Seydi El Hadji Malick Sy avait célébré la première édition du Gamou à Saint-Louis.

Dimanche 12 Janvier 2014 - 11:40

Le porte-parole du Khalife général des tidianes, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine a, dans sa traditionnelle déclaration d’avant gamou, invité la jeunesse musulmane, à porter le message prophétique de l’Islam dont la source principale est le culte du pardon et de la tolérance.

« Je vous demande de vous engager pleinement dans la valorisation du legs intellectuel et la redynamisation du patrimoine culturel islamique », a lancé, Serigne Abdou Al Amine. Il exhorte la jeunesse à s’engager en dans cette voie en prenant l’exemple de feu Nelson Mandela, auquel le monde entier a voué respect et admiration dans son combat contre la discrimination raciale alors que le prophète Mohammed (Psl) a déjà indiqué la voie en pardonnant aux habitants de la Mecque après un retour victorieux suite à son exil de Médine ». Tout puissant à l’époque après avoir libéré la Kaaba, le prophète Mohamed a pardonné », dit-til
Le porte parole du khalife des tidjanes de faire un rappel historique sur l’héritage des valeurs cardinales pour une vie saine et utile, légué selon lui, « à travers l’Islam et entretenu par des guides comme Seydi El Hadji Malick Sy qui, pour la première édition du Gamou, l’a célébré à Saint–Louis, avec à ses côtés, Elhadji Rawane Ngom en récitant des versets coraniques. Puis, Seydi El Hadji Malick Sy s’est installé 7ans durant à Ndianrdé avant de rejoindre Diacksao où la famille Kane lui offrit des terres sur lesquelles il a construit un daara et s’adonnait à l’agriculture ».
C’est à partir de Diacksao, poursuit Serigne Abdou Aziz Al Amine, « que des anciens de la ville de Tivaouane sont allés lui demander de venir leur expliquer des passages du livre saint, le coran. C’est ce qui a conduit mon grand-père à s’installer à Tivaouane où le Gamou a pris au fur et mesure de l’ampleur dans l’agenda des talibés tidianes jusqu’à son rappel à Dieu ». Par la suite, ses fils ont perpétré l’événement avec notamment Khalifa Ababacar Sy (1885-1957), El Hadji Abdou Aziz Sy Dabakh (1904-1997), et petits-fils Serigne Mansour Sy Borom Daradji (1925-2012) et aujourd’hui, par Serigne Cheikh Tidjane Sy “Maktoum”, actuel Khalife des Tidjanes.
Mais, rappelle Serigne Abdou Aziz Al Amine, « c’est surtout avec l’avènement de Serigne khalifa Ababacar Sy, son père, que le Gamou a connu une évolution notoire avec une invite à tous les représentants ou Moukhadames de la famille à venir commémorer la nuit anniversaire de la naissance du prophète à Tivaouane. Et, je me souviens, alors, étant tout jeune, il nous a préparé à la relève en nous confiant très tôt, des tâches, aux côtés de nos aînés ». Ceci leur a permis de pouvoir jouer leur partition en tant que jeunes dans cet héritage. C’est pourquoi, à environ 87 ans, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine exhorte la jeune génération, filles comme garçons à s’engager à fonds sur ce chemin du salut que constitue l’Islam. « Vous pourrez bénéficier de notre expérience et de nos prières car, nous vivons dans un monde où l’étendard de l’Islam et les enseignements du prophète Mohamet (Psl) doivent rayonner et réguler l’univers », martèle-t-il.

Mohamadou SAGNE

A l’école de Mawdo Malick SY : Sortir le croyant de l’obscurantisme
Mawdo Malick Sy, fondateur de la maison religieuse de Tivaouane est l’un des hommes de foi qui ont le plus marqué l’histoire du Sénégal. Chevalier de l’Islam, il a consacré toute sa vie à propager la religion du prophète Mouhamad (Psl).
En se faisant le champion de la résistance pacifique au colonialisme, armé de patience, de fermeté, de persévérance et d’abnégation, Mawdo Malick Sy a fini par s’imposer sur l’échiquier national. Il aura donné une dimension jamais atteinte auparavant à la tarikha tidiane au Sénégal. Ses nombreux « daaras » ont formé des hommes de valeur, imprégnés à la fois de l’enseignement islamique et de la culture universelle. Ses « moukhadams », envoyés s’installer aux quatre coins du pays, ont contribué à élargir le cercle des talibés, mais surtout à faire reculer l’ignorance au sein des masses sénégalaises. En dernier ressort, c’était cela le pari du Mawdo Malick qui savait que seule la connaissance était à la fois le véritable chemin qui mène vers Dieu tout en étant un rempart contre l’aliénation coloniale.
Dans des parties du Sénégal en déliquescence, il avait mission de rééduquer l’homme et de le remettre sur la voie droite. A cette œuvre de grande envergure, Mawdo Malick Sy était préparé par la providence divine en tant que « formateur des formateurs ». Très jeune, il avait intégralement mémorisé le Coran. A l’âge adulte, les sciences n’étaient plus un secret pour lui. Sa « révolution » a pénétré les masses et explique le mystère de la foi qui est celui de la ferveur qui s’empare des foules, le temps d’une célébration. Comme c’est le cas, aujourd’hui, avec le Maouloud Al Nabi. Les certitudes rationalistes en sont profondément ébranlées. Bien sûr, de grands mouvements de foule peuvent être observés ailleurs. Mais, la marque du spirituel incruste une spécificité unique. Au Sénégal, l’affluence toujours renouvelée lors du Gamou de Tivaouane en est l’illustration vivante et vibrante.

