Ousmane SOW, directeur de l'ARD de saint-louis : « notre institution est au début et à la fin du processus du développement local ».

L’Agence régionale de développement (Ard), fidèle à sa mission de faire de Saint-Louis un pôle territoire émergent, met à la disposition des collectivités locales et des partenaires au développement tous les outils, les informations économiques, sociales, politiques, culturelles et un appui conseil et l’encadrement technique dont ils ont besoin pour développer harmonieusement la région nord. Son directeur Ousmane Sow fait un diagnostic sans complaisance des problèmes des collectivités locales, et dégage des solutions préconisées par l’agence.

Samedi 9 Janvier 2016 - 21:20

Ousmane SOW, directeur de l'ARD de saint-louis : « notre institution est au début et à la fin du processus du développement local ».
M. le Directeur général, pouvez-vous nous parler des enjeux et perspectives de la région nord dans le cadre de la mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation ?

La région de Saint-Louis est un partenaire du Gret depuis de nombreuses années sur des projets de développement et l’Ard travaille depuis 2012 sur l’amélioration de l’accès à l’eau potable de la région, à travers le programme Aïcha, en partenariat avec le Gret. La région a une carte à jouer pour assurer une fonction de productivité pour sa population, mais également pour la nation toute entière. Aucune autre région du Sénégal n’a ces atouts pour contribuer à l’autosuffisance en riz du pays. Saint-Louis est aussi une région très vulnérable où nous vivons quotidiennement une dégradation de nos ressources naturelles. Il est important que des initiatives de stratégies soient doublées pour que la région puisse être protégée des effets négatifs du changement climatique.

Pouvons-nous avoir une idée précise des actions entreprises par l’Ard dans le cadre de ses projets d’adduction d’eau potable ?

D’abord, notre collaboration avec le Gret s’inscrit dans la politique de la région de contribuer à lever le paradoxe injuste où des populations n’ont pas accès à l’eau potable, même si elles vivent à proximité de l’eau. Sur ce plan, le projet Aïcha apporte des solutions innovantes en sécurisant et en optimisant la production et la fourniture de services en eau potable pour les populations. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de venir avec des solutions toute faites, mais avec une expérience capitalisée ailleurs et de s’interroger sur les conditions d’adaptabilité de ces expériences. L’Etat a pris l’option d’aller vers la professionnalisation de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Il envisage même de confier la production de l’eau et sa distribution à des opérateurs privés. D’autre part, notre dernière visite de terrain nous a permis de constater que la population de la commune de Mpal avoisine 7740 habitants en 2011, avec 808 ménages répartis dans 10 quartiers de la commune.
 
Quand on parle de la commune de Mpal, réputé pour son grand marché hebdomadaire du vendredi, pourrait-on ne pas évoquer son économie ?

Je tiens à vous préciser que l’économie locale de Mpal est fortement dominée par le commerce. Le sous-secteur commercial concentre la plus grande majorité des actifs dans cette collectivité. Les sous-secteurs de l’économie locale dans la commune sont fortement dominés par l’informel et le secteur primaire. L’attractivité du marché hebdomadaire du vendredi présente les réelles opportunités d’écoulement des divers produits. Ce qui fait de Mpal un centre commercial de rétention et de redistribution de différents produits agricoles tant pour la région nord du Sénégal que pour l’intérieur du pays. Les principaux produits commercialisés proviennent de l’agriculture, de l’élevage, du maraîchage, des fruits et légumes, des tissus dont les principales destinations sont les régions environnantes et l’intérieur du pays. A Mpal, c’est l’agriculture surtout, qui  occupe une place relativement importante dans  son économie. Le sous-secteur de l’élevage occupe aussi une place très importante.

Quel diagnostic faites-vous de la nouvelle commune de Bokké Dialoubé ?

 Bokké Dialoubé, commune située dans le département de Podor, compte 22 écoles primaires, un Cem à Saldé, plusieurs centres d’alphabétisation et des écoles coraniques. Les contraintes de l’école demeurent l’insuffisance des salles de classe, un déficit en enseignants, la non-électrification des établissements scolaires, un fort taux de déperditions scolaires (surtout les filles qui sont de plus en plus nombreuses à abandonner les études), le manque de dynamisme des comités de gestion des écoles, le manque d’appui à l’enseignement coranique et à l’alphabétisation. Elle compte aussi six postes de santé et 11 cases de santé. Dans l’objectif stratégique d’impulser un développement communal cohérent articulé à une vision planifiée, le conseil municipal s’est lancé, avec l’Ard, dans l’élaboration d’un document de planification.

Le Conseil municipal dispose de réelles potentialités de communication. L’utilisation efficiente des cadres de concertation mis en place dans chaque quartier et l’utilisation de la presse locale, constituent des leviers importants de communication à exploiter pour permettre à tous de disposer de l’information à temps réel. Il s'est avéré nécessaire d’insister davantage sur la sensibilisation à la citoyenneté pour permettre un réel rapprochement entre l’administration et les usagers. La commune de Bokké Dialoubé s’appuie sur ses partenaires techniques et financiers (Ptf), les services techniques déconcentrés, les collectivités locales, les opérateurs privés et la société civile. 

Pouvez-vous nous parler de Niandane, dans le département de Podor ?

Niandane ne dispose d’aucun système adéquat d’évacuation des eaux. La commune utilise des motopompes pour évacuer les eaux vers le fleuve. Les populations, dans leur majorité, déversent les eaux usées dans la rue. La situation des latrines est loin d’être satisfaisante dans la jeune commune car 7,4% des ménages n’en disposent pas. D’autre part, les ordures ménagères sont gérées de façon individuelle et désorganisées par les populations de la commune. Les populations de la commune de Niandane ne disposant pas de robinets à domicile, ni de borne fontaine, sont exemptées du paiement de l’eau de la Sde. Un Niandanois sur trois consomme l’eau du fleuve dans les quartiers de Fass et d’Aïnoumady.

L'agriculture est l’activité économique la plus développée à Niandane. L’agriculture irriguée y constitue une forte potentialité de développement. Les principales spéculations sont le riz, le maïs, la tomate, l’oignon, la banane, les patates douces et les choux. Les populations demandent un appui extérieur pour les cultures de pomme de terre, d’haricot, de poivron, de blé, de tournesol. L’arboriculture fruitière est aussi développée à Niandane avec des vergers de manguiers, de citrons, de goyaves, de pommes d’acajou. L’appui considérable de la Saed a permis de dégager trois types d’aménagements agricoles en matière de maîtrise d’eau : le grand aménagement,  le périmètre irrigué villageois et le périmètre irrigué privé.

 Propos recueillis par Mbagnick Kharachi DIAGNE
 

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