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OPINION | Aucune raison de vous dire OUI M. Le Président , c'est NON. Par Dr Abdoulaye Ndoye

Samedi 5 Mars 2016

OPINION | Aucune raison de vous dire OUI M. Le Président , c'est NON. Par Dr Abdoulaye Ndoye

 
J’ai entendu un ancien analyste politique réfugié à la Présidence et qui s’est ramolli au contact du pouvoir, soutenir que les propositions contenues dans le texte soumis à référendum étaient d’une pertinence telle que les Sénégalais doués de bon sens n’avaient presque comme alternative que de voter Oui. Il s’est à l’occasion attaqué systématiquement à tous ceux qui disent Non en bon thuriféraire de son mentor. Il a présenté le problème par la queue tout en occultant le corps et la tête, ce qui est inacceptable.


Je voudrais juste rappeler que les Sénégalais ont déjà été invités à se prononcer sur le Quinquennat en 2001 par voie référendaire et ils ont massivement dit Oui. Cette disposition constitutionnelle a été changée par l’équipe sortante par voie parlementaire, avec un retour au septennat que la classe politique et la société civile dans sa majorité n’a jamais accepté, ce qui fait que c’était une recommandation forte des Assises Nationales de revenir au Quinquennat. Le candidat Maky Sall inquiet entre les 2 tours a compris cette demande, et pour rassurer l’électorat a donné comme gage son engagement ferme à cette disposition et à se l’appliquer de manière univoque dès son premier mandat.
Une fois élu il lui a été suggéré d’utiliser la même voie parlementaire qui nous avait fait du mal pour faire du bien et revenir au quinquennat comme promis, et sans presque ne dépenser aucun sou. Il en a fait la question qui fâche, et est allé de tergiversations en colère jusqu’en 2015 où il a déclaré qu’il soumettra la question au peuple par voie du référendum, ce qui était la première forme de reniement, une donnée ferme devenant subitement aléatoire. Les Sénégalais ont dit qu’à cela ne tienne, nous voterons Oui comme en 2001. Alors il a commencé à actionner les leviers de son Parti qui a oublié la primauté de la patrie, pour semer le doute dans les esprits et appeler ouvertement le Président à se dédire. Il s’y refusa mollement et même internationalisa sa promesse pour mieux noyer le poisson.
En tout état de cause le premier à parler de référendum c’est Maky Sall, et l’objet de son référendum c’est clairement la réduction de son mandat, engagement personnel qu’il a voulu partager.


Parallèlement le candidat Maky Sall avait signé comme tant d’autres la charte de bonne gouvernance des Assises Nationales, sa seule objection connue étant de vouloir rester chef de Parti, ce qui est d’ailleurs paradoxal pour un tenant d’un slogan connu aujourd’hui vidé de son sens. Il était donc normal qu’il mette sur pied et finance la CNRI en Mai 2013. Ce qui est étonnant c’est que lorsque les conclusions lui sont parvenues il les a mises sous le boisseau et en a fait la deuxième question qui fâche, tout en déclarant urbi et orbi qu’il y sélectionnera ce qui l’intéresse quand bon lui semblera, attitude tout à fait contraire à l’esprit et à la lettre de la Charte de la bonne gouvernance à laquelle il avait souscrit. Nouveau reniement.


Et comme au théâtre, dans son discours de fin d’année le 31 Décembre dernier, il élargit le champ d’action du référendum, qui dilue son engagement à la réduction de son mandat dans un flot de 15 points qui ne sont que le fruit de son interprétation personnelle des conclusions de la CNRI pour lesquelles il trouvait un intérêt soudain, sans aucune concertation de l’opposition, de la société civile, ni même de ses propres partisans de Benno Bokk Yaakaar. Le plus surprenant et le plus suspect dans cette déclaration c’est quand il annonça qu’il se conformerait à la « décision » du Conseil Constitutionnel dont l’avis est juste requis dans le cas d’espèce. Ce que l’on suspectait arriva : l’Avis-décision expurgea du référendum de Maky son objet initial en procédant à un détournement d’objectifs, et on nous convie maintenant à une consultation populaire toute nouvelle par un tour de passe-passe qui nous dit : vous dites Oui je gagne, vous dites Non je gagne, parce que je suis plus malin et cynique que vous. Dans tous les 2 cas, contrairement à ma promesse je ferai 7ans au moins. En attendant et pour vous divertir je vous sers 15 sucettes à ronger. Bon appétit ?
Ce qui est constant c’est que même si on fait abstraction à l’interne du caractère immoral de la manœuvre qui vise à duper son peuple, le discrédit et le ridicule portés à notre histoire et à notre stature à l’internationale ont un caractère inacceptable. Rien que pour cela Maky doit être sanctionné.

