SAINT-LOUIS LA BELLE… Par Louis CAMARA

Même si elle est aujourd’hui malmenée, défigurée, agressée de mille et une manières au point d’en être devenue méconnaissable, Saint-Louis, ma ville natale reste chère à mon cœur. Sans oser affirmer qu’elle est « la plus belle ville du monde », elle est quand même ma Cythère et mon Eldorado et malgré l’état peu reluisant dans lequel elle se trouve actuellement, je suis certain qu’elle retrouvera son lustre d’antan. C’est pourquoi, dans le sillage de la journée mondiale du patrimoine, je lui dédie ce poème intitulé :

Dimanche 2 Octobre 2016 - 23:23

Lorsqu’on l’aborde par le flanc
En longeant cet interminable ruban d’asphalte qui pénètre en elle

Comme une couleuvre se glissant dans la verdure d’un jardin
L’on est d’emblée frappé par cette singulière fraîcheur aux relents d’alizé
Qui fait aussi partie de sa légende
Puis au détour d’une très belle courbe                                                                     

Qui n’est pas sans rappeler celle d’un arc tendu
Voici qu’apparaît dans toute sa majestueuse splendeur
L’île de Saint-Louis, pareille à un joyau dans son écrin…  
Saint-Louis ! Saint-Louis la belle ! Saint-Louis la gracieuse !

Je ne peux ni ne veux point évoquer ton nom
Sans invoquer les muses aux yeux ensorceleurs                           
Car te voir étendue de tout ton long sur le fleuve aux eaux d’émeraude
Où tu reposes parée de tes atours, radieuse,
Auréolée de lumière et d’un charme irrésistible
Fais naître en moi des élans de lyrisme  

Et vibrer jusqu’au plus profond de mon être la plus sensible de ses fibres                   
Pendant qu’un esprit aérien chuchote à mon âme ravie ce vers inoubliable : 
« Poète, prends ton luth et me donne un baiser… »  
                                                                         
Saint-Louis ! Belle endormie dans tes voiles blancs
Née du mariage de la terre et des eaux du fleuve et de l’océan 
                                                      
Tes allures d’élégante et ta silhouette de naïade 
Inspirèrent plus d’un adorateur des muses
Et lorsqu’il abordèrent pour la première fois tes rivages
Ces hommes venus de l’autre côté de la mer

Te baptisèrent du nom de leur plus illustre souverain
En hommage à ta beauté étincelante et noble…
Tel un joyau des tropiques, Saint-Louis, toujours tu fus à la croisée des chemins
Au carrefour de l’Histoire, des races et des cultures
Berceau d’un chatoyant métissage dont les Signares

Ces belles dames au charme incomparable
Furent le plus éloquent des symboles…

Écoutez les langoureuses chansons des fanals
Évoquant les fastes d’antan dans l’atmosphère feutrée du crépuscule
Et vous serez à jamais convaincus qu’autrefois

Des sirènes aux yeux ensorceleurs habitèrent en ces lieux !
Fermez un instant les yeux et des souterrains du temps s’élèveront
L’odeur des parfums musqués du gongo et les accents rythmés du sabar,
Se mêlant aux airs légers de la valse et du tango,
Au tempo nostalgique du jazz revenant au bercail

Fermez encore les yeux et vous verrez la face mythique de Mame Coumba Bang
La déesse tutélaire du fleuve qui veille sur le sommeil de l’île de Ndar
Et dont nul ne sait si elle est une Circé noire
Ou une incarnation de la reine de Saba…
Saint-Louis du Sénégal, carrefour de l’orient et de l’occident
En toi se rencontrent la sagesse orientale et la vitalité nègre


Mais aussi ce sens de l’équilibre auquel invite le Bouddha
Et quand dans la paix du soir résonnent à l’unisson
Le doux tintement de l’angélus et l’harmonieuse modulation des muezzins
L’on ne peut que croire que tu es une vivante fleur de spiritualité…
On a beaucoup médit de toi, île tranquille et sereine,
Te comparant presque à l’antique catin des fleurs du mal
Parce qu’abandonnée, délaissée, livrée à la décrépitude
Tu n'as pas su résister à l’implacable usure du temps
Mais Saint-Louis, ton lit reste fécond

Et tu souris des quolibets et des sarcasmes
car tu sais que cette lumière qui t’habite est éternelle
Tu sais que pareille au phénix tu renaîtras de tes cendres
Et que tous les amoureux de l’art
Tous ceux qui vouent un culte à la beauté viendront à ton chevet
Boire à la source vivifiante de l’inspiration créatrice….
 

