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Il faut reformer le Prytanée Militaire de Saint-Louis. Par Tabouré AGNE

Dimanche 6 Octobre 2019

Le mouvement d’humeur qui affecte le Prytanée Militaire de Saint Louis ces temps- ci est révélateur du malaise qui existe, fort longtemps, dans cet établissement. Le redéploiement de dix sept enseignants dont la plupart ont cumulé au minimum vingt ans d’expérience, vers d’autres établissements  n’est que révélateur d’un besoin de reforme  en profondeur.


Si l’école est crée en 1923, il a fallu attendre 1949 pour que les classes primaires soient progressivement remplacées par  celles  du cycle moyen secondaire et c’est finalement en 1973  que établissement prit le nom de Prytanée Militaire Charles N’TCHORERE de saint LOUIS (PMS).

Aujourd’hui, l’école présente une spécificité, c’est un établissement public  militaire  qui réunit  des élèves  de nationalité  Sénégalaise  et étrangère (Mali, Gabon, Niger, Centrafrique, Tchad, Cote d’ivoire, Guinée Bissau, République de Guinée, Burkina Faso et  la France).

Les textes qui le régissent  actuellement datent de 1975. C’est le décret 75-266 du  12 mars 1975 qui organise  le fonctionnement de l’établissement. Il est  temps de réadapter ces textes au contexte actuel fait  de changements et de complexité. Le PMS n’a plus le monopole de l’excellence et l’école  est confrontée à plusieurs difficultés qu’il convient d’appréhender avec intelligence. On ne citera  ici que les  difficultés qui  sont relatives au statut de l’enseignant du prytanée, des rapports entre le commandement de l’école  et la direction  des études.


Les enseignants qui sont  affectés dans l’établissement sont des agents mis à la disposition du ministre des forces armées. Ils ne bénéficient d’aucun privilège. Si certains, dans un passe récent, ont pu bénéficie de logement, ce n’est plus le cas depuis 2005, date à partir de laquelle, ce privilège a été  fortement réduit.  Le statut du professeur du PMS ne diffère  pas de celui des autres professeurs des lycées et collèges du Senegal. Dans les faits, ce sont des fonctionnaires mis à la  disposition du ministre des forces armées,  donc mis en position d’activité. Cependant, dans les textes, il est bien précisé  qu’ils sont détachés.


Dans le guide  du prytanée qui reprend essentiel du décret 75 -266  du 12  mars 1975, il est bel et bien précisé que « l’enseignement général, identique à  celui en cours  dans les autres lycées du Senegal est dispensé par des professeurs Sénégalais, tous détachés par le ministère de l’éducation Nationale ».

Ainsi, le professeur du PMS est légalement en position de  détachement mais ne bénéficie dans les faits d’aucun privilège émanant de ce statut.  Il est important de clarifier le statut de l’enseignant du PMS : Est-il en position de détachement ou  en position d’activité ?


Les rapports entre le commandant d’école et les professeurs et entre celui-ci et le directeur des études  influent  fortement sur les performances de l’école. Chaque fois que le commandant d’école a institué  une gestion inclusive et participative qui implique toutes les composantes de l’école, il sen est suivi un climat psychologique  serein qui a impacté  positivement sur les résultats.
Le directeur des études, conseiller pédagogique, est chargé notamment de l’organisation pédagogique de l’établissement ainsi que du contrôle direct du personnel enseignant.
La part de l’autonomie est relativement importante dans les métiers de l’enseignement qui suppose  une part de créativité importante.

Dans les circonstances actuelles, une forme d’autonomie plus professionnelle et plus  collective au sein l’équipe pédagogique et éducative est souhaitée. Ainsi, il devient nécessaire de revoir les rapports de hiérarchie entre le commandement militaire et l’équipe pédagogique, plus particulièrement  avec le directeur des études.


Le professeur du PMS a une obligation de résultat car étant dans une école d’excellence .Or, l’excellence a un prix. Depuis 2013, les bourses allouées aux enfants de troupes ont connu une hausse substantielle, mais les conditions de rémunérations des professeurs n’ont connu aucune avancée. Pire, certains acquis ont été même annulés : c’est le cas  des primes  du concours d’entrée au prytanée qui ont  connu, depuis 2017, une baisse aussi bien en montant qu’en nombre de professeurs mobilisés. Les frustrations sont d’autant plus fortes  que les enseignants du lycée  d’excellence de Diourbel, établissement créé récemment, bénéficient de prime de motivation, alors que l’enseignant du prytanée n’en dispose pas.

