Vente illicite de médicaments : 350 pharmacies et des vies humaines menacées

L’enquête du mois du magazine « Gouvernance » est consacrée aux médicaments de la rue. Le titre de cette enquête à la Une est : « Médicaments de la rue, quel vaccin contre cette épidémie ? » Pour vous en donner un avant goût, Ferloo en relation avec Gouvernance déflore le sujet, en reprenant un article de Sambaré Dione dudit magazine.

Jeudi 11 Juillet 2013 - 05:29

Vente illicite de médicaments : 350 pharmacies et des vies humaines menacées
«Le marché illicite de commercialisation de médicaments menace la santé des populations et les officines installées un peu partout dans le pays. Les Pharmaciens et les consommateurs s’en inquiètent et dénoncent. Mais cela ne semble pas arrêter ce phénomène qui poursuit son chemin dans les rues. Danger !

Le marché illicite de vente de médicaments constitue une véritable menace pour les pharmaciens et les consommateurs sénégalais. Ce phénomène inquiète les acteurs qui ne cessent de sonner l’alerte pour trouver une solution. 350 officines installées à Dakar et dans les régions sont menacées de faillite à cause du phénomène, selon le président du Syndicat des Pharmaciens privés du Sénégal, le Dr Aboubacrine Sarr qui s’exprimait récemment lors de la journée du médicament célébrée au Sénégal.Le phénomène apparait de plus en plus comme une épidémie. « C’est un fléau mondial qui gagne de l’ampleur, on peut parler même d’épidémie silencieux. Un médicament sur dix est contrefait... Ce chiffre peut être multiplié par sept dans nos pays en voie de développement », alerte Mme Marie Claude Sène, membre du Syndicat des Pharmaciens privés du Sénégal.

Marie Claude Sène souligne qu’au Sénégal, 30% des médicaments sont de vente illicite. « Un médicament de bonne qualité doit être sûr, efficace, sans dommage pour le patient. Il doit avoir un bon dosage en principes actifs et ne doit ni être altéré ni endommagé. Tandis qu’un médicament contrefait est un médicament délibérément et frauduleusement étiqueté pour tromper sur son identité et son origine », indique-t-elle. Marie Claude fait remarquer que ce sont les formes sèches qui sont les plus contrefaites de même que les produits soignant les maladies simples ou des pathologies récurrentes ou chroniques.

Le développement du phénomène s’explique en partie par la porosité des frontières et la multiplicité de la provenance des produits. « Nous pouvons parler de crime organisé du fait que la contrefaçon médicamenteuse est de loin devant la vente de drogue. La vente illicite des médicaments est liée aux conditions socio-économiques de certaines catégories sociales qui investissent cette filière très lucrative. Ces criminels en arrivent même à opérer à des détournements de dons destinés aux couches sociales les plus défavorisées, à des reventes de produits périmés », fustige-t-elle, avant de se désoler : « en face de ces personnes mues par l’appât du gain, nous retrouvons une population pauvre, démunie et non avertie sur les dangers des faux médicaments.»

Ce fléau freine l’essor de l’industrie pharmaceutique. Le marché parallèle des médicaments influe aussi sur l’avenir des pharmaciens privés dont 35% de leurs officines sont en difficultés. Il constitue une menace contre la santé des populations. « Les effets secondaires sont majeurs allant des échecs thérapeutiques par une aggravation des maladies jusqu’à une résistance aux antimicrobiens tels que les antibiotiques ou les antipaludéens. Nous pouvons noter aussi des effets iatrogènes (Ndlr : voir notre glossaire) comme des insuffisances rénales pouvant conduire aux dialyses, ainsi que des insuffisances rénales. Des intoxications mortelles, des ulcères, des maladies hépatiques, des conséquences sur la santé de la reproduction comme des avortements peuvent survenir et même des effets cancérogènes », avertit le Dr Sène.

Pour éradiquer ce fléau, les pharmaciens attendent des mesures fortes des pouvoirs publics. Le Dr Alioune Camara a récemment appelé les autorités à corser les peines infligées aux fraudeurs. « Considérons le médicament comme la drogue, comme du stupéfiant et les autorités de la justice pourront prononcer des peines lourdes. Le problème que les pharmaciens rencontrent souvent avec les autorités de la justice est que les peines qui sont délivrées à ces trafiquants ne permettent pas de dissuader les éventuels récidives. Il faudrait que les autorités de la justice nous aident en prononçant des peines qui pourraient décourager d’éventuels récidivistes. Il faudrait aussi que les pharmaciens balaient devant leur porte», a-t-il lancé lors d’un point de presse.
Dans le même sillage, le Dr Aboubacrine Sarr martèle : « la Justice ne cesse de mettre en avant le fait que les textes ne sont pas adaptés, c’est pourquoi, nous appelons les autorités à aller dans le sens de criminaliser les actes qui consistent à commercialiser des médicaments contrefaits.»

Le Dr Marie Claude Sène demande de son côté le renforcement de la coopération avec les pays limitrophes ainsi qu’une synergie au niveau de nos services douaniers».

Source : Gouvernance

Notez


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Merci d'éviter les injures, les insultes et les attaques personnelles. Soyons courtois et respectueux et posons un dialogue positif, franc et fructueux. Les commentaires injurieux seront automatiquement bloqués. Merci d'éviter les trafics d'identité. Les messages des faiseurs de fraude sont immédiatement supprimés.
Ndarinfo milite en faveur d'un débat citoyen constructif.

Dans la même rubrique
< >
Vos cartouches d’encre à moindre coût à Saint-Louis chez Home Services !
Suivez l'actualité en temps réel
Facebook
Twitter
Instagram
YouTube
Rss


Les Infos dans votre boite Mail. Inscrivez-vous !

ACTU PEOPLE

Noyena !

Qui n'ose pas ne pas connaitre l'incontournable, le sympathique, l'élégant, le mécène du sportif...

LERAL.NET