Musique - Sénégal : Faada Freddy, l'enfant de Saint-Louis, un dandy conquérant

Ses concerts affichent complet. Le prochain, celui de la Cigale ne fera pas exception. Il sera à l'image de ceux du Trianon ou du New-Morning. Dans le public, les fans de la première heure mais aussi ceux qui, grâce au bouche à oreille, leur ont emboîté le pas. Quelques signes : Lenny Kravitz en personne, venu l’écouter à la Bellevilloise, une salle de concert parisienne, a déclaré : "The guy is amazing !" ("Ce mec est formidable !"). Alors que son album** n’était pas encore sorti, il a été invité à venir chanter pour la fête des 30 ans de Canal Plus. Ne parlons pas de l’émission musicale de Naguy, Taratata, qui lui a déroulé le tapis rouge. Enfin, petit à petit, des centaines d’anonymes se pressent, chaque fois un peu plus nombreux pour l’écouter chanter.

Mardi 14 Avril 2015 - 23:06

Car depuis un peu plus d’un an et demi, le leader du groupe de hip-hop sénégalais Daara J Family testait sur scène les premiers titres de son premier album solo, baptisé "Gospel Journey". Sorti le 16 mars dernier, cet opus de 11 titres, réalisé dans les studios de ThinKZik à Dakar, est déjà un des "best" sur Itunes. À Dakar, la capitale du Sénégal, cette nouvelle carrière a transformé Faada Freddy en une sorte de "Tintin", dit-il, que tout le monde veut re-découvrir. Car qui, de Guédiawaye à la Medina pouvait prédire à cet enfant de Saint-Louis, petit prince des musiques urbaines, qu’il bruncherait un jour avec la Princesse Caroline de Monaco après un concert et une soirée orchestrés par Karl Lagerfeld ?

La magie Faada Freddy, d’abord une voix...

Chaude, profonde, magnétique, avec une tessiture, un groove et des accents capables de nous emmener partout : du côté du jazz, de la soul, du rock, du rap bien-sûr, mais aussi du raggamuffin ou du gospel. La voix, c’est justement le fil conducteur de l’album "Gospel Journey", réalisé sans aucun instrument de musique. La grosse caisse ou la guitare que l’on croit percevoir ? Ce sont des sons produits par la bouche de Faada et ses comparses chanteurs. On appelle ça le "beatboxing". Une idée du producteur Malick N’Diaye, le même qui a aussi lancé Ayo et Imany. "l fallait trouver un lien dans tout ce que je fais", observe Faada Freddy, "et le lien, c’est le negrospirituals. J’avais déjà fait des musiques de films a cappella et même avec Daara J, comme dans la chanson "Sun Africa", les grosses caisses que l’on entend, ce sont des "stomps" faits avec les pieds. Quant aux percus corporelles, c’est un jeu d’enfant pour moi. Et j’ai toujours eu envie de chanter avec une chorale". Un choix d’autant plus pertinent qu’il sert un répertoire qui célèbre l’espérance.

… ensuite, une âme...
Qu’il reprenne "Letter to the Lord" de la camerounaise Irma ou Lost de l’américaine Grace ou qu’il chante ses propres compositions ("Reality cuts me like a knife" ou "Borom bi", en wolof, tube de Daara J chanté avec un chœur d’enfants), Faada Freddy inocule à son album une bonne dose de spiritualité. Ceux qu’il chante dans ses chansons se croient perdus et seuls au monde ? Lui leur répond à sa manière qu’il faut garder la foi. "Chacun l’entend comme il le souhaite", dit-il. "Pour moi, la spiritualité, c’est comme une maison intérieure, que l’on doit nourrir, alimenter et la musique est une nourriture spirituelle". D’autant plus généreuse – et pertinente - qu’elle se partage et transcende les religions.

… et un sens du partage à nul autre pareil

Ceux qui étaient à son premier concert étaient aussi là au second et au … 10e ! Conquis. Addicts. Et tous de reprendre en chœur les mélodies que le chanteur s’emploie à leur faire chanter, comme dans une chorale, créant une communion unique dans son public. "Chacun vient avec quelque chose", explique Faada. "On est tous des "intervenants". Chanter en chœur, c’est un message très fort que l’on envoie à l’univers, la vibration s’élargit. Après le concert du Trianon, j’ai vibré pendant deux jours. Pas parce que j’étais excité, simplement parce que j’étais encore rempli de l’énergie que j’avais reçu". Ce sens du partage, hérité d’un père qui élevait les enfants des autres ("Tout le monde était mon frère"), le chanteur le met aussi au service de jolies causes. Il anime des ateliers de percussions corporelles dans des chorales, des prisons ou auprès d’adolescents autistes, cadenassés dans le silence et qu’il parvient à faire chanter. Plus tard, il espère ouvrir un centre d’art et de musique à Dakar, ouvert à tous. Plus tard… car dans son planning, il y a déjà de nombreuses dates. Dont l’Olympia, en octobre. Consécration suprême.

Le Point

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