Réforme du Code électoral : le choix inattendu de Barthélémy Dias

Samedi 16 Mai 2026 16:02

La dernière réforme du Code électoral, en particulier la modification très controversée des articles L29 et L30, continue de cristalliser les débats au sein de la classe politique et des cercles juridiques sénégalais. Alors que plusieurs experts annonçaient un possible retour de Barthélémy Dias à la tête de la municipalité de la capitale, l'ex-édile a brisé le silence pour clarifier définitivement sa position.


Invité sur le plateau de la 7Tv, le leader du mouvement "Sénégal Biñu Bok" a coupé court aux spéculations avec une fermeté remarquable : « Si la loi est promulguée, ça ne me concerne pas. Si elle est rétroactive je ne retournerai pas à la mairie de Dakar. Je ne retournerai pas à l’Assemblée nationale ». Par cette sortie, l'ancien maire écarte toute velléité de reconquête par des voies législatives aménagées.

 

Barthélémy Dias met en avant une question d'éthique personnelle et refuse de s'engager dans ce qu'il qualifie d'arrangements politiques de l'ombre pour récupérer ses anciens mandats électifs. L'ancien parlementaire a tenu à rappeler la légitimité populaire qui l'avait porté au pouvoir exécutif local avant son éviction tumultueuse au profit d'Abass Fall : « Ma dignité ne me le permet pas. Ce sont des votes qui m’avaient mené à la mairie de Dakar. J’y ai été défenestré de force, mais je n’userai pas de combines pour y retourner. Que la loi soit rétroactive ou pas ». Cette posture de principe isole le débat autour de sa personne pour le replacer strictement sur le terrain du droit pur.
 

Sur le plan strictement juridique, l'applicabilité de cette réforme à la situation de Barthélémy Dias reste un cas d'école. Interrogé par le quotidien Walf, le juriste Dr Aldiouma Touré a expliqué que l'ancien maire pourrait techniquement bénéficier de la rétroactivité de la nouvelle loi.


Ses démêlés judiciaires liés à l'affaire Ndiaga Diouf ayant été définitivement requalifiés en homicide involontaire (ce qui constitue un délit et non un crime), il n'était pas sous le coup des articles du Code général des collectivités locales visant les crimes ou les détournements de deniers publics.


Pour acter sa révocation, l'État avait dû s'appuyer sur l'article L29 du Code électoral. Par conséquent, l'expert estime que « le caractère général et impersonnel de la règle de droit interdit d'empêcher à Barth de bénéficier de cette loi déclarée expressément rétroactive », même si le principal intéressé a choisi de tourner la page.
 

MS/NDARINFO
 

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