localités du delta, les producteurs se félicitent déjà que le président de la République soit « très sensible aux problèmes auxquels les agriculteurs sont quotidiennement confrontés », rappelant qu’il a déjà épongé la dette paysanne estimée à 11,5 milliards de FCfa dans la Vallée et dans l’Anambé.
Pour Biram Daouda Dieng, Ahmet Diagne, Ndèye Rokhaya Ndiaye et autres riziculteurs établis à Pont Gendarme, Ndioungue Mbéress, Tilène, cette visite leur permettra ainsi de « témoigner leur reconnaissance et leur gratitude au chef de l’Etat », exhortant les populations de la vallée à lui accorder un accueil triomphal.

Ils se sont réjouis « des efforts constants et louables » du chef de l’Etat et du gouvernement qui ont dégagé une enveloppe de 32 milliards de FCfa qui permettra d’accompagner l’autosuffisance en riz, d’acquérir du matériel agricole, de financer la commercialisation agricole, de réhabiliter les périmètres irrigués et de résoudre d’autres problèmes relatifs au développement agricole dans notre pays.

Un pôle sûr et viable de développement

Dans la mise en œuvre du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture (Pracas) et en référence au Pse, la vallée peut être un pôle économique viable du fait de ses atouts et opportunités. C’est pourquoi elle est considérée comme l’un des principaux corridors céréaliers et un important levier de développement agro-industriel.
D’importants investissements, avec des infrastructures routières, hydro-agricoles (sur un potentiel irrigable de 240.000 ha, plus de 116.000 ha ont été aménagés et répartis entre les régions de Saint-Louis, Matam et le département de Bakel dans la région de Tambacounda) ont été réalisés dans cette zone. Egalement, l’Etat s’est engagé à réaliser des infrastructures structurantes de dernière génération pour une garantie d’accès à l’eau, une protection contre les crues, un exutoire de drainage.
Ces réalisations font de la vallée, selon Seyni Ndao, directeur adjoint de la Saed, un pôle d’attraction des investisseurs nationaux et étrangers. En soutien à l’agriculture irriguée de la vallée, près de 200 milliards de Cfa sont financés par les partenaires techniques et financiers, compte non tenu des financements Bci dans le cadre du Volet Riz du Pracas (19 milliards de FCfa pour la vallée).
Dès lors, cette confiance des partenaires techniques et financiers, combinée à la rentabilité des capitaux investis, justifient amplement l’option du chef de l’Etat d’accorder une priorité à l’agriculture irriguée dans la zone. Les interventions de l’Etat pour le développement de cette agriculture vont se poursuivre et seront axés sur 3 niveaux : l’amélioration de la base productive à travers l’extension et la réhabilitation des aménagements hydro-agricoles ; l’augmentation de la production via les mesures incitatives destinées à accroître la production et la commercialisation à travers la mise en place d’un fonds de commercialisation du riz local et la construction de magasins de stockage.

Les résultats fort appréciables obtenus dans la riziculture de la vallée du fleuve Sénégal, tant sur la productivité que sur la qualité du riz blanc, constituent des arguments sûrs pour soutenir davantage ce pôle de développement pour lequel des marges de progrès sont à conquérir. A titre d’exemple, l’exploitation de 2 ha en riz, avec un rendement de 10 tonnes à l’hectare et par des cultures de diversification permet à un producteur familial d’atteindre un revenu annuel de 333.000 FCfa/mois, supérieur au salaire d’un cadre moyen de la fonction publique. Ce chiffre ne tient pas compte des possibilités de valorisation des sous-produits pouvant servir aux autres secteurs tels que l’élevage.

Le défi de la sécurité alimentaire
L’instauration progressive d’un partenariat sain et productif entre les secteurs privé et public, favorisera, à coup sûr, l’atteinte, à la vallée, des objectifs de la politique agricole du président Macky Sall, définis à travers le Pse, a déclaré le directeur général adjoint de la Saed, Seyni Ndao. Ces objectifs tournent essentiellement autour du renforcement de la sécurité alimentaire du Sénégal, du développement des filières intégrées compétitives à haute valeur ajoutée et porteuse de croissance (chaînes de valeur riz, tomate, oignon, etc.), de la préservation des équilibres socio-économiques, de la dynamisation de l’économie rurale.
Même s’il est certain que tous les investissements réalisés et les nombreuses mesures prises par l’Etat vont booster les filières, des défis majeurs sont encore à relever dans toutes les filières, particulièrement la riziculture, mais également celles à haute valeur ajoutée (tomate, oignon, principalement). En plus de cet environnement économique favorable, les importants outils de planification et de gestion foncière existants font de la vallée une zone de référence en gouvernance territoriale dans le contexte de l’Acte 3 de la décentralisation.

