Me Abdoulaye Tine, membre de la Coalition Diomaye Président, a apporté un bémol important aux récentes annonces gouvernementales lors d'une conférence de presse tenue ce lundi. Bien qu'il se dise en accord avec le fond des réformes visant à empêcher l'instrumentalisation de la justice à des fins politiques, l'avocat s'oppose frontalement à la méthode utilisée pour modifier les articles L.29 et L.30 du Code électoral. Il dénonce une rupture avec l'esprit de consensus qui avait pourtant marqué les Assises de la justice et le dialogue politique national.
Une procédure d'urgence jugée sans fondement juridique
Le point de friction majeur réside dans l'utilisation de la procédure d'urgence par le gouvernement pour faire adopter ces modifications législatives. Me Abdoulaye Tine estime que cette urgence n'est pas caractérisée en droit, soulignant que la prochaine élection présidentielle n'aura lieu qu'en 2027. Selon lui, aucun impératif calendaire ne justifie de court-circuiter les consultations habituelles avec l'opposition et la société civile, substituant ainsi une logique unilatérale à l'élan unitaire laborieusement construit lors des dialogues précédents.
Un appel au respect des acquis du dialogue national
Ancien combattant du M23 et expert des contentieux électoraux devant la CEDEAO, Me Tine rappelle que la voie des réformes était déjà tracée par le paquet de mesures issu des Assises. Il regrette que l'exécutif s'écarte de cette trajectoire au moment de la traduction législative. Pour l'avocat, le respect du calendrier et de l'inclusion de toutes les parties prenantes est essentiel pour garantir la légitimité des réformes du Code électoral, évitant ainsi de fragiliser le système politique sénégalais par des décisions précipitées.
MS/NDARINFO