Le démantèlement d’un véritable « laboratoire du faux » au cœur de la Médina a révélé l’implication directe de 114 fournisseurs dans un vaste système de fraude à la commande publique. Durant plus de dix ans, ces acteurs économiques ont sollicité les services de Yoro Diouf, ancien contractuel de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), pour se faire confectionner des documents administratifs falsifiés.
L’exploitation du matériel informatique et du téléphone de Yoro Diouf a permis d’identifier ces 114 entreprises qui achetaient de faux actes de l'ARMP-ARCOP, de la DGID, de l'IPRES ou encore de l'Inspection du Travail. Ces faux documents, indispensables pour soumissionner aux marchés de fournitures, étaient facturés entre 70 000 et 300 000 FCFA l'unité. Cette manœuvre a permis à ces fournisseurs d'accéder illicitement à des marchés publics, causant un préjudice estimé à plusieurs milliards de FCFA au Trésor public.
La riposte judiciaire est désormais lancée. Les chefs des Centres des services fiscaux de Guédiawaye, des Parcelles Assainies, de Ngor-Almadies et l'Inspection régionale du Travail ont officiellement porté plainte. L'enquête, qui s'appuie sur des preuves numériques accablantes, s'oriente vers une vague d'arrestations massives parmi ces chefs d'entreprise ayant utilisé les services du « laboratoire » pour contourner les règles de la transparence fiscale et sociale.
MS/NDARINFO