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Sénégal / Primaire socialiste : Tanor dévoile ses talents de « comé-Dieng »

Lundi 10 Octobre 2011

Faut-il en pleurer ou en rire ? Organiser des primaires pour des primaires. L’initiative, très valorisée dans l’Hexagone, frise le ridicule de l’autre côté de l’Atlantique, au Sénégal en particulier, où le premier secrétaire du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng s’auto-investit, n’affrontant pas ses adversaires ou concurrents au sein du parti, mais se mesure à sa propre personne.


Sénégal / Primaire socialiste : Tanor dévoile ses talents de « comé-Dieng »
Rien de surprenant, nous sommes bien au Sénégal, un pays où les politiques ne cessent de déployer au grand jour leurs talents de comédiens. Dieng contre Tanor, ou Ousmane contre Tanor, c’est selon, Sud Quotidien le dit si bien. Tantôt c’est le pouvoir qui se prête à ce jeu, tantôt l’opposition prend le relais. Dans un mimétisme irréfléchi, le Parti Socialiste sénégalais a décidé d’organiser de soi-disant primaires pour désigner un candidat à la candidature de Bennoo. Et entre l’original et la copie, quand il s’agit de lire une biographie d’Hemingway, certains préfèrent de loin mettre une croix sur PPDA. Sauf que, Ousmane Tanor Dieng, n’a aucune chance de se voir accusé de plagiat, étant donné le jeu ridicule auquel il s’est livré, s’est avéré un mépris voire une insulte à l’idée de ce que ses camarades socialistes de l’Hexagone entendent par « primaires ».

Ousmane Tanor Dieng : que cherche-t-il à prouver? S’il y a une chose que monsieur n’a toujours pas compris, c’est que les Sénégalais dans leur écrasante majorité ne sont pas prêts à faire de nouveau confiance au Parti socialiste balayé du pouvoir en 2000 pour insuffisance de résultats. Malgré le désaveu du régime libéral d’Abdoulaye Wade avec ses scandales à répétition, force est de reconnaître que le PS d’aujourd’hui ne constitue aucunement une alternative crédible aux yeux de nos compatriotes. Ousmane Tanor Dieng encore moins. Lui qui symbolise encore le pouvoir d’Abdou Diouf que les Sénégalais ont rejeté massivement en 2000. Au sein de la coalition Bennoo, ils ont fait miroiter aux électeurs l’idée d’une candidature unique, alors qu’ils sont conscients qu’aucun candidat ou leader de parti n’osera surpasser son égo au profit de son prochain. Pis, ils ont perdu du temps et en fait perdre les Sénégalais qu’ils ont tenté de convaincre que la coalition irait aux élections unie, derrière une seule personne. Eux-mêmes n’y ont jamais cru, les Sénégalais encore moins. A ce rythme, Wade – si toutefois sa candidature est validée – est bien parti pour leur rouer un coup de pelle comme ce fut le cas lors de la présidentielle de 2007, où l’opposition a accusé l’une des pires défaites de l’histoire électorale du Sénégal.

Pour en revenir à Ousmane Tanor Dieng, même s’il a su préserver l’unité du parti depuis la débâcle de 2000 en tant que premier secrétaire du PS, monsieur gagnerait plus à propulser de nouvelles figures émergentes en vue de rajeunir la direction d’une formation politique qui dispose d’un véritable électorat, mais se trouve pris en otage par un sexagénaire qui se croit investi par les dieux. Que cachent les absences à ces primaires, les non-candidatures du maire de Dakar Khalifa Sall, et de l’édile de Podor, l’avocate Aïssata Sall ? Comment peut-on envisager une seule fois des primaires sans ces derniers ? Pis, dans quel pays au monde peut-on organiser des primaires avec un seul prétendant, un seul candidat ? Sommes-nous encore à l’époque du parti unique, de la pensée unique ? Comment peut-on reprocher à Wade, d’une part le présidentialisme à outrance, et s’autoriser au sein de sa propre formation politique un comportement qui n’a rien de démocratique ? A la question de savoir si Khalifa Sall, Aïssata Sall ou quelqu’un d’autre a envie d’y aller, la réponse est oui. Car après avoir verrouillé toutes les voies menant à sa succession à la tête du PS, Ousmane Tanor Dieng fait courir au parti le risque de réaliser moins de 10% des suffrages à la prochaine élection. Par ailleurs, si Tanor le « comé-Dieng » est le candidat désigné de la coalition Bennoo (ce qui est peu probable), cette dernière risque de ne pas peser fort lors du scrutin de février 2012, et dans ce cas, Bennoo peut oublier le deuxième tour.

Enfin, si cet exercice que certains socialistes osent appeler « primaire » était destiné à mesurer la popularité de monsieur Tanor Dieng, il n’était nullement besoin de passer par une copie loin d’être conforme à des ‘élections’ qui en fin de compte, s’avèrent être une duperie loin de convaincre l’opinion. Le drame du parti socialiste, c’est d’avoir à sa tête un individu convaincu que l'anti-wadisme primaire sert de programme politique, un sexagénaire qui refuse de prendre sa retraite politique en dépit des jeunes talents dont regorge le parti, et enfin un leader à qui ses camarades de parti n’osent pas tenir un langage de vérité. Malgré la pléthore de prétendants dans l’arène politique, serait-il est difficile de dire qui sera le prochain président de la République, il est d’ores et déjà très facile d’identifier qui ne le sera pas. Suivez mon regard !

Momar Mbaye
Thiesvision.com




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