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Hommage à Monsieur Ibrahima DIAO et au Professeur Baydallaye KANE : je refuse d’être ingrat !

Mardi 4 Septembre 2018

Il est injuste de laisser le 15 mai assombrir le bilan ô combien élogieux de deux autorités qui, durant toute la durée de leur mandat, n’ont jamais cessé d’œuvrer pour le rayonnement de l’Université Gaston Berger et surtout pour le bien-être des étudiants sanarois.


J’ai attendu ce moment pour parler, car je suis sûr que les acteurs concernés (les étudiants en particulier), en bons croyants, ont digéré les incidents de cette journée tragique et sont maintenant assez prêts pour entendre raison. A cet effet, pourquoi au Sénégal, quand une personne tombe, non seulement on lui tourne le dos (comme dit le Président Abdou Diouf dans ses Mémoires), mais aussi et surtout on oublie (par ingratitude) ses bonnes actions et les bons actes qu’elle a posés ?


On ne se réjouit certes pas de la mort d’une personne a fortiori d’un étudiant qui portait l’espoir de toute sa famille, mais vouloir attribuer cette mort à ces deux autorités, revient à se révolter contre la Volonté de Dieu. En d’autres termes, le 15 mai est un épisode malheureux dans l’histoire de l’UGB et je refuse d’être complice de cette ingratitude.

Je refuse de laisser cette date me faire oublier les belles actions entreprises jusque-là par M. Ibrahima DIAO et Pr. Baydallaye KANE. Ce n’est pas le moment de revenir sur leurs parcours mais il suffit d’interroger l’histoire de l’UGB pour connaitre la vraie valeur de l’ancien Recteur qui s’est toujours battu pour l’émergence de l’enseignement supérieur à l’UGB. Une fois, je me suis opposé à lui et j’avais même publié une contribution afin de manifester mon opposition. Or, dans mon for intérieur, j’avais honte de le faire car, je savais que je m’attaquais à un grand homme, une personne intègre, respectueuse, travailleuse…mais imparfaite comme tous les êtres humains. Ce jour-là, j’étais conscient de son mérite mais comme il était le Recteur, il fallait qu’on le booste pour qu’il fasse mieux.


Quant à M. Ibrahima DIAO, il suffit, au moins, d’avoir une ancienneté de dix ans au campus pour reconnaitre sa valeur sûre. En deux ans et demi déjà, il avait dépassé tous ses prédécesseurs. Il a, en effet, complètement modernisé et rendu vivable le campus social avec la transformation du « tour de l’œuf » en une place publique à l’image de la « Place de l’Obélisque » à Dakar. Pour rappel, avant qu’il ne soit Directeur, ce lieu était non seulement un terrain de football, un dépôt de déchets des toilettes des villages universitaires mais surtout un abri des serpents, des chiens errants. Personne n’osait y traverser la nuit au-delà de 21 heures de peur d’être attaqué par des animaux féroces. Aujourd’hui, l’espace permet aux étudiants de réviser leurs cours jour et nuit, de tenir des réunions et autres rencontres socio-pédagogiques.


En outre, ce que trois Directeurs du CROUS (M. Karim CISSE, M. Omar SARR et M. Birame Ndeck NDIAYE) ont réalisé en dix ans, lui, il l’a fait en trois années. Autrement dit, si de 2004 à 2014, ces trois Directeurs n’ont construit que trois villages (Villages L, M et N), en trois années (2014 à 2017) M. Ibrahima DIAO a livré un village d’urgence très apprécié (le village O) et il était aussi sur le point de finaliser deux villages jumeaux (l’un entre le village M et la Direction du CROUS et l’autre en face du village A) pouvant accueillir chacun plus de 2000 lits.


