Lettre ouverte au Président Macky Sall: Mais où donc est passé le Fonds d’aide à l’édition ?

Mercredi 23 Mai 2012 - 01:21

Lettre ouverte au Président Macky Sall: Mais où donc est passé le Fonds d’aide à l’édition ?
Après les travaux de sessions budgétaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat pour l’année 2011, j’ai méticuleusement parcouru le document officiel présentant le tableau récapitulatif par titre chapitre, article, paragraphe et ligne. Après mon investigation, je me suis réjoui de constater qu’à la page 16 du tableau en question, il a été inscrit au chapitre 51422264010, un montant de 515 009 000 F CFA (Cinq Cent quinze millions neuf mille francs CFA) au budget affecté à la Direction du Livre et de la Lecture, pour constituer le « Fonds d’Aide à l’Édition », placée sous la tutelle du Ministère de la Culture et du Tourisme. Ce montant, par un coup de baguette magique a été subitement réduit à la somme de 437 108 460 F CFA (Quatre cent trente sept millions cent huit mille quatre cent soixante) francs CFA.

Si le gouvernement du régime précédent s’en était limité là, les éditeurs et écrivains auraient pu bon an mal an, contenir leur légitime colère. Mais ce qui s’est passé après est tout simplement ahurissant. En effet, depuis le départ du Docteur Serigne Mamadou Bousso Lèye du Ministère de la Culture, les 437 108 460 F CFA destinés au financement de la chaîne du livre y compris la promotion des ouvrages publiés ont disparu. Aucun écrivain, aucun éditeur n’a reçu un seul kopek provenant de ce fonds.

Ainsi, la Direction du livre et de la Lecture s’est retrouvée avec « zéro franc » ! Et pourtant, bien que les détracteurs du Dr. Bousso Lèye se soient mis à le fusiller après l’avoir accusé de tous les péchés d’Israël, ce Ministre de la République quoi qu’on puisse dire de lui, à beaucoup soutenu les éditeurs et les écrivains. Il a beaucoup mieux fait que ceux qui l’ont remplacé et qui n’ont jamais cessé de nous pomper l’air et de nous inonder de stériles vœux pieux, avant d’être balayés par l’ouragan de l’espoir «Yaakaar» qui souffla sur le Sénégal, un certain 26 février 2012.

Voilà donc que durant deux années budgétaires, les écrivains et les éditeurs ont été arbitrairement privés de ces fonds que la loi leur a octroyés au même titre que le Fonds d’aide à la presse et le Fonds d’aides aux artistes et au développement de la culture. Le fonds d’aide à la presse est régulièrement distribué chaque année aux ayants droit de la presse, même s’il y a parfois des insatisfaits.

Je ne sais pas si les artistes le savent, mais je leur apprends qu’ils bénéficient eux aussi d’un budget qui s’élève à 593 221 000 F CFA (cinq cent quatre-vingt-treize millions deux cent vingt et un mille) francs CFA. Je ne vais pas me battre pour les artistes, car je suis sûr qu’ils sauront se défendre et défendre leurs intérêts mieux que je ne saurais le faire à leur place. D’autant plus que le nouveau Ministre Youssou Ndour est un des leurs et que probablement, il ne les abandonnera pas.

Quant à nous écrivains et éditeurs, nous interpellons le Président Macky Sall et son Gouvernement pour qu’ils fassent mener de toute urgence, des investigations pour traquer les ressources du Fonds d’aide à l’édition qui ont disparu curieusement et que nous n’avons pas reçues depuis deux ans !!

Je voudrais rappeler aux pouvoirs publics qu’un écrivain digne de ce nom ne quémande jamais. Il sauvegarde soigneusement son indépendance et sa dignité. Il est toujours animé d’humilité et de générosité. Il ne fait les éloges de personne et ne tend jamais les cinq doigts de sa main droite pour mendier. Il préfère garder la tête haute et indexer l’autorité tout en le regardant droit dans les yeux, avant de lui réclamer, sans agressivité inutile, ni complaisance douteuse les droits que lui confèrent les lois et règlements de notre pays, au nom du Peuple sénégalais.

Le fonds d’aide à l’édition n’est pas un « fonds politique ». Il est destiné à soutenir et à accompagner la filière du livre, depuis la fabrication jusqu’à la promotion. Il ne doit pas être géré en secret et dans une certaine nébulosité par d’obscurs fonctionnaires mus par leurs intérêts personnels ou politiques. Il ne doit pas non plus être attribué à de faux éditeurs qui en réalité ne sont que de minables imprimeurs qui ne maîtrisent même pas les techniques de l’édition. Il est établi que certains éditeurs qui se comportent en simples commerçants, exigent des nouveaux écrivains, le paiement préalable d’un montant déterminé pour qu’ils éditent leurs manuscrits. En plus certains d’entre eux sont incapables de verser aux écrivains la plus petite somme à valoir au moment de la signature du contrat d’édition ! Ce qui me paraît tout à fait injuste, honteux et lamentable !

