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Macron va dévoiler un nouveau calendrier de confinement, aujourd'hui

Lundi 13 Avril 2020

Pour sa troisième allocution depuis l’Élysée, et alors que la situation sanitaire s’améliore timidement, le chef de l’État devrait demander aux Français de poursuivre leurs efforts.


Emmanuel Macron, le 8 avril, à l’Élysée. POOL/REUTERS
Emmanuel Macron, le 8 avril, à l’Élysée. POOL/REUTERS
Il y a un mois, Emmanuel Macron s’adressait aux Français pour sa première allocution solennelle sur le Covid-19, en alertant l’opinion publique sur «la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle». Ce lundi, il reprend la parole à 20 heures, ou plus exactement à 20 h 02, après les traditionnels applaudissements à destination des soignants pour exhorter le pays à tenir. «Il adressera à son tour des remerciements, explique son entourage. Il remerciera tous ceux qui ont permis à la société de faire corps.»

Le chef de l’État peut s’appuyer sur les premières bonnes nouvelles depuis le déferlement du virus: l’épidémie a atteint un plateau et le nombre des admissions de patients dans les services de réanimation a baissé. «Les hôpitaux ont tenu, contrairement à ce que disaient nos détracteurs, s’enorgueillit un visiteur du soir. Emmanuel Macron se trouve maintenant dans un contexte plus favorable pour expliquer ses choix, préciser sa gestion de la crise.»
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C’est donc le moment de faire résonner l’arithmétique des soins. «Nous sommes passés de 5 000 à 14.000 lits en réanimation et nous n’avons pas eu à trier les patients», souligne-t-on par exemple à l’Élysée. «Il a bien fait d’attendre trois jours, pour pouvoir annoncer de bonnes nouvelles sur le front sanitaire, juge François Patriat, patron des sénateurs macronistes. Mais il faut rester prudent, rassurer les Français et les préparer au choc économique.»

La «nécessaire coopération européenne»

S’il y a urgence à s’expliquer, c’est aussi parce que la défiance s’est solidement installée. Seuls 38 % des Français font actuellement confiance au gouvernement pour faire face à l’épidémie, selon un sondage de l’Ifop pour Le Journal du dimanche. Beaucoup de ses fidèles recommandent du coup au président de faire preuve, dans son allocution, d’«humanisme», de «compassion», de «modestie». «La posture guerrière a vécu, observe un interlocuteur du chef de l’État. Il faut désormais exprimer davantage d’empathie.» D’autant que les messages risquent d’être difficiles à entendre.

«Malgré les bonnes nouvelles du front sanitaire, le chef de l’État devrait, lundi soir, doucher les espoirs de tout le monde, anticipe un conseiller ministériel. La vie normale ne reprendra sans doute pas avant septembre pour les écoles, les restaurants et les bars. Ça va être difficile et long…» La période de confinement proprement dite pourrait donc encore s’étendre, a minima, de quatre semaines. «Le président a la certitude que les Français veulent voir la lumière au bout du tunnel» et souhaite donc être en mesure de leur annoncer une date de fin, glisse l’un de ses proches.


L’exécutif redoute toutefois le scénario d’une deuxième vague, qui pourrait être imputée à un déconfinement précipité. Même après cette étape, les grands rassemblements, culturels ou religieux, pourraient rester interdits encore quelques semaines. «Ce type de rassemblements est un foyer de propagation épidémique bien plus dangereux que les contacts entre personnes dans la rue», a souligné le professeur Didier Raoult, jeudi, lors de son échange à huis clos avec Emmanuel Macron.


Quant aux frontières extérieures, elles pourraient rester durablement hermétiques. Le président de la République a prévenu les partenaires sociaux, vendredi, que les frontières extérieures de l’espace Schengen seraient fermées jusqu’en septembre, comme l’a révélé L’Opinion. Des consultations récentes ont eu lieu sur ce sujet avec le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Cette nouvelle allocution sera aussi l’occasion, selon certains proches d’Emmanuel Macron, d’évoquer la «nécessaire coopération européenne». «La France a placé le curseur très loin, dès le départ. Il faut que le président prenne le point», souligne un responsable de la majorité.
Unité nationale

Pour faire face à la crise sociale qui arrive, le gouvernement a planché sur de nombreuses options, dont celle, selon nos informations, d’un octroi d’une prime pour les plus démunis, notamment les allocataires de minima sociaux. «Un grand nombre de personnes sont touchées dans leurs besoins les plus primaires. Certains parents ont des difficultés à nourrir leurs enfants qui, habituellement, vont à la cantine ou au restaurant universitaire», rappelle Stanislas Guerini, patron de La République en marche, qui a plaidé en faveur d’une aide aux plus fragiles mais aussi à destination des soignants et des travailleurs sociaux, «ceux qui sont en première ligne».
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D’autres au sein de la majorité insistent pour élargir le Fonds de solidarité aux TPE, indépendants et autoentrepreneurs. «Le chef de l’État est très sensible à la question de l’unité du pays: est-ce que la nation tiendra? C’est son obsession en ce moment», confie l’un de ses interlocuteurs habituels. Depuis le début de la crise, Emmanuel Macron s’est d’ailleurs rendu dans un centre d’hébergement pour SDF et a fait un déplacement, la semaine dernière, en Seine-Saint-Denis. «Pour rendre acceptable la prolongation du confinement, il faut que tous nous prenions notre part de cette dimension de détresse personnelle humaine, il faut s’adresser à ceux qui souffrent», souligne le patron du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, Patrick Mignola.


Soucieux de pouvoir compter sur un consensus national, le chef de l’État a multiplié les appels durant le week-end. Il devait notamment joindre ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande. «Le président a intérêt à solidifier l’unité nationale contre le virus. C’est ce combat qu’il faut gagner, et gagner tous ensemble. Le climat politique est moins violent qu’il ne l’a été mais les injonctions contradictoires sur les masques, par exemple, méritent probablement des explications», s’avance un haut cadre de la majorité.


L’occasion de «donner des réponses, tracer des perspectives, annoncer des données sérieuses sur lesquelles le pays pourra accrocher son espoir, mais sans être trop guimauve», dit un autre, et surtout sans brûler les étapes. «J’imagine un discours présidentiel dont l’horizon se compte en semaines plus qu’en mois, anticipe Stanislas Guerini. L’opinion se pose des questions très concrètes, je ne pense pas que ce soit le moment de se projeter sur la France dans dix ans. Ce serait trop en décalage avec le front.»


De son côté, Édouard Philippe a appelé de nombreux leaders politiques. Vendredi, il a promis d’organiser un débat au Parlement si un outil de traçage devait être utilisé par les pouvoirs publics en phase de déconfinement.

LE FIGARO