L’autre réalisation faite par M. Ibrahima DIAO et qui mérite d’être saluée est l’installation (partout dans le campus) de bancs publics : aux alentours du terrain Valentin, celui du campus 2, tout au long du mur du « Tour de l’œuf », entre la Cafétéria et le village K, dans les villages universitaires. Bref, Ibrahima DIAO a installé plus de 600 bancs publics au campus.
L’extension du restaurant 2 et la signature d’un contrat avec la SDE  pour faciliter l’accès direct de l’eau dans le campus social, l’augmentation de la subvention de la COM-SOC qui passe de 1.500.000f avec M. Omar SARR, de 5.000.000f constituent de manière ramassée les autres réalisations de M. Ibrahima DIAO.


L’une des réalisations les plus profitables pour les étudiants est la transformation des toilettes (jadis abandonnées) en guichets de vente de tickets de restauration, en ateliers de menuiserie, de plomberie et d’électricité. 


En d’autres termes, avant M. DIAO à la tête du CROUS, il existait des « salles d’études » dans chaque G (pavillon) des villages universitaires mais, ces dernières, au lieu d’être occupées par des étudiants, abritaient les ateliers de ces métiers mentionnés en haut (en plus des réparateurs de téléviseurs, des techniciens de reproduction de clés, de la sécurité, du Bureau de Suivi des Loyers…). Une telle pratique augmente le taux élevé d’étudiants sans logement. Conscients de cela (et acceptant mes conseils qui consistaient à déloger les ouvriers pour installer les étudiants), M. Ibrahima DIAO a aussitôt donné l’ordre pour qu’on applique cette mesure.


Vu tout cela, pourquoi ne pas oublier les événements du 15 mai ? Après tout, il faut oser le dire, M. Ibrahima DIAO et Pr. Baydallaye KANE n’ont pas failli à leurs missions ; ce qu’ils ont fait la veille du 15 mai relevait entièrement de leurs prérogatives les plus légitimes : ils avaient, en cas de menace, le droit de protéger le campus social. Le Pr. Mary Teuw NIANE l’a fait en 2009 tout comme le Pr. Lamine GUEYE en 2013. Malheureusement, la mort d’homme qui a suivi ces récents événements et qui n’est pas liée à la volonté du Recteur ni celle du Directeur du CROUS sortant, a un peu noirci le bilan ô combien louable de M. DIAO et du Pr. KANE. Ce sont des profils expérimentés dont le Sénégal en a besoin.

Toutefois, on aura tort de laisser dans les oubliettes ces vaillants serviteurs qui sont tombés uniquement parce qu’ils voulaient défendre et protéger le Temple du savoir sanarois. En ce sens, il faut souligner que l’université est un milieu très difficile à gérer surtout du fait de la diversité culturelle et ethnique qui influe sur l’éducation des étudiants. Mais, malgré cela, ils ont réussi à rester à marquer positivement leurs empreintes (malgré les événements du 15 mai). 
M. Ibrahima DIAO a, derrière lui, une forte base politique qui lui est très fidèle car composée de villageois connus pour leur fidélité et leur intégrité. 


Quant au Pr. KANE, c’est un intellectuel hors pair dont le pays a besoin. Depuis que je suis à l’UGB (depuis 14 ans donc), je n’ai jamais vu un professeur plus intègre et plus honnête que lui. Le pays a besoin encore de son expertise.
En définitive, il faut retenir un point : M. Ibrahima DIAO et Pr. Baydallaye KANE sont entrés dans le pétrin uniquement parce qu’ils voulaient tenter de gérer une crise dont ils ne sont pas responsables : le retard du paiement des bourses qui est sous la responsabilité du Ministre de l’Enseignement Supérieur et du Ministre du Budget. 


C’est pour cette raison qu’on doit tous rendre un vibrant hommage à ces deux vaillants serviteurs de la Nation car, après tout, le pays a besoin de leur expertise.

Dr Mame Alé MBAYE


 


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1.Posté par seye le 05/09/2018 21:26 | Alerter
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heureusement que quelqu’un a eu le courage de les rendre hommage

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