Le Gouvernement sénégalais place la nutrition au cœur de ses priorités pour le développement humain. Lors du Conseil des ministres de ce mercredi 29 avril 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a ordonné une révision majeure du cadre stratégique national. Cette décision vise à harmoniser les efforts de lutte contre la malnutrition avec la vision à long terme du pays, tout en répondant à des enjeux économiques et sanitaires pressants.
Vers une actualisation du Plan stratégique multisectoriel 2024-2028
Le chef du Gouvernement a instruit le Secrétaire général du Gouvernement de procéder à l'actualisation de la Politique nationale de développement de la nutrition. Cette réforme doit impérativement aligner le Plan stratégique multisectoriel de la nutrition (PSMN 2024-2028) sur les axes structurants du Masterplan 2025–2034. Cette synergie entre l'Éducation, la Santé et l'Agriculture est jugée indispensable pour garantir une approche cohérente et efficace de la sécurité nutritionnelle.
Digitalisation et éducation : les nouveaux leviers d'action
Pour moderniser la gouvernance du secteur, le Premier ministre a fixé l'échéance de fin 2026 pour la mise en place d'une plateforme digitale intégrée de gestion de données multisectorielles. Ce nouvel outil, développé en collaboration avec le ministère des Finances, permettra un suivi précis et en temps réel des interventions. Parallèlement, une stratégie de sensibilisation sera déployée, incluant une meilleure intégration de la nutrition dans les curricula d'enseignement, la formation et la recherche appliquée.
Un coût économique de 856 millions de dollars par an
L'urgence de ces réformes est soulignée par l'impact financier de la sous-nutrition, évalué à 856 millions de dollars annuels, soit 3,2 % du Revenu National Brut. Malgré une augmentation significative du financement étatique, multiplié par cinq, des défis majeurs persistent :
Retard de croissance : touche 17 % des enfants de 0 à 5 ans.
Kwashiorkor : une prévalence de 10 % signalée.
Obésité abdominale : concerne désormais 22 % de la population, particulièrement les femmes.
Pour assurer une transparence totale, le Gouvernement opérationnalise un outil de marquage budgétaire afin de tracer chaque franc investi dans la nutrition à travers tous les secteurs ministériels.
MS/NDARINFO