Cet environnement particulièrement favorable fait de l’agriculture un secteur pourvoyeur d’emplois. Les opportunités d’investissement dans la production, en amont (aménagement, irrigation, prestations diverses) et en aval (récolte, battage, transformation) favorisent la promotion d’un secteur privé national et étranger. Ceci constitue incontestablement un avantage comparatif et un important levier pour la résorption du chômage.

700 emplois peuvent être créés dans l’agropole de Fass-Ngom
La visite économique du chef de l’Etat permettra de plaider pour la mise en service de l’agropole de Fass-Ngom. « Une infrastructure qui peut générer plus de 700 emplois dans cette localité. L’agropole compte une unité de conservation de produits maraîchers et un abattoir », a expliqué Aliou Sarr, ancien président de la communauté rurale de Fass, nouveau maire de cette commune. Il invite le gouvernement à mettre à la disposition de ses administrés, cet agropole, construit et équipé en 2004 par des partenaires espagnoles pour un coût global de 6 milliards de FCfa.

Mansour Faye, maire de Saint-Louis : « Cette visite permet de sensibiliser sur les enjeux du Pse »
Le premier magistrat de la ville tricentenaire de Saint-Louis, Mansour Faye, a estimé que la tournée économique du chef de l’Etat qui démarre dimanche, lui permettra de tâter les réalités du terrain.
Cette visite technique qui lui permettra de longer tout le littoral nord, entre, selon Mansour Faye, dans les activités tendant à renforcer la structuration de l’économie sénégalaise. A en croire le maire de Saint-Louis, cela fait des axes du Plan Sénégal émergent (Pse), « un plan/programme ambitieux qui s’intéresse également à la bonne gouvernance et à l’inclusion sociale ».

Pour M. Faye, la région Nord qui constitue un potentiel important pour le développement économique du Sénégal, est une zone très importante. Elle peut même être considérée comme l’accélérateur de la croissance économique. Autant de raisons pour lesquelles, de l’avis du ministre, il est bon de visiter les périmètres irrigués villageois, à s’entretenir avec les acteurs du développement rural sur la nécessité d’atteindre les objectifs du Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar), qui consistent à produire, d’ici à 2017, plus de 1.600.000 tonnes de paddy, équivalant à 1.080.000 tonnes de riz blanc. Une tournée qui permettra aussi au président Macky Sall et aux populations du Nord de réfléchir sur les stratégies à mettre en œuvre pour améliorer la production et la commercialisation de la tomate industrielle, de l’oignon, de la patate douce, du maïs, du mil et autres céréales, pour développer l’horticulture, l’aquaculture, l’ostréiculture, etc. La pêche fait partie aussi des préoccupations puisqu’il sera question du canal de délestage des eaux de pluies, communément appelé « la brèche ». Selon le maire, le chef de l’Etat s’imprégnera du phénomène récurrent des raz-de-marée dus à l’érosion côtière et maritime et les conséquences désastreuses engendrées par l’aménagement, depuis 2003, par l’Etat, d’un canal de délestage des eaux dans l’embouchure du fleuve Sénégal en vue de protéger Saint-Louis des inondations. Aujourd’hui, la brèche ne cesse de s’agrandir et des centaines de pêcheurs de la Langue de Barbarie continuent d’être victimes de naufrage.

Mansour Faye invite le chef de l’Etat et le gouvernement à étudier, avec l’appui de nos partenaires extérieurs, les solutions adéquates à ce problème environnemental qui impacte sur la vie des populations de la Langue de Barbarie et autres communautés de pêcheurs de Guet-Ndar, de Santhiaba, de Gokhou-Mbathie, de l’hydrobase, du Gandiolais. La visite permettra également d’évoquer le problème de la construction d’un port fluvial à l’hydrobase, les questions relatives à la mise en œuvre du programme de développement touristique de Saint-Louis, ville classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Seyni Ndao, directeur general adjoint de la Saed : « Le Pse est un pari sur l’agriculture »
« La vallée du fleuve Sénégal, un pôle de développement économique viable dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent ». C’est le thème d’une grande conférence publique organisée, samedi dernier, à Saint-Louis, dans les préparatifs de la visite du chef de l’Etat, par la Convergence des cadres républicains (Ccr). Elle a été animée par le directeur général adjoint de la Saed, Seyni Ndao.
Considérant le Pse comme une vision construite à partir d’un diagnostic profond de l’économie sénégalaise, M. Ndao a rappelé que le développement économique et social du pays est marqué par de nombreuses et profondes mutations du fait d’un infléchissement de la trajectoire de la croissance au cours des deux dernières décennies. La pauvreté ne cesse de croître et les disparités territoriales se font de plus en plus ressentir.

