Tous les chemins mènent vers Touba

La communauté mouride célèbre aujourd'hui, le grand magal de Touba. Un moment fort qui rime avec la volonté du serviteur Serigne Touba Mbacké Khadim Rassoul. Touba, tout Haut est, aujourd’hui, une réalité. Tous convergent vers la sainte cité de «Mame Borom Touba».

Jeudi 12 Janvier 2012 - 06:01

Tous les chemins mènent vers Touba
Touba est tout haut ! La sainte ville, avec ses cinq minarets, en témoignage de son poids économique, social et religieux, sera le point de chute de tous les mourides, pour ne pas dire, musulmans. De Serigne Touba à ses fils Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké (1887-1945), Serigne Mouhamadou Falilou Mbacké (1888-1968), Serigne Abdoul Ahad Mbacké (1914-1989), Serigne Abdoul Khadre Mbacké (1915-1991), Serigne Saliou Mbacké, le flambeau a été tenu haut, dans la ville sainte.
Serigne Touba a attisé le flambeau de l’islam. Ses fils, dans son paradigme, ont fait de la sainte cité économique et religieuse, un hub incontournable, dans le devenir de la nation.

Serigne Touba, un serviteur exemplaire

L’homme est, mondialement, connu, pour sa démarche rationnelle, son combat loyal, sa vision religieuse éclairée. Fondateur du mouridisme, Bamba a fait de Touba, une légende éternelle.
De son vécu, ne peut être omise la date du 5 septembre 1895, lors de laquelle, convoqué au palais du gouverneur de Saint-Louis, qui avait réuni le Conseil privé, chargé de statuer sur le sort du guide religieux, porte-étendard de l’islam face aux colons blancs, Serigne Touba a honoré, au-delà du musulman, l’homme noir, par son comportement. Cette attitude du fondateur du mouridisme, perpétué, aujourd’hui, avec les «deux rakaas de Saint-Louis» avait heurté, à l’époque, le Conseil privé colonial qui y voyait une déclaration d’hostilité. En réaction, un jugement injuste sera ourdi à son encontre, guidé par une vengeance extrême et irréparable, matérialisée par une délibération décidant qu’il sera déporté au Gabon. Le Cheikh a quitté la ville tricentenaire (Saint-Louis), le 21 septembre 1895, pour, d’abord, Dakar, son premier passage, dans des conditions jamais révélées. Le 11 novembre 1902 marque son retour au où il continuera à former des érudits. Avec courage, il domptera les blancs qui n’avaient autre ambition que son échec et son détour d’Allah et de son messager, le prophète Mouhamed (psl). De défis en défis, le fondateur du mouridisme s’est montré ferme, face à ses puissants ennemis et, de jour en jour, l’islam se fortifiera, l’homme noir, hissé très haut dans le monde.
Le 10 aout 1895, il a rencontré sur son chemin, à Djéwol, le détachement de 120 soldats, venus l’arrêter, pour son soutien indéfectible et sans faille à l’islam. En 1903, un détachement de 150 soldats prendra la direction de Mbacké et, le 14 juin de cette année, Mame Bamba est envoyé, en résidence obligatoire, à Saout El Mah. Un long processus dont la finalité n’était autre que de le faire échouer, pour le détourner du bon chemin. Mais, ces tentatives de liquidation seront couronnées par des victoires du serviteur qui contraindra les blancs à lui avouer un respect jamais égalé. Serigne Touba a, ainsi, réussi à dompter ses ennemis, après des années de résistances ponctuées par des moments très difficiles.


Serigne Saliou, le dernier fils-khalife du Cheikh

Grand, par sa croyance, Serigne Saliou Mbacké était connu pour son désintéressement face à la matérialité et pour sa vision éclairée, tournée vers Allah et son prophète Mohamed (psl). Sa vie durant, il a fait sienne, pour son entourage, la vison disant que «tout ce qui a une fin, une finitude, ne doit pas être considéré comme durable, réellement». Aussi, son attachement aux valeurs islamiques, sa dévotion sur le droit chemin et ses actions à l’endroit des khalifes de Serigne Touba Mbacké Khadim Rassoul, feront-ils du dernier Khalife-fils de Bamba, un acteur remarqué du rayonnement de l’islam. Il est établi qu’il avait l’habitude de remettre, régulièrement, aux différents Khalifes, l'intégralité du produit de ses champs. Le dernier fils de Serigne Touba, en homme humble, courtois, loyal et social, n’en avait pas moins du cran dans toutes les situations.
Touba, sur le plan national, est désormais, la convoitise des politiques, tous voulant s’attacher les faveurs de la sainte ville. A quelques encablures du Magal de Touba, les leaders politiques cheminent vers la cité religieuse, espérant, pour certains, un Ndiguel du Khalife général des mourides, pour le scrutin présidentiel de 2012, en simples talibés, pour d’autres, perpétuant l’œuvre du fondateur de la confrérie mouride. Toujours est-il que, opposants et gouvernants, tous convergent vers la ville de Serigne Touba Khadim Rassoul. Mais, toujours, Touba est Tout Haut.


Par Ousseynou Diop

Rewmi.com

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