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Vague de chaleur dans le Nord : Un été meurtrier en vue

Vendredi 20 Mai 2022

A cause de la proximité du désert, le climat est très difficile dans le Nord. Ces dernières heures, des vents chauds et secs venus du Sahara frappent les populations du Fouta, qui doivent s’adapter : installation de climatiseurs, changement vestimentaire, réduction des sorties, informe "Le Quotidien".


Vague de chaleur dans le Nord : Un été meurtrier en vue
Le Sahara est juste à côté… Le mois de mai de cette année est accompagné d’une vague de chaleur inouïe au Fouta. Avec elle, des vents très chauds et poussiéreux, de jour comme de nuit. Frappées par un vent chaud et sec, des températures très élevées, les populations cherchent les bonnes méthodes pour résister à cette forte canicule. «Tant qu’il n’y a pas encore les premières gouttes de pluie, ce sera ainsi», balance un homme d’un âge avancé à un jeune garçon qui se lamentait des rigueurs de ce climat sahélien. Invivable !

Depuis le début du mois de mai, la canicule connaît son paroxysme au Fouta. Les températures oscillent entre 42 et 45 degrés la journée et entre 36 et 40 degrés la soirée. Comme le malheur ne vient jamais seul, les vents poussiéreux qui se sont levés dans le Sahara, ont fortement soufflé ces dernières heures, exacerbant la forte chaleur.

A la fin du Ramadan, les habitants espéraient la fin du calvaire. A l’époque, les jeunes étaient obligés de rallier les berges du fleuve Sénégal ou de ses confluents pour supporter la canicule en période de jeûne. Mais, rien n’a changé… Abass, un émigré au Congo, rentré au village depuis deux mois, indique : «J’ai cru qu’après le Ramadan, je n’allais plus souffrir de la chaleur mais en plus d’elle, il y a la poussière. Je suis sorti de ma chambre car la chaleur y est insupportable mais dans la cour de la maison comme dans la rue, c’est pire car les gens reçoivent des coups de vents chauds et inhalent de la poussière».

En cette matinée du mardi, le soleil est déjà haut à 7h. Et à 9h, les vents sifflent aussi et ils ne faiblissent pas à 19h. Un vrai cocktail explosif. Il conclut par un adage pulaar : «To doge woodi to faaye ala (Ndlr : On sait quel endroit fuir sans avoir un autre pour s’y refugier).»

Dans les rues et les maisons, les méthodes utilisées comme remèdes contre la chaleur et la poussière sont multiples, dont des tissus assez transparents comme des meulfeu, meylouss, d’autres mettent des turbans et chapeaux. En ces mauvais temps au Fouta, les plus vulnérables ce sont les enfants et les personnes âgées. Pour amoindrir les peines de la canicule et de la poussière, ils sont assignés dans des chambres climatisées.

D’autres imbibent leurs habits quand la chaleur devient accablante. «Nous avons rangé la plupart de nos habits et la mode, depuis le mois de Ramadan, ce sont les meulfeu. C’est léger mais aussi on peut se couvrir contre la poussière qui nous fatigue ces temps-ci», raconte Bineta Sy, élève au lycée de Thilogne.

Climatisation et changement vestimentaire

A la grouillante gare routière de Galoya, tous les visages sont masqués de turbans. Assis au fond de son magasin, A. Sarr, vêtu d’un meylouss, ne compte en changer tant que la chaleur persiste. «Ça soulage de la chaleur et vous protège de la poussière. S’il m’arrive de sortir, je mets d’abord mon turban car ce matin (mardi) encore, la poussière ne s’est pas arrêtée», raconte ce commerçant. Habitués aux fortes chaleurs pendant une longue période de l’année, les Foutankés ont aménagé les cours de leur maison pour dormir à la belle étoile. Mais dernièrement, les lits en bâtons appelés «diwré» et les constructions «dindéré» sont abandonnés à cause de la poussière.

Au Fouta, tout est prévisible sauf le temps qu’il fera à cause de la proximité du désert. Quand les vents poussiéreux et secs commencent à souffler, les populations ressortent une métaphore pour maudire ce climat aride : «Bobo bondo daawi (Ndlr : l’enfant maudit est ressorti…).»

Après des jours de souffrance, les populations s’attendent à un répit pour pouvoir souffler quelques jours. En attendant que le ciel ouvre ses vannes.

Ndèye Fatou Kébé