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Boubacar Boris Diop milite pour une langue africaine commune

L’écrivain sénégalais Boubacar Boris Diop a plaidé récemment à Genève, en Suisse, pour l’adoption d’une langue africaine commune.

Mardi 19 Juin 2018 - 07:20

"Il nous faut, pour une question de fierté africaine et pour l’histoire, une langue continentale universelle", a dit Boubacar Boris Diop.
 
"Les langues occidentales (anglais ou français) ont la chance de permettre aux différents pays africains de communiquer. Il nous faut sortir de cette impasse, que l’histoire se fasse et que les langues s’affrontent", a-t-il ajouté.
 
Boubacar Boris Diop co-animait samedi au Club suisse de la presse avec Théo Ananissoh (Togo), Ambroise Kom (Cameroun), Abdelaziz Baraka Saki (Soudan), une conférence sur le thème : "L’écrivain africain face à ses lecteurs".

Selon le dramaturge et essayiste sénégalais, "on ne peut plus servir aux Africains l’argument qu’ils ne pourraient plus se comprendre, s’ils développaient une langue africaine".

Boubacar Boris Diop se dit convaincu que l’un des problèmes de la littérature et du lectorat africains est l’utilisation d’une langue qui leur est étrangère. Il a appelé les pays africains à aller dans le sens du Rwanda qui a fait du Swahili sa langue officielle.

"Les auteurs africains doivent se focaliser sur leur lectorat au premier abord. Lorsqu’on écrit dans notre langue maternelle, tout change, y compris la thématique. J’ai perçu cette différence quand je suis passé au wolof", a souligné l’écrivain Grand Prix littéraire d’Afrique noire, en 2000.
 
Pour sa part, l’auteur camerounais, Ambroise Kom, a émis une réserve personnelle sur le débat sur le statut de l’écrivain africain. "L’écrivain africain est en quelque sorte une mythologie. J’hésite à parler de la littérature africaine, je préfère dire littérature en Afrique", a-t-il argué.
 
Selon cet universitaire, "il n’y a pas une véritable industrie du livre dans le continent, encore moins des maisons d’édition, ou même des grands prix littéraires comme cela se fait ailleurs".
 
"La plupart des auteurs africains sont édités à l’étranger, et le public africain a de grands problèmes pour accéder à ces productions et pour la plupart du temps, ne s’y retrouve pas", a-t-il soutenu.
 
Cette conférence est organisée par la CENE (Cercle des amis des écrivains noirs engagés), une association de lecteurs basée à Genève qui a décidé de soutenir la littérature africaine.

Sa présidente, Flore Agnès Nda Zoa, fait remarquer que la CENE Littéraire, qui décerne depuis 3 ans un prix littéraire intitulé "Les Afriques", a choisi cette année comme lauréat l’auteur jamaïcain Kei Miller pour son ouvrage "By the Rivers of Babylon".
 
Le prix d’un montant de 6000 francs suisse, soit 3 millions de francs CFA et une œuvre d’art du peintre sénégalo-suisse, Momar Seck, lui ont été remis par un jury composé d’écrivains professionnels africains, parmi lesquels Théo Ananissoh du Togo, Ambroise Kom du Cameroun, Abdelaziz Baraka Sakin du Soudan et Boubacar Boris Diop du Sénégal.

APS

 


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1.Posté par Momo le 19/06/2018 12:06 | Alerter
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Le swahili n'est pas parlé à l'international par les éminences rwandaises...Tout comme le wolof par les Sénégalais, qui ne le parleront jamais avec les américains, les français ou les espagnols. Boubacar Boris Diop nous parle de ça depuis le début des années 90 alors que sa reconnaissance internationale comme écrivain, il la doit à la langue française.

2.Posté par Daniel Mignot le 19/06/2018 13:56 | Alerter
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Bien dit Monsieur Momo et le swahili au Rwanda n'est jamais que l'une des 4 langues officielles avec le Kinyarwanda, l'Anglais et le Français. Cet article nous fournit donc une information partielle voir partiale et bon courage pour l'espéranto tropicalisé....

3.Posté par Xunxunöor le 20/06/2018 10:02 | Alerter
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Je suis du même avis que l'auteur camerounais...Je me souviens en outre que l'un des romans de M.Diop écrit en langue wolof du Sénégal, fut contraint de passer à la langue de Molière pour être accessible aux lecteurs.. La question pour moi est de chercher à trouver une voie médiane (des voies médianes) pour nous en sortir...

4.Posté par Sindoné le 20/06/2018 10:22 | Alerter
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En attendant, il faudrait passer à l'anglais au plus, le français etant une langue très compliquée et peu utile à l'internationale.

5.Posté par Momo le 21/06/2018 11:28 | Alerter
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Oui c'est vrai que l'anglais se montre de plus en plus indispensable...Mais pour BB Diop, c'est du pareil au même.
Le problème, c'est que ça n'avance pas: les tenants des langues régionales travaillent dessus depuis les années 70...alors que l'Etat du Sénégal continue à faire du français sa langue officielle et que les Instituts Français et les Alliances Françaises ont des politiques d'ouverture aux cultures des pays d'accueil. Par ailleurs, sans politique ambitieuse de l'édition de livres en français, je ne vois pas comment le Sénégal pourrait mieux le faire en wolof...surtout que les wolophones ne connaissent que très peu leur alphabet...Et pourquoi le wolof plutôt que le pulaar? D'où cet esperanto africain qui est une idéologie plutôt qu'une idée réaliste.

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