Pour l’honneur et la morale dans la gestion, pour le contrôle et le rapport de la chose publique

Mercredi 24 Juin 2015 - 17:12

Pour l’honneur et la morale dans la gestion, pour le contrôle et le rapport de la chose publique
S’investir d’une mission publique nous expose de nos jours à des risques qui portent parfois un coup dur à notre honneur. Si stoïque soit-on, il est fondamental de rétablir la vérité des faits sur certains points au nom de la morale. Cela, non pas pour indexer certaines soupapes de la structure républicaine de notre Etat, mais alerter pour que la compréhension soit commune autour des enjeux et des exploitations pernicieuses des produits de nos corps de contrôle.

Ceci dit, l’ambiance du pays pendant ces derniers jours est tellement occupée par l’actualité autour du rapport d’un corps de contrôle symbolisant la morale et la puissance républicaine de notre pays. Quelques faits intrigants cristallisent notre attention au plus haut niveau, cependant. En effet, dans la présentation dudit rapport, il est fait état de structures ‘’prises la main dans le sac’’ en termes de malversations financières, de fautes administratives et de gestion. Dans la mêlée et en vrac on loge toutes les personnalités auditées à la même enseigne et de fait, leur honneur est fatalement exposé à la vindicte du sens commun. Si la reddition des comptes est une exigence, si le contrôle est aussi une nécessité, sanctionner positivement les bons élèves et négativement les fautifs doit être un principe sacrosaint dans la gouvernance publique. Cependant la réalité est tout autre. L’exercice auquel on devient habituer de plus en plus est celui qui consiste à traîner dans la boue les responsables audités comme si le principe est ‘’d’épingler’’ et l’exception c’est d’apporter une plus-value à la gestion.
Passant en revue la situation du pays, dans la journée du vendredi au samedi, suite à la présentation du rapport de l’IGE, certains dirigeants de structures visitées ont fait l’objet d’un traitement exécrable. Leur cherchant sans doute la petite bête, de nombreux titres de la presse reprenant les propos du vérificateur général de l’Etat sans aller dans le fond ont logé d’honnêtes et de valeureux serviteurs de l’Etat parmi les délinquants de la République à dessein ou par mégarde. Une posture simpliste et sans égard qui fond comme du beurre confronté à la chaude réalité des choses. On s’est rendu compte du différentiel de traitement progressif au fur et à mesure que lecture est faite de la synthèse du rapport. Ce qui rend compte d’une chose, aucun des griefs retenus ne pourrait être retenu contre certaines structures peintes de façon très sombre la veille.

S’il est à décrier et à dénoncer avec la dernière énergie, les détournements - quel qu’en soit le montant – constatés au niveau de certaines agences, il est tout aussi évident que certains points soulignés en fanfare notamment, le changement de dénomination de certaines structures, la mise en place d’un Conseil de surveillance et la nomination de son Président ne relèvent point des prérogatives d’un DG et les responsabilités sont à situer à un autre niveau. Considérer par ailleurs, que l’utilisation d’un système comptable (SYSCOA) est une infraction dans la gestion ou encore plus grave une malversation, relève sans doute de la mauvaise foi, si non, de l’ignorance. Je tairais volontiers les recommandations formulées par l’IGE et qui ont surpris tous ceux qui ont eu l’occasion de lire la synthèse du rapport qui a été présenté.

Nous devons nous poser des questions sur le fonctionnement et la démarche qu’adopte ce corps de contrôle en termes de présentation du rapport final. Un rapport d’audit qui ne présente que des points faibles soumis à l’appréciation d’hommes et de femmes pressés de descendre des hommes publiquement est aussi surprenant qu’inquiétant. En effet, dans un pays sérieux, aucun rapport ne doit être abandonné à l'indiscrétion infantile et à l'incompétence ravageuse de la majorité de nos journalistes, avant que les structures assermentées de l'Etat n'établissent la véracité des faits rapportés par les contrôleurs.

Un bon journaliste qui se respecte, travaillant pour un organe qui se veut crédible, doit « savoir séparer le bon grain de l’ivraie », c’est à dire, traiter avec discernement les informations mises à sa disposition
De telles pratiques (présentation du rapport et traitement par la presse) ne contribuent point à policer l’image des corps de contrôle, de l’administration publique et dénotent quelque part, d’une volonté manifeste de s’attaquer à l’honneur d’honnêtes citoyens qui ne sont mus que par la volonté de servir ce modeste pays. Si on n’y prend garde, on risque de ne plus avoir des personnalités hautement compétentes pour gérer les destinées de ce pays, qui, je le signale, n’appartient pas aux seuls politiques. Les techniciens qui sont dans les services publics, ne sont pas tous véreux et ne méritent pas un type de traitement aussi irrévérencieux. Il est de coutume, que certains dirigeants dérangent sans doute, ceux-là à qui ils font ombrage. Ce sont ceux, spécialistes de la frime, qui ne font que communiquer dans le vent. Ce qui n’est pas de l’intérêt de l’Etat, car la stature idéal d’un homme du public demeure moins l’intoxication que ses performances. Travailler pour donner des résultats pour le compte spécifique de l’Etat est sa mission. Il serait plus souhaitable d’être concurrencé loyalement sur ce terrain. Jamais les sales besognes ne devront trouver des échos auprès des agents dévoués à la cause publique. Laissons cela volontiers aux affabulateurs qui sont formés dans le tas et qui massacrent nuit et jour les principes de la bonne gouvernance au vu et au su de tout le monde. On peut tromper une partie du peuple à un moment mais pas tout le peuple, tout le temps .
Pour terminer, il est à signaler pour le déplorer, que la presse de notre pays souffre aussi d’un manque de rigueur dans le traitement et de sérieux dans la présentation. Vouloir vendre ne doit pas dicter l’utilisation de titre opposé au contenu du journal. Tout comme travailler à la solde de personnes tapis dans l’ombre ne permet pas d’informer juste et vrai. Le point d’achoppement de ce nivellement par le bas dans la presse est la REVUE de presse qui porte un sacré coup à l’honneur et à la dignité humaine. Toujours est-il qu’il y a dans ce pays de dignes serviteurs dont le seul tort semble être leur compétence, leur expertise et leur loyauté par rapport aux principes républicains.
Dommage, que les plus valeureux fassent souvent l’objet d’une injustice sans aucune forme sérieux de la part de leur accusateur.
Pour l’honneur et le respect des principes républicains nous devons porter un autre regard sur la chose publique, sur sa gestion et sur son contrôle.

Amsata NIANG
Sociologue- Expert en Formation,
Responsable du Programme d'Appui à la Commercialisation et de Renforcement des Capacités
Direction de la Formation et de la Mise en Valeur

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