Saint-Louis et le gaz GTA : les revenus extractifs bondissent à 39,6 milliards FCFA en 2024, les retombées locales déçoivent

Jeudi 11 Juin 2026

La région de Saint-Louis attend davantage de l'exploitation gazière. C'est le constat central qui a traversé le Comité Régional de Développement tenu hier dans la capitale du Nord, sous la présidence du gouverneur Al Hassan Sall, consacré à la présentation et à la validation du Rapport ITIE 2024.
 

Si les chiffres nationaux affichent une santé extractive robuste — 455,99 milliards FCFA de contribution globale du secteur, un score de transparence de 89/100 jugé « très bon » selon la Norme ITIE 2023 —, les retombées locales restent en deçà des attentes. La contribution des entreprises extractives à Saint-Louis a certes bondi de 17,981 milliards FCFA en 2023 à 39,618 milliards FCFA en 2024, portée par le démarrage effectif du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Mais ce doublement masque un paradoxe structurel.
 

« Au niveau national, les fournisseurs locaux ont devancé les étrangers avec 1.110 milliards contre 1.025 milliards. Mais pour Saint-Louis, on est à 7 milliards contre 23 milliards », a relevé Thialy Faye, pointant la faiblesse du contenu local dans la région directement concernée par le projet GTA. Les transactions avec les fournisseurs locaux n'atteignent que 7,212 milliards FCFA, soit 0,65% de l'enveloppe globale captée par les entreprises étrangères, estimée à 1.110 milliards FCFA. La région ne compte par ailleurs que 207 emplois directs liés au secteur extractif. « 207 emplois, ce n'est pas fameux. On veut aller plus loin », a-t-il affirmé.
 

Le gouverneur Al Hassan Sall a salué le travail de l'ITIE « au service exclusif des populations », rappelant que « les ressources naturelles appartiennent au peuple » selon la Constitution, tout en pointant la place encore « timide » des fournisseurs locaux. Les dépenses sociales volontaires recensées dans la région s'élèvent à 904 millions FCFA et les dépenses environnementales à 523 millions FCFA, des montants jugés loin des attentes des communautés.
 

Les échanges ont porté sur trois axes jugés prioritaires : la répartition des revenus, le contenu local et l'impact environnemental, notamment le suivi de la réhabilitation des sites et les effets du projet GTA sur la biodiversité marine et la pêche. Un forum élargi aux communautés de pêche est prévu pour recueillir leurs préoccupations.
 

Sur la trajectoire financière, Thialy Faye se veut optimiste : « Dans les années passées, on était dans une phase préparatoire. En 2024, on a constaté le démarrage de l'exploitation. C'est ce qui justifie que chaque année, et même en 2025, les revenus vont augmenter davantage. » Le rapport 2026 sera vulgarisé en langues nationales et décliné en infographies. « Les communautés attendent beaucoup de l'exploitation. Il est normal de leur présenter les résultats et attendre leurs recommandations pour nos rapports futurs », a conclu le Président du CN-ITIE.
 

MS/NI

 

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