267 migrants abandonnés en Mauritanie : le convoyeur arrêté à Rosso face au Pool Judiciaire Financier

Samedi 16 Mai 2026 13:13

Le démantèlement d'un des réseaux de trafic de migrants les plus actifs de la sous-région a franchi une étape décisive. Les limiers de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) ont déféré ce vendredi 15 mai 2026 le nommé Y. Cissé devant le parquet du Procureur de la République près le Pool Judiciaire Financier (PJF) du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.


Visé par un avis de recherche depuis décembre 2025, le suspect a été intercepté à la frontière alors qu'il tentait de fuir vers la Gambie. Trouvé en possession de six téléphones portables et d'une somme de 518 000 francs CFA, il fait désormais face à de lourdes charges pour association de malfaiteurs, trafic de migrants par voie maritime et mise en danger de la vie d’autrui pour avoir tenté de convoyer 267 personnes à bord de deux pirogues de fortune.
 

L'enquête a débuté fin 2025 lorsque le Commissaire spécial de Rosso a remis à la DNLT deux vagues de clandestins rapatriés de Mauritanie après leur échec dramatique à rallier l'Espagne. La première embarcation, transportant 156 candidats, avait largué les amarres dans la nuit du 16 novembre 2025 à Djifer. Le second convoi, fort de 131 migrants ayant chacun déboursé entre 400 000 et 500 000 francs CFA, avait pris départ la veille en Gambie.


Après plus d'une semaine de dérive en haute mer, l'équipage s'est totalement perdu malgré l'usage d'un système GPS. Au neuvième jour de navigation, le 25 novembre, la pirogue a finalement échoué en Mauritanie où les capitaines ont immédiatement pris la fuite à l'accostage, abandonnant les passagers avant leur prise en charge par les autorités mauritaniennes et l'ambassade du Sénégal.
 

Lors de son interrogatoire dans les locaux de la DNLT, Y. Cissé a tenté de dégager sa responsabilité en chargeant son principal acolyte en fuite, L. Touré. Confronté aux témoignages accablants de 192 migrants rapatriés, dont ses propres voisins de quartier, le suspect s'est défendu sans convaincre : « C’est le nommé L. Touré qui donnait mon numéro de téléphone à ces gens-là qui veulent faire voyager les membres de leur famille ».


Les enquêteurs ont pourtant mis à nu des flux financiers internationaux suspects durant la période critique, notamment la réception de transferts de fonds d'un million de francs CFA depuis l'Espagne et de 300 000 francs CFA en provenance du Portugal. Bien que Y. Cissé affirme n'avoir joué qu'un rôle de relais financier pour le compte de son beau-frère, le parquet financier a décidé de le placer sous les verrous tandis que la DNLT poursuit activement ses recherches pour capturer la quinzaine d'acolytes identifiés dans ce vaste réseau opérant entre la Gambie, Betenty, Bara et Djifer.
 

MS/NDARINFO
 

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