Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a porté un coup fatal à une organisation criminelle d'une rare sophistication. Le 5 mai 2026, une opération ciblée à la Rue 06 de la Médina a permis de démanteler un véritable "laboratoire" de contrefaçon spécialisé dans la falsification de documents administratifs et fiscaux de haute importance. Ce réseau permettait à des entreprises privées d'éluder leurs obligations légales pour capter indûment des fonds publics et bancaires.
Le mode opératoire reposait sur une expertise technique alarmante. Les faussaires confectionnaient des faux cachets de la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) pour établir des quitus fiscaux frauduleux. Ils produisaient également de fausses attestations de régularité sociale (IPRES) et des documents de l'ARCOP pour tromper la vigilance des instances de contrôle lors de l'attribution des marchés publics.
L'intervention policière a permis la saisie de scellés accablants qui témoignent de l'ampleur de l'activité. Dans l'antre des faussaires, les enquêteurs ont mis la main sur 15 cachets humides, dont six de la DGID, accompagnés de dateurs et d'encriers. L'inventaire révèle également plus de 40 contrats de marchés publics, 43 cahiers des charges falsifiés, ainsi que 165 attestations de régularité fiscale et des dizaines de quittances du Trésor.
Le matériel saisi comprend aussi 37 attestations IPRES et 35 attestations de régularité sociale. Pour assurer une production de haute qualité, le réseau disposait d'un matériel informatique de pointe, incluant deux unités centrales et trois imprimantes grand format utilisées pour l'impression des documents sécurisés.
Le profil du cerveau présumé de la bande renforce la gravité de l'affaire. Il s'agit d'un ancien agent contractuel informaticien de la DGID, ayant servi l'institution entre 2004 et 2017. Fort de sa connaissance des systèmes internes, il a reconnu l'intégralité des faits lors de son interrogatoire. Sa maîtrise des procédures fiscales lui permettait de créer des documents d'une ressemblance parfaite avec les originaux.
Actuellement en garde à vue, les deux individus interpellés font face à des chefs d'inculpation lourds, notamment l'association de malfaiteurs, la contrefaçon de sceaux de l'État, le faux en écritures publiques et l'escroquerie portant sur les deniers publics. L'enquête se poursuit pour identifier d'éventuels bénéficiaires de ces faux documents au sein du secteur privé.
MS/NDARINFO