Pendant trois jours au moins, les rues de la ville sont investies à toute heure. Déjà, le « Bourde » entretient, pendant une dizaine de jours, la ferveur religieuse qui atteint son paroxysme le jour « J » de la célébration de la naissance du prophète Mouhamad (Psl). Malgré la ferveur religieuse extériorisée à Tivaouane, aucun débordement n’y est perceptible. L’enseignement de Mawdo Malick Sy, qui a fait de Tivaouane le sanctuaire religieux qu’il est devenu, y est pour beaucoup. Serviteur déclaré du prophète Mouhamad (Psl), Mawdo Malick Sy a consacré sa vie au service de l’Islam. Sa pratique religieuse, son enseignement, son comportement social et ses nombreux écrits en témoignent incontestablement. Cependant, dans le plus strict respect du message coranique, il a toujours tourné le dos à l’intolérance, mère de l’intégrisme nocif. Guider le fidèle sur le chemin qui mène vers Dieu, c’est avant tout de le sortir de l’obscurantisme.
L’ordre divin avait intimé au prophète Mouhamad (Psl) d’apprendre. Le disciple doit suivre la même voie. Fidèles avertis et éclairés, les disciples de Mawdo Malick Sy vivent leur foi dans la paix de leur cœur. La croyance religieuse authentique est un vécu personnel. Et un grand moment de célébration, comme le Gamou de Tivaouane, vient nous le rappeler, tout en en permettant de glorifier l’Envoyé de Dieu et d’appeler à l’unité de la Ummah islamique. Sans risque aucun de tomber dans les dérapages regrettables. Si tel n’était pas le cas, l’enseignement de Mawdo Malick Sy n’aurait pas atteint son but. En effet, Mawdo Malick Sy s’est toujours effacé devant la grandeur d’Allah, Dieu unique, omniscient et omnipotent, mais aussi du prophète Mouhamad (Psl) dont il s’est présenté comme le serviteur zélé. L’enseignement d’un homme, qui a voué un véritable culte à la modestie, exclut toute dérive intégriste. L’expérience a prouvé que l’intégrisme ne s’est développé qu’avec des « leaders » charismatiques qui ont privilégié leur ascendance sur les fidèles au détriment des vérités du Sain-Coran.

Au lieu de vanter ses propres qualités, le guide religieux a le devoir de guider le talibé sur le chemin difficile de la foi. A Tivaouane, ce principe sacro-saint est toujours réaffirmé par le dépositaire du khalifat. Dans la quête sans fin que constitue l’ascèse spirituelle, l’humilité est une étape supérieure. C’est à la suite d’une ascension « platonicienne » qu’on y accède. Pour le talibé tidiane le khalife général en est un exemple vivant. En vérité, il l’est pour l’ensemble des Sénégalais et des hommes de bonne volonté à travers le monde. L’actuel guide spirituel de la communauté tidiane, Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Makhtoum, ne fait que renouveler le message de la fraternité humaine véhiculé par son grand-père, Mawdo Malick Sy, son père, Serigne Babacar, son oncle, Serigne Abdoul Aziz Dabakh et son frère Serigne Mouhamadou Mansour. C’est d’ailleurs là la finalité de tout discours religieux authentique. La célébration du Gamou est donc l’occasion d’une communauté fraternelle. Tous les musulmans sénégalais vont, encore une fois, commémorer la naissance du prophète Mouhamad (Psl), dans un même élan impulsé par une foi commune fondée sur le strict respect du message coranique.

Cheikh Aliou AMATH
LE SOLEIL

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