Résoudre durablement  cette crise, implique d’organiser des états généraux du prytanée qui regrouperont  tous les  acteurs : les enfants de troupes, les professeurs, l’encadrement militaire, les anciens enfants de troupes, les anciens directeurs d’études, les anciens professeurs, l’inspection d’académie etc.…..pour une reforme en profondeur du système actuel.

Tabouré  Agne
Ancien professeur au prytanée Militaire de Saint-Louis
agnetaboure@yahoo.fr


 


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1.Posté par marc le 07/10/2019 07:55 | Alerter
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pourquoi toujours parler de privilège enseignants est un métier noble au service des élèves

2.Posté par Diakhoumpa le 08/10/2019 11:00 | Alerter
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Le plaidoyer n'est pas convaincant!

3.Posté par Yatma DIEYE le 08/10/2019 21:34 | Alerter
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Bonjour,

Votre article est malheureusement trop superficiel et partisan. Vous n'allez pas au fond des choses.

Vous parlez de réformes. De quelles réformes s'agit-il ?
Le PMS a-t-il perdu son "statut" d'élite parce que des écoles "d'excellence" sont créées ailleurs au Sénégal ?
Y a-t-il à redire dans ses performances du point de vue académique ?
Il faut éviter de tomber dans le réformisme factice. De ce que j'entraperçois dans votre texte, c'est une réforme qui serait accentuée sur les seules primes des enseignants pour un mérite, pour aller avec l'air du temps. À moins que je n’aie pas saisi toute la substance de votre propos. Auquel cas, je suis preneur d'une explication plus précise.

Quelles sont les indicateurs de ces insuffisances que vous évoquez en filigrane sans jamais les pointer du doigt ?
Quelles sont-elles, ces insuffisances qui nécessitent cette révolution que vous semblez implorer fortement ?
Bien souvent, l'air du temps est plus pollué qu'il ne parait et il faut bien s'en méfier. Surtout si vous parlez d'état généraux comme c'est d'usage en ce moment...

Les vielles marmites font parfois les meilleures soupes et le Prytanée n'est ni désuet, ni sclérosé dans sa forme actuelle. Des efforts conséquents ont été réalisés, notamment en matière d'équipements pédagogiques, parascolaires et de loisirs (robotique, salles de sport, bâtiments...). Pensez-vous qu'un tel cadre est donné à tant d'enseignants que cela au Sénégal dans un contexte épuré avec des effectifs maîtrisables ?
La liberté d'innover au Prytanée a toujours existé et les enseignants avant-gardistes ont fait de cette école, leur terrain d'exercice. Pour ne citer qu'un seul exemple, Le regretté Magister avec ses cours de déconstruction de la pensée en plein air, son péripatétisme et ses positions de méditation transcendantale est de cet engeance.

Qu'il faille changer des choses, c'est une évidence que je concède car tout système est perfectible.
Mais j'aurai préféré votre analyse plus profonde, mieux aboutie, davantage argumentée avec des propositions de solutions factuelles. Malheureusement, j'ai le sentiment que de l'encre est versée en vain.
Pourquoi ne pas aborder la question des enseignants qui ont fait la sortie et interroger, toujours dans le fond, leurs revendications ? Je n'ai aucun apriori sur leur revendication et suis disposé à découvrir vos arguments avec appétit, voire bienveillance. Mais parlez des faits, rien que des faits et l'on vous comprendra que beaucoup mieux.

Je vous propose la lecture de cet article d'un ancien de l'école qui met des éléments concrets sur la table, qu'il vous est loisible de critiquer objectivement.

https://www.ndarinfo.com/Lumiere-sur-la-grogne-des-anciens-professeurs-du-Prytanee-Militaire-de-Saint-Louis-Par-Sarakhe-NDIAYE_a26772.html

Intellectuellement vôtre !
Yatma DIEYE
Un ancien enfant de troupe

4.Posté par Lyon le 09/10/2019 01:54 (depuis mobile) | Alerter
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Certains de vos anciens collègues ne finissent même pas leur programme. Il n''y a plus de sérieux parmi les professeurs du prytanée comme dans le temps. Le fait de donner des cours en plus les écoles privées de Saint-Louis en est la principale cause.

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