PORTRAIT DU NTS (Nouveau type de Sénégalais)

Samedi 14 Avril 2012 - 20:01

PORTRAIT DU NTS (Nouveau type de Sénégalais)
La campagne électorale présidentielle 2012 aura sans nul doute été marquée par une implication totale de la société civile sénégalaise. Cette implication s’est faite d’amont en aval dans le processus électoral. Si certains se sont limités à l’observation de l’élection, d’autres ont poussé leur engagement au point de prendre partie d’abord contre un troisième mandat inconstitutionnel de Wade, ensuite face au fait accompli, ils se sont opposés à sa réélection par les urnes. La participation du groupe Y’EN A MARRE à cette lutte a été notoire. Ces jeunes rappeurs ne se sont pas limités à critiquer le régime, ce à quoi nous avaient habitués les politiques, mais ils ont aussi proposé un projet de société marqué par leur souhait de l’émergence d’un Nouveau Type de Sénégalais (NTS).

Le concept étant ainsi dégagé, il revient à mon sens à chacun d’entre nous de lui donner un contenu. Cet idéal est en effet loin d’être utopique, mais il ne saurait non plus se limiter à un verbiage sans fin.

Faire le portrait de ce citoyen NTS revient à le peindre dans ses différents secteurs d’évolution. Aussi allons-nous axer nos interrogations sur : Quelle société civile ? Quels acteurs politiques et étatiques ? Quels travailleurs pour le pays ?
Le type idéal de Sénégalais membre de la société civile se veut un citoyen non pas passif face à l’évolution de son pays mais engagé et très vigilant, toujours en état de veille pour le respect des préceptes démocratiques mais toujours dans le respect de l’équidistance dont il doit faire montre vis-à-vis des politiques. Il ne fera pas de son militantisme à une association de la société civile un tremplin pour, une fois la notoriété acquise, accéder plus facilement au directoire d’un parti politique.
S’il advenait que ce citoyen eût la charge d’exercer également une fonction religieuse, il devra se garder de faire de ses disciples un instrument de chantage, d’enchères dans le marché de l’offre et de la demande d’électeurs, en somme de les exploiter à des fins personnelles. Le souci de la promotion exclusive de ses disciples ne doit pas non plus l’animer au détriment des plus méritants. Sa mission de guide sur le chemin de la miséricorde divine sera alors son seul crédo.
Ce NTS qui sera fier d’être un « citoyen ordinaire » comme le disait le Président Macky Sall, sera ainsi protégé de l’agression des politiques.

Les acteurs politiques devront notamment jouer leur rôle dans ce nouvel environnement. La prolifération des partis politiques devra cesser et tous ceux qui sont épris de l’intérêt du pays ne trouveront ainsi aucune difficulté à se constituer en pôles de convergence idéologique. Les partis « cabines téléphoniques » ou « yobaaléma » prendront dès lors conscience que la politique n’est pas une profession mais plutôt une mission périodique au service de la collectivité, un sacerdoce. Pour redonner à la politique la fonction qui doit être la sienne c'est-à-dire un moyen de participer à la gestion de la cité, certaines pratiques en vigueur qui ont terni cette image seront nécessairement à bannir. Le militantisme alimentaire, l’ingratitude voire l’arrogance de l’élu à l’endroit des populations, la forte propension à transhumer d’un parti à l’autre, l’appropriation ou même la monarchisation des partis ; signe d’absence de démocratie…

Un contrôle de l’activité de ces partis s’avère donc nécessaire. Leur financement doit être transparent ; de source licite, leurs différents organes renouvelés régulièrement, tel que stipulé par leur statut. Seuls des acteurs étatiques forts seront en mesure de veiller à cela.

Ces acteurs étatiques seront identifiés au niveau des différents pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire.
Le chef de l’Etat NTS exerçant le premier pouvoir devra être guidé par le souci de servir et non de se servir ; seule une déclaration de patrimoine au début et à la fin de son mandat pourra en attester, il devra prêter une attention soutenue aux populations, veiller aux abus éventuels de ses proches, ne pas se substituer aux ministres dans l’exécution de leur fonction. En vue d’exercer convenablement sa fonction de chef de la magistrature suprême, il devra se garder de toute interférence dans l’application de la justice.

D’ailleurs, une responsabilisation totale aurait permis aux magistrats NTS de choisir eux-mêmes et en leur sein des dirigeants afin d’avoir l’assurance de leur indépendance, de leur inamovibilité, gage de sécurité professionnelle. Le pouvoir judiciaire requiert également un coup de balai en ce sens que son image n’a pas échappé aux turpitudes récentes, la place de l’argent dans l’application du droit est à revoir. Le pouvoir financier du justiciable ne doit en aucun cas constituer un facteur influant dans la procédure de justice.

Dans le façonnage du NTS, d’autres acteurs institutionnels ont également un rôle non-négligeable à jouer. C’est ainsi que les autorités administratives locales dans les régions, départements, communes et communautés rurales devront s’impliquer en faisant preuve de sens de la responsabilité, d’impartialité, de déontologie et de disponibilité. La promotion de ces autorités ne doit pas non plus dépendre des politiques puisqu’il est rare de les voir être guidés par ce sentiment d’ingratitude qui doit animer l’autorité administrative ou judiciaire vis-à-vis de celui qui l’a promue.
Les acteurs médiatiques ne seront pas de reste, la pratique de certains d’entre eux consistant à ne couvrir que les évènements où ils espèrent tirer un gain, et souvent de manière fort subjective puisqu’à l’avantage de celui qui les a déplacés, devra cesser. Que la presse d’investigation soit de rigueur. Le NTS doit être un agent de presse incorruptible, objectif et professionnel.
Tout ceci en place, le cadre sera posé pour permettre au travailleur NTS d’exercer sa profession en toute quiétude. Aussi devra-t-il, lui aussi, dans son activité, faire montre de patriotisme, d’éthique, de dynamisme. Plus de laxisme, de luttes syndicales injustifiées, de chasse au perdium. Ce sera la fin du culte de la médiocrité et la valorisation du dévouement et de la conscience professionnelle.

La promotion de ce Nouveau Type de Sénégalais sera le socle de la REFONDATION DE LA REPUBLIQUE, pour une citoyenneté responsable et contre la mal gouvernance sous toutes se formes.

Cheikh Tidiane Diop
Chargé de la communication
Section Forum Civil de Guinguinéo
tidianegeo@live.fr

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1.Posté par BA le 15/04/2012 12:36 | Alerter
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trés bonne analyse. on se connectera

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