OPINION: Quand la commune pollue l’atmosphère et empeste les riverains de la grande mosquée mouride.

Si la pollution atmosphérique est « l’émission dans la couche atmosphérique de gaz, de fumées ou de substances de nature à incommoder les populations, à compromettre la santé ou la sécurité publique… »[[1]]url:#_ftn1 , les riverains de la grande mosquée en vivent une situation sans précédent depuis un peu plus de 06 mois. Cette amère situation est imputable à la commune de Saint- Louis si le « pollueur » est, dans le sens du code de l’environnement, « toute personne physique ou morale émettant un polluant qui entraine un déséquilibre dans le milieu naturel ».

Lundi 13 Juillet 2015 - 16:23

La qualité du pollueur ne constituerait-elle pas une circonstance aggravante quand on sait que les collectivités locales, en sus de veiller à enrayer les dépôts sauvages, doivent assurer l’élimination « proprement » des déchets ménagers et autres que ménagers.

En fait, le constat est que : depuis plus d’un semestre, le préposé à la salubrité qui officie sur les berges du fleuve Sénégal entre la devanture de la maison de l’île et les nouvelles installations qui font face au domicile Me ABC se permet d’incinérer ses déchets au grand jour, au gré des ses humeurs et quelque soit la direction du vent ; empestant ainsi au jour le jour l’air respiré par les riverains de la grande mosquée mouride. Une incinération archaïque, c'est-à-dire par tas auquel il ne fait que mettre le feu ignorant superbement que l’incinération des déchets obéit à des dispositions et nécessite des installations spécifiques.

Approché par des riverains, cet homme affecté à cet endroit pour cette tâche par le dispositif communal de gestion des déchets ménagers refuse d’entendre raison et se borne à répliquer qu’il travaille conformément à des instructions reçues  sans préciser « le donneur d’ordre ». Ce qui suscite un questionnement multiple sur le niveau de compétence et même de responsabilité de ceux qui dirigent notre commune quelque soit la station dans l’échelle de prise de décision. On douterait fort que ses agissements soient ignorés de sa hiérarchie. Ce qui rend notre constat inacceptable à tout point de vue.

Déjà l’article 30 du code Sénégalais de l’environnement précise que «  les déchets doivent être éliminés ou recyclés de manière écologiquement rationnelle afin de supprimer ou de réduire leurs effets nocifs sur la santé de l’homme, sur les ressources naturelles, la faune et la flore ou la qualité de l’environnement ». Pourtant à Saint-Louis, on incinère des déchets ménagers en plein jour et en pleine ville, face aux habitations des HLM ; mettant ainsi à rude épreuve le peu de santé que les populations tentent de préserver au prix de très grands efforts. Ceci sur les berges du Fleuve Sénégal sensées être aménagées et rentabilisées comme cela semble être le cas dans toutes les villes du monde traversée par une cour d’eau.

De plus, la bande de terre indiquée ci –dessus est à ce jour la seule petite portion encore inoccupée entre le pont Faidherbe et le croisement Pikine. Des autorités ambitieuses gagneraient à l’aménager et à la rentabiliser pour le tourisme et l’épanouissement de jeunes qu’à en faire un dépotoir d’ordures ou d’y favoriser l’installation sauvage et surprenante d’opérateurs économiques triés sur le volet. Tous les natifs de Saint-Louis savent que ces terres de la berge n’appartiendraient à personne même si de plus en plus de grillages y délimitent des espaces sans que cela n’émeuvent les autorités communales élues. Le simple fait d’y laisser amonceler des tas  d’ordures sauvages est problématique sur le plan environnemental au vu des risques de pollution de l’eau du fleuve que cela charrie.  


A ces constats s’ajoutent les désagréments causés aux mêmes populations par le déversoir de l’émissaire de la station de pompage du « camps des gardes », installé à vue d’œil sur la même bande de terre. On se compterait volontiers parmi ceux  qui étaient soulagés avec les populations de Diaminar par la mise en marche de cet installation mais son déversoir  aurait été mieux situé et plus avancé vers le fleuve, derrière la mangrove, pour éviter la stagnation à mi-chemin entre la route nationale et le fleuve, non loin des tas d’ordures des eaux nauséabondes qu’il déverse. Ce qui, en période d’hivernage, constitue un grand réservoir de développement de moustiques. Maintenu en ces lieux actuels ce déversoir est vécu comme une manière de déshabiller Paul pour habiller Pierre alors que Pierre et Paul restent des administrés aux droits et devoirs similaires.

Ces quelques constations parmi tant d’autres vues ou entendues ailleurs nous amènent à nous demander si les autorités de la commune ont de l’ambition pour Saint-Louis, Cette ville historique fondée en 1659 dont la municipalité de Saint-Louis a vu le jour en 1872 alors que son premier Maire a été nommé en 1764, soit un siècle plus tôt. Saint-Louis mériterait, à bien des égards, beaucoup plus que des séances de Ndogou épisodiques à grand relent politique qui semblent être de saison pour les nouveaux élus de la ville.

Paap SOW
Un riverain de la grande mosquée mouride
77 224 62 62        
 
[[1]]url:#_ftnref1 Code de l’environnement, titre I (dispositions générales) chapitre I (définitions N° 26) édition IMP 2001 p : 7

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