Ce qui est plus grave c’est que si l’on revient dans le corps du texte proposé, on est frappé par le manque de précision et la porte largement ouverte à toutes les interprétations, ce qui rend dangereux le choix du Oui.


Pour exemples, le Haut conseil des collectivités territoriales malgré l’art. 66-1 ajouté est une nébuleuse qui fait son apparition dans l’art. 6 qui énumère les institutions de la République. L’art. 26 ne mentionne pas le 2ème tour pour l’élection du Président de la République. L’art. 27 qui caractérise de consécutifs les 2 mandats provoque toute sorte de supputations, tout comme l’art. 28 qui veut que le PR soit exclusivement de nationalité Sénégalaise, ce qui est inédit au Sénégal, l’art. 62 rend aléatoire la durée du mandat du Président de l’Assemblée Nationale alors qu’on nous parle de stabilité. L’abrogation des art. 104 à 108 relatifs aux dispositions transitoires reste tout aussi suspecte.


Une bonne préparation du référendum dans le cadre d’une large concertation nous aurait épargné autant d’interrogations et d’incertitudes. On nous demande juste de fermer les yeux, de faire confiance à Maky et de croire à sa bonne foi, alors que les exemples foisonnent pour montrer que sa parole ne vaut plus un radis, à plus forte raison lorsque de manière explicite rien ne l’oblige.

 Vous vous souvenez que pendant toute sa campagne électorale, il nous a parlé de Gouvernance sobre et vertueuse, mais dès l’installation du 1er Gouvernement on s’est rendu compte que ce n’était qu’un slogan creux, le nombre des ministres dépassant largement les 25 prévus, et depuis, cela n’a fait qu’empirer, aujourd’hui peu de sénégalais peuvent vous dire le nombre exact des ministres qui se bousculent à la Présidence lors des Conseils. Et quid de la réduction du train de vie de l’Etat clamée partout et remise aux calendes grecques.

 Les 500 000 emplois promis aux jeunes, personne n’ose plus en parler lorsque l’Etat peine à recruter 5000 fonctionnaires par an et que l’environnement économique est défavorable au secteur privé où on enregistre des fermetures d’usines et des déflations.

Sur le front syndical le wax waxèt prévaut depuis longtemps avec le non-respect systématique par le Gouvernement des accords conclus, particulièrement dans le secteur de l’Education et de la Santé où les perturbations sont naturellement revenues à l’ordre du jour.

En matière de promesses non tenues Maky lui-même est un champion qui dame le pion à tout le monde avec tous ces milliards annoncés lors des Conseils de ministres décentralisés, qui se sont finalement révélés n’être que des moments de recrutements de militants de l’APR et du chant en chœur de l’Hymne à la transhumance.

Dans un tel contexte de contre-valeurs, de Wax waxèt et de reniement des hommes politiques, de montée en puissance de l’homosexualité, de la drogue et du grand banditisme, d’interdiction de manifestation et d’emprisonnement des opposants, comment voulez-vous, Mr le Président avoir notre quitus et notre signature de blanc-seing sur un projet aussi peu sûr et si grand ouvert à tous les possibles dont les plus sombres pour notre démocratie et la stabilité de nos institutions.

Pour tout cela, Mr le Président nous disons Non à votre projet, surtout lorsque vous nous manquez de respect, en envoyant votre ministre chargé de la microfinance sillonner nos contrées pauvres avec des mallettes d’argent qui ont une si mauvaise réputation. Vous pouvez toujours continuer sans que le CNRA ne bouge le petit doigt, à faire votre campagne électorale avant la lettre sur les medias publics, nous n’en serons que plus déterminés à vous exprimer notre désaveu par un NON cinglant le 20 Mars prochain inchallah.

Après cela à la fin du seul mandat que vous aurez, quelle que soit la durée, toutes les forces patriotiques qui auront résisté à votre chantage ausculteront sérieusement les Conclusions de la CNRI dans le cadre d’une large concertation et procéder aux révisions constitutionnelles idoines qui vont pour longtemps stabiliser nos institutions.
 
Dr Abdoulaye Ndoye
Secrétaire National de REWMI chargé de la Santé
Coordonnateur départemental de REWMI à Saint-louis

 
 
 
 
 
 


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1.Posté par atila le 06/03/2016 15:38
MERCI DE CETTE PERTINENCE MAIS NOUS VOTONS OUI

2.Posté par Gabar Ndoye le 07/03/2016 11:22
Docteur est un nomade qui cherche encore un oasis. D'abord l'AFP, ensuite le PDS, aujourd'hui REWMI, en attendant...Le projet proposé n'est pas affaire de parti et de campagne électorale, mais de REPUBLIQUE. Je croyais qu'un intellectuel comme le docteur NDOYE l'aurait compris. Tous ceux qui ont décidé de voter non sont aveuglés par la passion.

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