Trois questions à Dr Bakary Samb enseignant-chercheur:« Les sénégalais sont sur le coup de perdre l’élan d’espoir et de rentrer dans un certain scepticisme»

« Les sénégalais sont sur le coup de perdre l’élan d’espoir ...»
En marge de la conférence sur le thème « Peut-on reprocher à quelqu’un d’être critique », qu’il animait, Dr Bakary Samb enseignant-chercheur au centre d’Etudes et Religion à l’Ufr Crac /Ugb est largement revenu sur le sens de cette thématique. En outre, il en a profité pour dire que l’Etat doit véritablement joué sa partition afin de garantir la sécurité des citoyens. Pour lui, la situation du pays est peu reluisante poussant les perdre à perdre l’élan d’espoir et rentrer dans un certain scepticisme. C’est pourquoi, il invite l’Etat à rectifier le tir

Samedi 3 Novembre 2012 - 12:49

Trois questions à Dr Bakary Samb enseignant-chercheur:« Les sénégalais sont sur le coup de perdre l’élan d’espoir et de rentrer dans un certain scepticisme»
Vous étiez venu à Saint-Louis pour les besoins d’une conférence sur le thème « Peut-on reprocher à quelqu’un d’être critique », quel sens la donnez-vous ?

Bakary Samb : Cette conférence entre dans le cadre des « café philo » qu’organise l’Institut Culturel et Linguistique de Saint-Louis. J’ai été convié pour débattre avec des jeunes, des étudiants, des intellectuels de cette ville autour de la notion de critique. Le thème était « Peut-on reprocher à quelqu’un d’être trop critique ». Le débat a vite glisssé sur les rapports entre la religion et la critique notamment la religion musulmane. Certains se sont posés la question de savoir si o pouvait réconcilier un esprit critique avec la loi. J’ai essayé d’apporter des réponses d’abord en me basant sur l’histoire de l’islam en partant sur Averroïse qui avait écrit un ouvrage intitulé « Le discours décisif » qui dès le 12ème siècle s’était déjà interrogé sur la compatibilité entre la foi et la raison. Même certaines réflexions à la religion pourraient être soumises à la critique du fait qu’un texte qu’il soit sacré, a véritablement besoin d’interprétation, de commentaires. Cela veut qu’il ne se suffisait pas lui-même donc il fait objet de critique. Les questions posées ont tourné essentiellement autour des concepts de critique, de religion, de foi etc.

Le thème que vous avez débattu est plus que jamais d’actualité donc ?

Oui, je pense que la critique comme thématique philosophique est toujours porteuse aussi bien l’institution religieuse quelle qu’elle puisse être, l’institution politique. On peut dire que la critique est le thème politique le plus porteur. J’ai été interpellé sur l’actualité mais je pense que l’esprit va de ça au-delà des appartenances politiques. On peut jeter un regard critique sur l’action du gouvernement, sur la marche des instances, sur les insuffisances à combler.

On vient de vivre 6mois depuis l’accession de Macky Sall au pouvoir. Il semble que les choses n’avancent pas comme cela devait être véritablement. Le président, peur être conscient a voulu rectifier le tir avec ses réaménagements du gouvernement mais est-ce suffisant. Est-ce que c’est une question simplement d’hommes, de vision ou de projets. C’est sur ce terrain-là que mes compatriotes attendent la nouvelle équipe. Je crois qu’il y avait un réaménagement à faire pour alléger certains départements comme l’a avoué le Premier Ministre Abdoul Mbaye pour qui, il était possible de faire mieux. Le nouveau gouvernement a besoin de redonner espoir, poser des jalons comme un signaler, de redonner confiance aux populations qui sont fatiguées, de ne passer l’élan d’enthousiasme qui avait accompagné l’élection du président Macky Sall. Les sénégalais sont sur le coup de perdre l’élan d’espoir et de rentrer dans un certain scepticisme. C’est là où le nouveau gouvernement devrait rectifier le tir et répondre aux attentes des populations. Les préoccupations majeures des sénégalais étaient des prix des denrées de première nécessité, l’accès à l’énergie, la question de l’éducation qui est lancinante, je pense que c’est une bombe sociale

Quels commentaires faites-vous de la recrudescence de la violence notée ?

On a noté une certaine recrudescence de la violence dans le pays depuis quelque temps mais est ce que le symptôme ou tout simplement la conséquence d’une mauvaise gestion de la question sécuritaire. Je pense que le gouvernement a voulu encore une fois rectifier le tir en nommant un officier gendarme. Je crois qu’un Etat doit être proche des citoyens, rester à leur écoute et surtout être fort. Il est chargé de garantir la sécurité des populations. A mon avis, je crois que le gouvernement a du pain sur la planche. Et quelle que soit la cherté de l’éducation et pour une histoire de 72 milliards pour maintenir la paix dans le pays, cela vaut la peine. Il doit répondre présent. L’Etat doit jouer sa partition quel qu’en soient les problèmes auxquels les populations sont exposées.

Entretien réalisé par Mamadou Sy

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