OPINION : les politiciens fuient les vrais problèmes de Saint-Louis.

Mercredi 29 Janvier 2014 - 11:09

La fanfare populaire provoquée par la course vers le fauteuil de maire dissipe chez les politiciens une peur d'affronter certaines galères qui taraudent l'esprit des Saint-Louisiens. La lutte contre les ordures est devenue le seul canal permettant d'atteindre plus facilement la sympathie des populations, aux prix de s'arracher les coins les plus nauséabondes de Ndar juste pour mettre en valeur sa bravoure, son « respect » pour la population.

Pourtant, d'autres gros problèmes hantent le sommeil des Saint-louisiens. Depuis plusieurs années, des cris fusent de tous les coins de la ville pour dénoncer le blocage de l'entrée des cimetières de Gueth Ndar par les camions frigorifiques. Ces cris ont été entendus par les candidats au fauteuil de maire et personne ne s'engage à mettre fin à cette injustice. La stratégie de la sourde oreille est adoptée et pour distraire l'opinion, on fanfare ailleurs pour distraire la ville. La Commune de Saint-Louis du Sénégal manifeste un manque de poigne notoire sur cette question et semble entretenir cette situation pour engraisser ses recettes.

L'autre tragédie est Pikinoise. Tout le quartier de Pikine est un problème. Conscients du délaissement volontaire des autorités, des jeunes de ce quartier réclament la communalisation pour prendre le destin de leur terroir en main. À Pikine, une petite promenade sur la digue peut s'avérer mortelle. C'est là où la jeune Ndèye Fatou Mbaye a été sauvagement violée puis assassinée. Ces meurtriers se meuvent encore dans la nature. Juste après le drame aucune mesure n'a été prise pour éclairer ce couloir de la mort.

Même constant au quartier Ainou Mady, à Pikine 700. On dirait un village dans une ville. Pas d'électricité, pas d'eau, une route en boue et un déversoir d'eaux usées qui dégage les puanteurs les plus insolites de la planète. Des chiens enragés et aux dents acérées menacent les passants. Les moustiques pullulent en toute saison. Il y quelques mois, dans ce coin, une dame qui venait juste d'accoucher a été poignardée par un individu qui tentait de la violer. Pris de panique par les cris de la femme, le malfrat avait saisi un couteau pour le pinter sur la jambe de la pauvre dame. Une enquête a été ouverte sans retombée.

L'avancée de la mer et l'un des drames les plus cruels auxquels la vieille ville fait face. Toute l'opinion internationale en parle, mais ceux qui sont visés par la tragédie restent muets. Ce phénomène enrôle un voile sombre sur l'avenir de la ville. Un village entier ( Doune Baba Dièye) a été ravagé, mais les « politiciens », très amoureux de la ville et de ses habitants, préfèrent s'en moquer. Aucun débat, aucune intervention réelle et concrète pour sauver Saint-Louis. Ici, c'est la fête alors que là, juste à côté, une population déboussolée, apeurée et triste, ne sait plus à quel Saint se vouer.

Après la vague de la grande offensive contre les ordures, le silence assourdissant des « braves » s'est installé. Mais cette tranquillité de prendra bientôt, car de jour en jour, les échéances locales se rapprochent. Alors chers acteurs politiques, si vous aimez Saint-Louis, inscrivez vos actions dans la durabilité. Engagez-vous dans les vrais problèmes de Saint-Louis !

Dalou Ndar

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1.Posté par Bouba Diop le 30/01/2014 18:05 | Alerter
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Je réagis à cette opinion en vous rapportant une petite anecdote, une mésaventure somme toute banale à Guet Ndar les jours d'enterrement au cimetière des pêcheurs. Hier, je devais me rendre à proximité de l'hydrobase, pour y régler une affaire urgente. Passé le pont Malick Gueye, je m'engouffre dans un "car rapide" qui arrive à propos. Cahin-caha, nous roulons quelques mètres au milieu de la foule. Arrivés à proximité du cimetière, le véhicule s'arrête, puis coupe son moteur après quelques minutes d'attente. Il est 15h30. J'en profite pour contempler le travail des pêcheurs, qui déversent le poisson à même le sol, d'autres mains le chargeant dans des camions qui n'ont de frigorifiques que le nom. Au bout d'une demi-heure d'attente, pensant à juste titre que j'irai plus vite à pied, je sors du diaga ndiaye et m'engage au milieu des voitures de particuliers qui veulent repartir du cimetière, bloquées par les charettes, les camions, les clandos et autres voulant aller dans l'autre sens: j'arrive à peine à me faufiler! La cohue de tôles et d'hommes est indescriptible! 20 minutes de marche plus tard, quand j'entre dans la maison de mon ami, les premiers clandos arrivent à peine à mon niveau...Il est temps de déménager ces travailleurs dans le lieu adéquat prévu à cet effet depuis plusieurs années.

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