Toutefois, tous les éditeurs ne sont pas des minables. Cela va de soit. C’est la raison pour laquelle ceux d’entre eux qui sont compétents, honnêtes et sérieux devraient bénéficier d’une bonne part du marché de l’édition des manuelles scolaires et livres didactiques commandés par le système éducatif de notre pays. Cela est un impératif pour le Gouvernement du Sénégal et beaucoup de pays agissent ainsi, car l’édition est un acte de souveraineté nationale.

Je me dois enfin, de rappeler que ce fonds d’aide à l’édition est particulièrement destiné aux vrais écrivains qui dans leur travail solitaire, usent inlassablement leur énergie intellectuelle dans le but de produire des ouvrages de qualité, pour au bout du compte, se contenter de miettes et ne percevoir que moins de 10 pour cent du prix de chaque livre, en guise de droit d’auteur. Ce qui évidemment, ne permet à aucun écrivain de vivre de sa plume, surtout s’il a affaire à une certaine bande d’éditeurs nationaux ou étrangers cupides et malhonnêtes qui exploitent les écrivains et vivent de la sueur de ces accoucheurs de poésies, de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre et d’essais.

Monsieur le Président de la République, les vrais écrivains et les vrais éditeurs du Sénégal vous regardent droit dans les yeux et vous posent la question suivante : Où donc est passé le fonds d’aide à l’édition ?
Nous vous écoutons Monsieur le Président !

Moumar GUEYE
Écrivain
E-mail : moumar@orange.sn



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1.Posté par Abdoukhadre SOW le 04/06/2012 17:15 | Alerter
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Conseil des Ministres à Saint-Louis

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

Monsieur le Président de la République
C’est un grand honneur pour les saint-louisiennes et les saint-louisiens d’accueillir le premier Conseil des Ministres décentralisé de l’histoire de Sénégal.
Les présidents Léopold Senghor, Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE, ont eu à organiser des Conseils Spéciaux quii furent toutes grandioses, sollennelles, pathétiques et bien assaisonnées par de mirobolantes promesses.
Aujourd’hui, Saint-Louis croule sous le poids de multitudes promesses prononcées, plus pour briser l’esprit frondeur des saint-louisiennes et des saint-louisiens que pour éradiquer les éternels et lancinants problémes de la vielle cité tricentenaire (353 ans).
Monsieur le Président de la République
Au-delà du symbolisme de votre initiative, Saint-Louis ne retiendra de ce premier Conseil des Ministres décentralisé : que la mise en chantier des six (06) maux suivants :
1 – Extension du périmétre communal
Saint-Louis compte aujourd’hui 201315 habitants qui occupent 45 km²; alors que le département de Saint-Louis, officiellement créé en 2002, (ce qui a mis fin à plusieurs années de lutte et de revendications), compte 879 km², pour 271912 habitants.
74.04% de la population du département vivent sur 05,12% de la superficie totale du même département.
Saint-Louis reste toujours confinée dans ses limites depuis sa création.
Son extension est donc une nécessité impérieuse
2 - Redécoupage des collectivités locales du département
Le redécoupage et le redimensionnement des collectivités locales de ce petit département est une necessité vitale.
En effet déjà des conflits de territorialité sont constatés çà et là qu’il conviendrait d’étouffer dans l’œuf.
3 – Lutte contre l’érosion marine
Saint-Louis est sérieusement menacée de disparution par l’avancée inexorable de la mer, de vigoureuses actions sont donc nécessaires.
4 - Navigabilité du fleuve
Saint-Louis est la plus belle ville du monde, ses avantages touristiques, cultures et environnemental sont immenses, et le fleuve constitue un atout majeur. C’est pourquoi le dragage du fleuve sénégal maintes fois promis et maintes fois occulté constitue une demende pressante.
5 – Bréche
Edifiée dans la précipitation, afin d’éviter l’envahissement de Saint-Louis par les eaux. La bréche continue de s’élargir et constitue un véritable danger, mais encore et surtout, une perte importante de cette source de vie qu’est l’eau qui, canalisée, pourrait au moins être dirigée vers les zones qui en ont besoin.
6 – Pêcheurs et accords avec nos voisins mauritaniens
- Repos biologique et raréfection inquiétante du poisson.
- Licences de pêche octoyées par la Mauritanie, qui doivent non seulement augmenter en nombre mais aussi diversifier les espéces autorisées (les poissons nobles)
- Règlement définitif des arraisonnements intempestifs et des agressions commis par les services mauritaniens.
- Balisage et présence dissuasive permanente de nos services de sécurité le long de nos côtes.
- Déclinaison plus précise des limites territoriales réelles de nos frontiéres avec la Mauritanie.
Convaincu que ce premier Cconseil des Ministres décentralisé de l’histoire du Sénégal, ne sera pas une nouvelle opération de charme mais l’expression d’une ferme volonté de changement de qualité et une nouvelle vision plus pragmatique.
Bienvenue à Saint-Louis, monsieur le Président de la République, nos priéres vous accompagnent !!!

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