L'Imposteur de Thiès : Comment « Chérif Ba » a piégé des dizaines de femmes.

Vendredi 8 Mai 2026 20:01

Le stratagème de S. Sow, alias « Chérif Ba », un quadragénaire rompu à la manipulation, s’est effondré ce 1er mai 2026 dans un hôtel de Thiès. L'homme, qui se faisait passer pour un haut fonctionnaire afin de séduire et d'extorquer ses victimes, a été interpellé par les éléments de la Sûreté urbaine. Tout a commencé sur Facebook, où Sow s'était inventé une carrière prestigieuse à l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD SA) pour gagner la confiance d'une jeune femme résidant à Yenne.
 

Leur premier rendez-vous physique a tourné au cauchemar. La victime, séduite par des promesses de mariage, s'est rendue à Thiès avec son bébé de deux mois. Dans la chambre d'hôtel, Sow, en état d'ébriété, a tenté d'imposer un rapport sexuel. Face à la résistance de la jeune femme, qui a réussi à alerter sa famille avant de perdre connaissance, l'illusion s'est brisée. L'intervention rapide des secours et de la police a permis de découvrir une perquisition accablante : outre de l'alcool, les enquêteurs ont saisi un téléphone contenant de nombreuses vidéos intimes d'autres femmes sénégalaises, confirmant l'ampleur de ses méfaits.
 

L'enquête a révélé une autre facette de l'imposteur. Sow n'usurpait pas seulement l'identité d'un cadre de l'AIBD, mais s'était également fait passer pour le procureur du tribunal de Thiès auprès d'un gérant de débit de boisson. Avec une assurance déconcertante, il avait ordonné de servir tout le bar avant de s'éclipser en laissant une facture impayée de 40 000 FCFA. Confronté à ces témoignages, le quadragénaire a fini par avouer avoir multiplié ces fausses qualités pour impressionner son entourage et ses cibles féminines.
 

Déféré au parquet à l'issue de sa garde à vue, S. Sow fait désormais face à une lourde série de chefs d'inculpation : viol, usage de faux nom, menaces de diffusion de données personnelles, usurpation de fonction et escroquerie. Cette affaire repose la question de la sécurité lors des rencontres virtuelles et met en lumière les méthodes de certains prédateurs qui utilisent les réseaux sociaux comme terrain de chasse pour briser des vies.
 

MS/NDARINFO

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