Louis CAMARA, le conteur d’Ifa
Grand prix du président de la république pour les lettres.        
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            
 
 

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1.Posté par paracétamol le 03/10/2016 14:55 | Alerter
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merci pour ce poème d'un amoureux de Ndar.
je me permets de mettre 2 poèmes courts d'Espress'O :
*********************
Mon coeur admire,
ce que mon cerveau ne voit,
la beauté de Ndar.
*********************
Pour Toi! Saint-Louis,
de toutes ses couleurs se pare,
pour mieux te séduire.

2.Posté par Tintin le 03/10/2016 19:57 | Alerter
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N'empèche que St-Louis aurait besoin de quelques esthéticiennes pour ravaler la façade .....

3.Posté par paracétamol le 04/10/2016 00:24 | Alerter
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toujours un mot gentil.
Louis Camara ne dit pas le contraire et sans animosité.

4.Posté par Louis Camara le 06/10/2016 14:18 | Alerter
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Jolis poèmes, Paracétamol! Faut en faire d'autres, notre vénérable ville le mérite bien. A défaut de bibliothèque municipale, de centre culturel digne de son rang et de bien d'autres choses dont elle devrait être doté, laissons au moins des poèmes à Ndar!

5.Posté par paracétamol le 06/10/2016 16:36 | Alerter
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Espress'O :
(à lire par 3 vers)
Ndar, belle allanguie,
vogue au gré des flots bleus
pour mieux te séduire.
Ndar te retiendra
dans ses bras envellopants
pour mieux te chérir.
Le Delta t'enlace,
Saint-Louis, de ses bras ocres
pour mieux te bercer.
Pour Toi! Saint-Louis,
de toutes ses couleurs se pare,
pour mieux te séduire.
Oh Toi Saint-Louis,
tu me séduis mon Amour,
toutes les saisons.
Ocre est le sable,
ocre sont les maisons de Ndar,
l'harmonie est belle.
Ocre est ta couleur,
couleur chaude comme ton accueil,
tel est ton Amour.

Pour nous sustenter,
la piroque, même en hiver,
franchit la barre froide.

Par la joie de vivre,
la nature est remplacée
à Ndar la joyeuse.

6.Posté par paracétamol le 06/10/2016 16:47 | Alerter
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Espress'O :
(à lire par 3 vers)
Ile joyeuse, Ile radieuse,
rougeoie sous le soleil
dans la nuit qui vient.

Le Sor laborieux
choie Ndar alanguie ak
Guet-Ndar nourricier.

Liberté chérie,
comme une maîtresse exigeante,
à Ndar je te vie(vis).

7.Posté par paracétamol le 06/10/2016 17:01 | Alerter
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Espress'O : à lire par 3 vers
Ndar! le Fleuve t'enlace
de ses bras majestueux,
dans un chant sans fin.
De belles couleurs ocres,
Saint-Louis se pare et se couvre,
pour mieux te séduire.

Sur le Fleuve, Ndar vogue
pour te bercer tendrement
Inconnue perdue.

Sur la Langue sableuse,
les cactus de Barbarie
dessinent l'horizon.

8.Posté par paracétamol le 06/10/2016 17:47 | Alerter
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Espress'O : à lire par 3 vers
Le Ndar'Blues me guette
si inéxorablement,
que lutter est vain.
L'Eté sera chaud,
dans les coeurs ensoleillés
de tant de beauté.
Vogue l'Ile de Ndar-Guedj,
à travers le Delta immense,
insaisissable.

9.Posté par Louis Camara le 06/10/2016 19:08 | Alerter
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Mais Paracétamol, sa taalif yi neex na lool! Tu es grand poète et c'est un plaisir de te découvrir comme ça. Je crois qu'il faudrait ouvrir une page intitulée "Poèmes pour Ndar-Geej" pour savourer d'autres perles du même genre.

10.Posté par paracétamol le 09/10/2016 14:07 | Alerter
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Espress'O :
Ma belle endormie
Saint Louis-du-Sénégal,
ton Fleuve me berce.
**********************************
Je dors très très mal,
Ndar berce moi tendrement
pour de bleus rêves faire.
**********************************
Ndar-Tout attend moi,
pour que l'océan me calme,
de tous mes tourments.
**********************************
Matinée chagrine,
Ndar, donne joie et bonheur,
en ce beau printemps.

11.Posté par Louis Camara le 10/10/2016 15:22 | Alerter
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Superbe! Paracetamol, je suis convaincu que ce sont les poètes qui sauveront Saint-Louis! Les autres, tous les autres sont nullissimes et ne font rien de bon. parler rek!

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