Ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom retrace les grandes heures et les combats épiques qui ont jalonné la trajectoire du Parti démocratique sénégalais (PDS).
Reçu dans son cabinet de la rue Carnot, à un jet de pierre de la place Washington, le natif de Saint-Louis est revenu avec une vive émotion sur ses premiers pas en politique dès 1976, année de l'obtention de son baccalauréat et de la tenue du mémorable congrès constitutif de Kaolack.
Compagnon historique du "Pape du Sopi", l'avocat a décrit les premières torpilles lancées par le Parti socialiste (PS) pour déstabiliser le jeune mouvement libéral avant de raconter comment il a su s'imposer auprès d’Abdoulaye Wade grâce à une enquête retentissante sur l’ONCAD, publiée dans le journal des jeunes du parti, Takku, puis reprise dans Le Démocrate.
Ce coup d'éclat lui vaudra d'être coopté au poste de secrétaire national à l'information et porte-parole du président Wade pendant près de quinze ans.
Dans ce récit historique qui s'étire des premiers meetings clandestins jusqu'à la défaite électorale du 25 mars 2012, Ousmane Ngom jette une lumière crue sur la radicalisation de l'opposition sous l'ère d'Abdou Diouf.
Évoquant l’accession au pouvoir de ce dernier via l’article 35 de la Constitution, qu'ils raillaient à l'époque en le surnommant le "Président article 35", l'ancien ministre a détaillé le climat de confrontation frontale qui a suivi la présidentielle contestée de 1983.
Le point d'orgue de cette répression étatique surviendra en 1986, en marge d'une manifestation anti-apartheid organisée à Dakar en soutien à Nelson Mandela. Me Ngom, alors jeune avocat stagiaire, se souvient de l’arrestation spectaculaire d’Abdoulaye Wade au sein même de son cabinet d’avocat, prélude à un procès historique marqué par la décision révolutionnaire du juge Mody Coumba Bâ qui prononça une relaxe pure et simple pour ce que la presse de l'époque qualifia de « flagrant délit sans délit ».
SN/NDARINFO