Malgré la bonne dynamique dans la sous-région ouest-africaine, a-t-il précisé, l’économie sénégalaise est restée peu productive, avec une croissance de moins de 5%, ne favorisant pas les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques à fort impact. Ce qui constitue une contrainte majeure à la transformation structurelle de l’économie. L’analyse sectorielle montre que les secteurs productifs contribuent faiblement à l’économie. C’est particulièrement le cas du secteur primaire qui représente, en moyenne, moins de 20 % de la structure de l’économie. On constate ainsi, selon Seyni Ndao, une baisse continue de la contribution de l’agriculture dans le Pib, alors qu’elle occupe près de 70 % de la population sénégalaise. Entre 2000 et 2012, elle n’a pas dépassé 7,6%.

Ce sous-secteur qui repose à 90 % sur des exploitations familiales, fait face à de réelles difficultés comme l’accès aux facteurs de production ; le faible niveau de mise en valeur des aménagements hydro-agricoles ; la forte dépendance vis-à-vis des cultures pluviales et donc des aléas climatiques ; l’accès aux marchés et la faible valorisation des produits exportés. Pourtant, fait-il remarquer, le Sénégal dispose « d’atouts et d’opportunités » dans le domaine agricole pouvant stimuler la croissance économique.
Pour Seyni Ndao, le Pse est un pari sur l’agriculture comme « secteur productif prioritaire » pour booster la croissance économique. Partant d’une analyse rétrospective des atouts, défis et opportunités de notre économie, le chef de l’Etat a initié le Pse qui, selon M. Ndao, constitue le référentiel de la politique économique du pays, dans le moyen et long termes. Il a noté que l’agriculture constitue un des secteurs productifs prioritaires pour placer l’économie sénégalaise sur un sentier de croissance plus élevé et durable de 7 % par an.

Mountaga Sy, directeur general de l’Apix : « Nous entrons dans la phase opérationnelle du Pse »
Le directeur général de l’Apix, Mountaga Sy, a précisé que le Pse est une transformation structurelle de l’économie sénégalaise avec une société solidaire dans un Etat de droit.

En marge de la conférence publique de l’Apr, Mountaga Sy a souligné que le pays est dans la phase opérationnelle du Pse. Pour lui, tous ceux qui accompagneront le chef de l’Etat dans cette grande tournée économique s’en rendront compte. « Une première vague de projets est lancée et d’autres projets seront bientôt mis en œuvre. L’objectif du Pse consiste à doter notre pays d’une croissance moyenne du Pib de 7 % pour les 5 prochaines années. L’horizon temporel et global de ce Plan/Programme très ambitieux du président Macky Sall va jusqu’en 2035 », a-t-il expliqué.

Pour M. Sy, l’augmentation du taux de croissance du Pib se transformera, dans la réalité du vécu des Sénégalais, par l’augmentation du Pib par habitant qui devrait passer de 1.000 à 1.500 dollars Us dans les 10 prochaines années. « Ce sera un réel progrès pour le Sénégal, qui devra nécessairement s’appuyer sur la mise en œuvre d’un programme d’infrastructures structurantes, à savoir 1.360 km de voie ferrée, 1.170 km de pistes rurales, 4.000 km de route bitumée et 1.000 MW d’énergie électrique additionnelle », a-t-il dit.
Derrière cette ambition d’objectifs économiques, le président Macky Sall, selon Mountaga Sy, a compris que le Pse doit aussi avoir un objectif d’inclusion sociale qui permettra de créer, chaque année, 100.000 à 150.000 emplois, d’avoir une couverture médicale universelle de 75 %. Il s’agira aussi d’ajouter 4 moteurs de croissance à l’économie sénégalaise. Il s’agit de l’agriculture, de l’agro-alimentaire, du tourisme et de l’habitat social.

Dossier réalisé par Mbagnick Kharachi Diagne

NDARINFO.COM

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