Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a souligné ce vendredi à Dakar le rôle crucial des innovations numériques pour transformer l'économie sénégalaise et africaine. Intervenant lors d'une conférence internationale organisée par la BCEAO, il a affirmé que ces technologies ouvrent la voie à une amélioration significative de l'efficience des systèmes de paiement, tout en réduisant les coûts des transactions. Pour le ministre, le numérique est l'outil indispensable pour accélérer l'inclusion financière et combler le retard accumulé en matière d'accès au crédit.
L'enjeu est particulièrement fort pour les pays en développement où la sous-bancarisation a longtemps freiné la croissance. Cheikh Diba estime que les innovations digitales permettent de renforcer la transparence et la traçabilité des flux financiers, tout en stimulant la compétitivité régionale. En présence du gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, il a décrit ces outils comme de puissants vecteurs de création d'emplois et de possibilités partagées pour les huit pays de l'Union.
Toutefois, cette transition vers une finance dématérialisée ne va pas sans risques. Le ministre a mis en garde contre le développement de la « finance de l'ombre » et la volatilité excessive des crypto-actifs. Les menaces de fraude, de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme et les cyberattaques constituent des défis majeurs pour la souveraineté monétaire et la stabilité financière de la zone UEMOA. Une vigilance accrue est donc demandée aux institutions financières pour naviguer dans ce nouvel écosystème.
Face à ces défis, la BCEAO a déjà entamé des actions pour accompagner la transformation numérique dans un cadre sécurisé et inclusif. Jean-Claude Kassi Brou a rappelé l'importance d'anticiper l'impact des crypto-actifs sur les politiques monétaires nationales. La conférence, placée sous le thème de la stabilité financière, a réaffirmé la nécessité d'une réponse collective et coordonnée pour tirer profit du digital tout en préservant l'intégrité du système financier ouest-africain.
MS/NDARINFO