Déféré ce mardi et en attente de son jugement fixé au 4 mai prochain, Abdoulaye Seck a été placé sous mandat de dépôt. Les chefs d’inculpation retenus contre lui sont particulièrement lourds : retrait frauduleux, collecte illicite, diffusion de données à caractère personnel et tentative d'extorsion de fonds.
Le journal Libération, qui rapporte les détails exclusifs de l'enquête, lève le voile sur un dossier mêlant trahison financière et chantage sexuel.
Une carte bancaire vidée dans les boîtes de nuit parisiennes
Tout commence par une relation de confiance qui vole en éclats. Selon les déclarations de la victime, Dame Amar, rapportées par les enquêteurs, ce dernier aurait confié sa carte bancaire à Abdoulaye Seck pour un retrait de 5 000 euros (environ 3,2 millions de FCFA) au guichet de l'hôtel Peninsula à Paris. Cependant, au lieu de rapporter la somme, le mis en cause se serait dirigé vers une boîte de nuit en compagnie d'un certain Amadou Niane.
Sur place, les dépenses auraient atteint la somme faramineuse de 10 150 291 FCFA, ponctionnés directement sur le compte de Dame Amar domicilié à Africa Bank.
Menaces de diffusion et vidéos intimes sur Snapchat
Le volet financier n'était que le prélude d'un chantage plus sombre. Le plaignant affirme avoir reçu, via l'application Snapchat, des vidéos intimes le mettant en scène avec sept femmes nues dans ce qui s'apparente à une partouze. L'envoi était assorti de messages de menaces explicites tels que « Tu vas voir gros pd... » ou encore la phrase choc : « T'as deux minutes ou tu vas faire le tour du monde... », sous-entendant une diffusion virale sur les réseaux sociaux si une importante somme d'argent n'était pas versée.
La ligne de défense d'Abdoulaye Seck et les saisies de la police
Interrogé par les enquêteurs, Abdoulaye Seck tente de minimiser sa responsabilité en évoquant un geste « préventif ». Selon sa version, l'une des filles présentes sur les vidéos lui aurait envoyé les fichiers en menaçant de les divulguer si Dame Amar ne réglait pas une dette à leur égard. Il nie farouchement les retraits frauduleux et prétend avoir supprimé les vidéos incriminées.
Toutefois, ces explications n'ont pas convaincu les autorités, qui ont saisi son téléphone portable, un iPhone 15 Pro Max, pour des analyses approfondies. L'enquête se poursuit pour identifier l'ensemble des ramifications de cette affaire d'extorsion.
MS/SN