Le leader de PASTEF, Ousmane Sonko, a profité de son face-à-face avec la presse ce mardi pour lever le voile sur les détails de sa discussion tenue hier lundi au palais présidentiel avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Lors de cette entrevue survenue ce lundi, les deux hommes ont abordé de front plusieurs questions économiques et institutionnelles majeures, à commencer par la problématique de la dette publique et les décisions financières à venir. Selon les propos d'Ousmane Sonko, le chef de l'État lui a signifié qu'il n'envisageait pas de restructuration de la dette pour le moment, tout en n'excluant pas cette option si la crise devait persister.
La question de la cherté de la vie et de la gestion des prix a également fait l'objet d'un arbitrage, le Président assurant qu'aucune hausse n'était programmée, bien qu'un ajustement reste envisageable si la situation économique actuelle ne s'améliore pas.
Le fossé politique entre les deux leaders s'est particulièrement creusé autour des dossiers de la Justice et de la composition du nouveau gouvernement d'Al Aminou Lô.
Sur la reddition des comptes, le président de la République a indiqué que tout allait bien, provoquant une réplique immédiate d'Ousmane Sonko qui lui a notifié leur désaccord profond sur ce sujet précis. Les négociations ont définitivement achoppé sur la représentativité de PASTEF au sein de l'Exécutif.
Le Chef de l'État comptait initialement sur la présence de 7 membres de PASTEF, tout en exprimant le souhait de confier les ministères de souveraineté à des profils sans coloration politique.
Une posture contestée par Sonko, qui a fustigé la nomination aux Forces armées d'un profil « qui fait de la politique du matin au soir ». Refusant de servir de simple caution politique pour la seconde partie du mandat sans une représentativité adéquate, le leader de PASTEF a soumis des contre-propositions après consultation de son Comité exécutif (COMEX).
Face au refus du chef de l'État de donner une suite favorable à ces demandes, le parti a officiellement acté sa décision de ne pas siéger dans le nouveau gouvernement.
MS/NDARINFO