Libre depuis 25jours, le présumé terroriste, Bachir Sidibé se confie: «Comment je mène ma nouvelle vie…»

«Injustement» emprisonné dans les prisons mauritaniennes en décembre 2010, pour terrorisme et accusé de recruter pour Al Qaîda, Bachir Sidibé, 33 ans, a vu sa vie basculer dans une spirale hallucinante de violences. Victime de torture et de sévices, il a clamé partout son innocence. En vain. En octobre 2011, il est condamné à 3 ans de réclusion par la cour criminelle de Nouakchott. Sa peine purgée, il est maintenu dans les liens de la détention. De guerre lasse, il entame une grève de la fin pour réclamer justice. 25 jours après sa libération, Bachir raconte sa nouvelle vie.

Mercredi 29 Janvier 2014 - 09:38

Libre depuis 25jours, le présumé terroriste, Bachir Sidibé se confie: «Comment je mène ma nouvelle vie…»
Il est revenu de loin. De très loin. Et a vu la mort de près. Mais, Bachir Sidibé a le moral des vainqueurs qui sont sortis grandis du match de leur vie. Le sien se jouait non loin des terres sénégalaises, sur le sol aride de la Mauritanie. Dans les cachots humides du pays de Mouhamed Ould Abdel Aziz, Bachir Sidibé a vécu le pire avant d’être libéré après 3 ans de prison et 8 longs jours de grève de la faim. Aujourd’hui, entouré de la chaleur familiale et de la tendresse des siens, il tente de se refaire une peau neuve. Et reprend goût à la vie aux côtés de son épouse et de sa mère, Bineta Baldé.

Au domicile familial des Hlm Grand-Yoff, sa vie se conjugue désormais au présent simple, suivant une routine toute singulière, partagée entre le repos et ses rendez-vous hebdomadaires à l’hôpital pour panser ses plaies et soigner les maux chroniques qui pourrissent son quotidien d’ancien bagnard. «Depuis que j’ai foulé le sol sénégalais, je n’ai pas d’activités particulières. Mes journées se résument au farniente et à mes rendez-vous à l’hôpital de Fann pour le traitement de mes 4 dents qui me faisaient terriblement souffrir alors que je croupissais en prison. Mon asthme que j’ai contracté depuis mon enfance s’est aussi aggravé, suite à mon long séjour dans les geôles humides de la prison, mais je suis à la recherche de spécialistes qui pourront m’aider, afin de traiter mon mal», souffle-t-il, la voix empreinte de retenue au bout du fil. Et comme pour le narguer, une sournoise douleur aux reins, séquelle de ses 8 jours de grève de la faim, commence à le tenailler sérieusement.

Mais, Bachir Sidibé dédramatise : «Je ne pense pas que cela soit trop méchant et les médecins m’ont recommandé de faire des analyses pour situer le mal.»
La seule note gaie de son séjour et Bachir pense que cela relève de la Providence, c’est que son séjour carcéral n’a en rien altéré son mental. Qui est resté intact et d’acier. La prison a eu raison de lui physiquement, mais ne l’a pas atteint psychologiquement. Il confie, le sourire aux lèvres : «Grace à Dieu, je ne traîne aucune séquelle psychologique, ni de troubles psychiques. Et depuis mon retour, je n’ai pas ressenti le besoin d’aller me faire consulter par un psychologue.» Quid du regard de la société et de ses voisins ? «Il n’a pas changé d’un iota. Mes voisins ont été extrêmement gentils et ont soutenu ma famille durant l’épreuve. Je suis né et j’ai grandi devant eux, il garde toujours la même estime pour moi et c’est réciproque. Ils ne me jugent pas et me considèrent plutôt comme leur fils. Jusqu’à présent, il ne se passe pas un seul jour sans qu’ils ne passent me voir à la maison pour s’enquérir de l’état de ma santé», lâche-t-il.

«Je réfléchis à ce que je vais faire de ma vie»
Professeur de Français en Mauritanie avant d’être emprisonné, Bachir ne se trace pas encore de perspectives pour l’avenir. Il préfère se donner du temps pour réfléchir et savourer pleinement sa liberté. Dans tous les cas, une constante demeure immuable dans son discours, un retour en Mauritanie ne fait pas partie de ses plans d’avenir. Et une action en justice contre les autorités policières mauritaniennes n’est pas à écarter. «Certaines autorités sénégalaises m’ont proposé d’entamer une action judiciaire contre les autorités mauritaniennes, mais rien n’est encore fait et j’attends que les autorités sénégalaises prennent les mesures idoines. Un gars du ministère de l’Intérieur est venu me voir et m’a posé un tas de questions et j’attends toujours. Mais une chose est sûre, jamais au plus grand jamais, je ne retournerai en Mauritanie», souffle-t-il. Chat échaudé…

GFM

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1.Posté par Sonar le 30/01/2014 11:23 | Alerter
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les mauritaniens ne respectent pas la dignité humaine. Ce sont de vrais raciste qui nous prennent pour des chiens. aller à la frontière pour vous en rendre compte.

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