Crise au sommet : Abass Fall dénonce un projet de « délégation spéciale » à Dakar et prédit le pire pour Pastef

Lundi 11 Mai 2026 10:01

Le climat politique au sein de la mouvance présidentielle semble se tendre considérablement. Lors d’un meeting politique organisé à la Médina, l’actuel maire de Dakar, Abass Fall, a lancé de graves accusations sur la gestion de l'exécutif sénégalais. Se revendiquant comme un « gardien du gardien de la Révolution » Ousmane Sonko, l'édile a révélé, selon des propos rapportés par le journal Les Echos, que des proches du président Bassirou Diomaye Faye chercheraient à installer une délégation spéciale à la tête de la ville de Dakar pour l'évincer.
 

Fidèle à sa ligne de conduite, Abass Fall a affiché une posture de défi face à ces manœuvres supposées. « La mairie est là, venez la récupérer. Je n’ai jamais sollicité quoi que ce soit et je n’ai jamais cru à un décret, car j’ai la légitimité politique grâce à Ousmane Sonko », a-t-il martelé. Par cette déclaration, le maire souligne une fracture de plus en plus visible entre la légitimité issue des urnes et les décisions émanant du Palais.
 
Un avertissement aux militants : « Pire que sous Macky Sall »  

L'édile de la capitale est allé encore plus loin dans son analyse de la crise interne, prédisant des turbulences majeures pour le parti Pastef. Il a averti ses militants qu'ils risquaient de vivre des blocages et des mises à l'écart de responsables bien plus sévères que ceux connus sous le régime précédent. « Ce que nous avait fait vivre le président Macky Sall [...], on risque de vivre pire que ça dans les semaines à venir. Soyez prêts politiquement », a-t-il prévenu, laissant présager une guerre fratricide au sommet de l'État.
 

Abass Fall a également apporté un éclairage sur le limogeage récent de Ousseynou Ly, ancien ministre et porte-parole de la Présidence. Sans entrer dans les détails techniques, le maire de Dakar a affirmé que ce départ forcé était lié à un refus d'obtempérer : « Il a été limogé parce qu’il n’a pas fait ce qu’on lui avait demandé de faire ». Ces sorties successives confirment l'existence de vives tensions entre les différents courants qui soutiennent l'actuel chef de l'État.
 

MS/NDARINFO
 
 

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